Rupture des relations Juwa-Crc : Le parti de l’ancien président Sambi « prend acte » et fustige un « nouveau gouvernement clanique »

Par Faïssoili Abdou

Les leaders du Juwa lors d’une récente rencontre à la résidence de l’ex-Président Sambi à Voidjou

La rupture est consommée. Les Sambistes ont dégainé, ce 18 juillet, leur première cartouche post alliance Juwa-Crc. Au lendemain de la nomination du deuxième gouvernement Azali, le parti Juwa de l’ancien président Sambi , qui tenait jusqu’ici une alliance avec le locataire de Beit-Salam , indique dans un communiqué qu’il « prend acte de la rupture unilatérale des protocoles d’alliance conclus devant le peuple comorien au stade de Missiri, le 26 mars et le 25 mars 2016 à l’hôtel Al-Amal ». En effet, la nouvelle équipe gouvernementale dévoilée ce lundi 17 juillet ne comporte aucun représentant du parti Juwa, le chef de l’Etat Azali Assoumani ayant décidé de se séparer de ses désormais ex-alliés.

Aux yeux du Juwa, la nomination de ce  nouveau gouvernement sans aucun membre de leur parti « signe la rupture annoncée avec les candidats Juwa et le leader de notre parti, Ahmed Abdallah Sambi ».  Cette «rupture intervient 24 heures après que le parti Juwa réuni en AG à Mutsamudu, avait réitéré son appartenance à la Mouvance présidentielle », souligne ce communiqué signé par Ibrahim Mohamed Soulé, secrétaire générale du parti.  Rappelons que dans un précédent communiqué publié le 14 juillet dernier à l’issue de cette assemblée générale à Mutsamudu, le parti Juwa affirmait « son association avec le pouvoir dirigé par le président de la République, Azali Assoumani, sur la base de la plateforme d’alliance politique  signée au stade de Missiri  le 26 mars 2016 ». Ainsi, les partisans de l’ancien Président Sambi  constate que « le leader de la CRC (Azali Assoumani, Ndlr) et son parti n’ont pas respecté les engagements pris dans ces protocoles d’accord ». Lire la suite

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Discours à la Nation/ Azali II au secours d’Azali I

Par Faïssoili Abdou

Le président Azali Assoumani  à Beit-Salam lors de son discours (Source: page facebook Beit-Salam)

Le président Azali Assoumani à Beit-Salam lors de son discours (Source: page facebook Beit-Salam)

Azali II tente maladroitement de racheter le bilan calamiteux d’Azali I. C’est l’impression que j’ai eu en lisant l’adresse à la Nation du  chef de l’Etat Azali Assoumani à l’occasion du nouvel an. En effet, au cours de son discours, le Président Azali qui a fait son retour à Beit-Salam en mai 2016 après un premier mandat chaotique (1999-2006), s’est employé tant bien que mal à vouloir enjoliver le bilan de son premier passage au pouvoir tout en s’attaquant violemment aux bilans de ses successeurs/ prédécesseurs (Sambi 2006-2011 et Ikililou 2011-2016). A l’entendre ces derniers ne seraient que des piètres gestionnaires.

Dès l’entame de son discours, l’actuel locataire de Beit-Salam qui, visiblement, tente de circonscrire les critiques qui se font de plus en plus acerbes au sujet de ses premières mesures prises ces derniers mois, a essayé de justifier la lassitude de ses concitoyens  par la gestion  du pouvoir de ses deux derniers successeurs/prédécesseurs. « Le désespoir était palpable ces dix dernières années », a-t-il tenté de justifier feignant d’oublier la situation désastreuse dans laquelle il avait lui même laissé le pays en 2006. Circulez y a rien à voir. C’est connu de tous, la faute c’est toujours les autres…

Manifestement très en verve, Azali a ensuite appelé ses compatriotes à faire « la différence entre l’inaction et l’immobilisme du passé et notre volonté affirmée de changer ce pays et de le mettre, comme nous l’avons dit, sur les rails d’un pays émergent ». Des actions Monsieur le président, le peuple veut des actions… Lire la suite

Sambi et les autres…

Sambi et Ikililou en 2010

Sambi et Ikililou en 2010

Adulé par les uns, honni par les autres. Près de cinq ans après avoir quitté Beit-Salam, l’ancien président Ahmed Abdallah Mohamed Sambi suscite le débat entre fidèles et opposants autour de sa personnalité. Alors que les uns ne jurent que par lui, les autres le vouent aux gémonies ; il les agace.

Dans son livre intitulé « Le mystère Sambi », publié en 2014, le journaliste Ali Mmadi relève ces foules que « l’homme au turban vert » draine à chacune de ses apparitions alors qu’ «  une partie importante du microcosme politico-journalistique, ainsi qu’une poignée de leaders religieux continuent de le considérer comme le pire des présidents que les Comores aient connu ».

Sur la blogosphère comorienne et sur les réseaux sociaux aussi les attaquent pleuvent. Les partisans de ses adversaires se lâchent. La toile pullule de commentaires plus acerbes les uns que les autres et parfois injurieux à l’égard de l’ancien chef de l’Etat. Mais pourquoi Sambi suscite-t-il autant de passion ? En quoi est-il différent des autres hommes politiques de la place ? Lire la suite

Libre Opinion/Le président Ikililou peut-il ignorer les résultats des législatives ? un gouvernement d’union nationale s’impose

Par Kassim Harouna – Paris.

 

Palais du peuple, siège de l'Assemblée fédéral à Moroni

Palais du peuple, siège de l’Assemblée fédéral à Moroni

Le peuple comorien vient de se prononcer pour le deuxième tour des élections législatives. La Cour constitutionnelle a rendu officiels les résultats. Les mauvais perdants et tous ceux qui avaient cru qu’avec des millions ils pouvaient acheter un siège à Hamramba, peuvent aller se coucher. Il faut le dire car, en plus des manœuvres d’intimidation, de la haine déversée notamment à Ngazidja envers les comoriens d’origine anjouanaise, des tentatives pour fausser le jeu électoral à coup de millions ont eu lieu.

L’on peut d’ores et déjà affirmer avec certitude que le parti au pouvoir (UPDC) malgré les moyens financiers colossaux déployés, l’achat des consciences, la fraude massive organisée notamment à Ndzouani avec la bienveillance des forces de l’ordre, la mouvance présidentielle n’a pas réussi à s’arroger la majorité absolue des suffrages. L’UPDC se retrouve à égalité avec le parti JUWA de l’ex-Président SAMBI qui, grâce à sa suprématie au Conseil de l’île d’Anjouan, est sûr d’envoyer au palais de Hamramba, 3 députés supplémentaires. Lire la suite

Points de vue/ Législatives 2015: le vote éclaté

Par Msa Ali Djamal, sociologue
Djamal M'sa

Déficit de l’offre politique, couverture médiatique quasi nulle

Si l’on peut constater que la sélection des candidats a été au principe d’une légitimité à la fois intellectuelle, locale, politique… Certains candidats étaient même Docteur en sociologie, en économie, de hauts fonctionnaires, des cadres d’un parcours syndical riche, d’anciens ministres… Ce recrutement a été fortement marqué par le poids du local, plus particulièrement notabiliaire. Ont des chances les ministres, les hauts fonctionnaires. Sociologiquement, les candidats sont surtout masculins, d’âge mûr et socialement privilégiés.

Le recrutement hautement qualifié du personnel législatif s’est traduit d’un constat paradoxal. Les élections de 2015 n’ont pas permis de faire émerger un discours législatif véritable, ce qui produit une forme de dissémination des intérêts, des préoccupations et du débat politique. Lire la suite

Comores-Politique/ Doit-on craindre le retour du colonel Bacar?

Par Kamal’Eddine Saindou (Journaliste indépendant)

Mohamed Bacar, ex-chef séparatiste d'Anjouan

Mohamed Bacar, ex-chef séparatiste d’Anjouan

Malgré de nombreuses accusations de “tortures et exactions” recensées par l’Association comorienne des droits de l’Homme (ACDH), aucune décision judiciaire ou déclaration publique n’interdit le colonel Mohamed Bacar de revenir dans son pays.

Depuis la capitale béninoise où il est en exil après avoir été chassé du pouvoir par les troupes de l’Union africaine en 2008, le colonel Mohamed Bacar a annoncé ce mardi sur Kwézi-TV, une chaîne de télévision privée mahoraise,  son intention de retourner à Anjouan. L’ex-chef de l’exécutif anjouanais a fait savoir que ce retour se fera avec l’accord  “des partenaires”. Autrement dit, avec l’aval des pays de l’Union africaine et la France, qui l’ont exfiltré d’Anjouan au cours de l’opération militaire “liberté et réconciliation”. Il n’a pas en revanche précisé la date de son retour ni répondu à la question du journaliste sur l’attitude  du gouvernement comorien au sujet de son retour au pays.  Lire la suite

Interview/ Mahamoud Mohamed Elarif : « Il n’y aucune mésentente entre Sambi et Anissi »

Mahamoud Elarif,au premier plan serrant des mains de joueurs

Mahamoud Elarif,au premier plan serrant des mains de joueurs

Ancien Commissaires aux finances, ex-directeur de Cabinet du gouverneur Anissi Chamsidine, Mahamoud Mohamed Elarif est, depuis novembre 2013, le Coordinateur régional du parti Juwa au niveau de Ndzouani. Cette formation politique crée à l’initiative de l’ancien président Ahmed Abdallah Sambi a tenu, le 14 août dernier, une importante réunion à Mutsamudu avec comme ordre du jour la préparation des prochaines échéances électorales. Comoressentiel, a saisi cette occasion pour en savoir plus sur les points abordés lors d’un entretien avec le coordinateur du parti à Ndzouani.

Quelles sont les grandes lignes que votre parti a arrêtées lors de sa réunion du 14 août à Mutsamudu ?

Concernant la réunion du 14 août, le parti a surtout appelé les militants de s’exercer à la démocratie au sein de notre structure par le biais des primaires aux différentes élections. Nous les avons notamment demandés de ne pas hésiter à exprimer leurs ambitions pour des mandats électoraux mais aussi de s’unir derrière les candidats qui seront définitivement choisis.

Combien de membre compte votre parti au niveau de Ndzouani ?

A Ndzouani, le parti compte plus de 5000 adhérents mais on estime que 1000 autres adhésions peuvent s’enregistrer avant le lancement de la campagne électorale.

Un protocole d’accord est signé entre le Colonel Abeid et Djaffar Salim en vue des prochaines élections. Que pensez-vous d’une telle alliance ? Cela vous effraie-t-il pas au niveau du parti Juwa ?

 Le protocole d’accord entre Abeid et Djaffar Salim n’a eu aucun impact sur la scène politique. Moi, même je ne l’ai appris que sur les réseaux sociaux.

Pensez vous que le gouvernement pourra respecter les échéances qu’il s’est fixé par rapport aux dates de l’organisation de ces élections ?

 Je ne crois pas que le gouvernement puisse faire respecter sa feuille de route électorale pour deux raisons :

-l’impossibilité de réunir les moyens financiers à temps

-leur camp n’est pas prêt pour des élections qu’il perdrait surement si elles se tenaient aux dates prévues.

Avec quel état d’esprit donc vous partez pour les prochaines échéances électorales ?

 Nous sommes sereins et prêts pour les élections.

 Quel programme, vont défendre les candidats du parti Juwa au cours de la prochaine campagne électorale ?

Notre programme politique sera dévoilé avec le lancement de la campagne. Je ne peux rien dire de plus car on est entrain d’affiner les expressions.

Mais vous pouvez  peut-être nous en citer ne serait-ce que les grandes lignes ?

Bien sur que par notre programme nous allons proposer un projet de société pour endiguer les grands maux qui gangrènent notre pays : le désespoir de la jeunesse avec le problème de l’emploi des jeunes, la croissance économique avec une économie basée sur le tourisme.

On parle beaucoup d’une éventuelle candidature de l’ancien président Sambi aux élections présidentielles de 2016 dont les primaires se tiendront, selon toute vraisemblance, à Ngazidja. Cette éventualité irrite certains dans la classe politique comorienne. Que répond le parti Juwa à ces hommes et femmes politiques ?

La candidature de Sambi en 2016, ce n’est pas encore la préoccupation du moment.

Un quotidien comorien a évoqué récemment une « mésentente » entre l’ex-président Ahmed Abdallah Sambi et le gouverneur de Ndzouani Anissi Chamsidine. Entre les deux hommes, le courant ne passerait pas. Êtes-vous au courant de cette situation ?

 Il n’y a pas la moindre mésentente entre Anissi et Sambi. Ce n’est qu’une rumeur de la presse et des certains utilisateurs de facebook.

Et selon vous d’où proviendrait cette « rumeur » ?

La rumeur vient de nos adversaires politiques qui tentent de semer le doute dans nos rangs.

Quand est ce que sera officialisé l’accord entre le Juwa et le Pec ?

 Entre Juwa et le PEC, il y a une alliance politique et pour les élections ça sera précisé la semaine prochaine.

A part, le parti Pec quelles sont les relations du  Juwa avec les autres partis d’opposition ?

La plupart des partis d’opposition sont des partis satellites du pouvoir.

 Propos recueillis par Faissoili Abdou