Nation/ Qu’est ce qui fait courir Azali ?

Par Faissoili Abdou

Le père de la Tournante est-il tenté de jeter « son bébé »avec l’eau du bain?

Ici, le Chef de l’Etat avec des notables de Ndzouani au palais de Dar Nour à Mutsamudu

Sur les chapeaux de roues.  Un mois de juillet très chargé pour le Président Azali qui a procédé, le 17 juillet,  à un remaniement gouvernemental officialisant la fin de l’alliance politique avec le parti Juwa. Depuis sa rencontre, le 4 juillet dernier, avec les membres du Mouvement du 11 août (M11), le locataire de Beit-Salam a décidé de mouiller sa chemise, au sens propre comme au figuré, pour l’organisation des « assises sur les 42 ans d’indépendance et les 15 ans du Nouvel ensemble comorien et la présidence tournante ».  Des assises dont il souhaite qu’elles se tiennent rapidement. « Avant les élections », a-t-il annoncé, le 6 juillet,  lors de son discours à l’occasion de la fête nationale. Dans cette même allocution, le chef de l’Etat a  tenu à mettre en garde. Ces assises « ne doivent pas servir de prétexte pour ressusciter les démons du séparatisme », a-t-il lancé sans que l’on sache le lien entre les Assises et le séparatisme. Effet, selon, ses initiateurs cette démarche vise uniquement à faire le bilan des 42 ans de notre indépendance , en tirer les conséquences et dégager des nouvelles pistes pour envisager un nouveau départ de l’archipel qui peine à sortir du sous développement. La déclaration du chef de l’Etat est faite  deux jours après sa rencontre avec les représentants du Mouvement du 11 août, les chefs des Institutions  et les délégués de certains partis politiques. Lire la suite

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Interview/Mohamed Abdouloihabi, ancien président de Ngazidja : « Si l’on se sent le courage politique de défendre les grandes valeurs d’unité nationale, notre Constitution mérite une révision en profondeur ».

Mohamed Abdouloihabi, ancien président de Ngazidja (Image d’archives)

Débat sur l’éventualité d’une révision constitutionnelle aux, loi sur les partis politiques, bilan de la première année de mandat du Président Azali…Mohamed Abdouloihabi, homme de loi et ancien président de l’île de Ngazidja, s’est confié à Comoressentiel pour aborder toutes ces questions en toute franchise.

Quel est l’avis de l’homme politique et ancien président de l’île de Ngazidja que vous êtes par rapport aux  velléités  de révision Constitutionnelle  qui s’expriment avec insistance ces  derniers temps ?

D’aucuns prêtent au président Azali l’intention de réviser la Constitution et ce sont des hommes politiques qui se déclarent séduits par son ambition de mener les Comores  vers l’émergence qui lancent le débat.En ma qualité d’ancien président de Ngazidja, j’ai pratiqué les institutions nées de la Constitution de 2001 et subi sa révision de 2009 qui, selon les dires des uns et des autres visait en partie à  m’affaiblir dans ma détermination à faire respecter la Constitution dans l’attribution des compétences aux îles.

Ce vécu m’a permis de me rendre compte qu’une constitution n’est fondamentalement mauvaise que si ceux qui l’appliquent font preuve de mauvaise volonté dans leur pratique des institutions. Cette mauvaise volonté émanait particulièrement des autorités de l’Union qui avaient du mal à intégrer la nouvelle donne en cédant un peu de leur pouvoir.

Cependant l’opinion générale admet que notre Constitution a rempli sa mission de réconciliation et que désormais il  faut privilégier l’unification. Je pense donc que notre Constitution, n’étant pas un texte sacré peut être révisée,  mais elle doit l’être dans la concertation avec les forces vives de la nation, pour l’intérêt général et dans le respect de la procédure prévue à cet effet.

Si révision constitutionnelle il  devait y avoir, quels sont, selon vous, les points qui mériteraient d’être modifiés ?

Le 21 novembre 2011, mon parti, l’Alliance Politique pour la Sauvegarde des Institutions (APSI) a organisé au club des amis un colloque avec pour thème : »Après la tournante  mohélienne, quel devenir pour nos institutions ? » Y étaient conviés tous les partis politiques, les institutions nationales et nos partenaires internationaux. L’absence des institutionnels n’avait rien enlevé au sérieux de l’événement.

Notre objectif était de faire prendre conscience aux acteurs politiques de la nécessité de réviser notre Constitution dans ses fondamentaux et d’emmener le gouvernement à convoquer des assises nationales aux termes desquelles sortirait un document, fruit d’une concertation sereinement conduite, en dehors de toute précipitation.

L’APSI a sa vision des institutions qu’il faut à notre pays, des institutions qui assurent plus d’unité à notre Nation tout en donnant aux collectivités de base une grande liberté d’action pour leur développement. Mais elle croit en la vertu de la concertation. C’est pour cela qu’elle en appelle à des assises nationales où elle pourra apporter sa contribution. Lire la suite

Politique/Maître Larifou, par l’émergence alléché,

Said Larifou et le Président Azali Assoumani à Beit-Salam

Émergence. C’est par ce mot magique que l’avocat et homme politique Saïd Larifou semble vouloir s’appuyer pour ouvrir les portes du pouvoir Azali. Le président du parti Ridja est tellement séduit par ce concept qui, soulignons-le n’est qu’un slogan comme d’autres pour le moment, qu’il en est même devenu un  des défenseurs zélés. Un soutien pas totalement désintéressé.

Reçu au mois de Mars dernier à Beit-Salam, le candidat malheureux aux dernières élections présidentielles (il est arrivé en 5 ème position) a affiché son enthousiasme au chef de l’Etat et déclaré sa « disponibilité à participer pleinement à l’émergence du pays ». Il a ajouté « nous avons parlé de la situation politique du pays et qu’une convergence de vue a été trouvé entre nous sur la nécessité de ressembler les forces vives du pays pour le développement économique des Comores ». Qu’il semble loin, ce jour du mois de mars 2016 où le candidat Larifou accusait publiquement Azali  Assoumani de vouloir le « corrompre » et menaçait, même, de le traîner en justice pour tentative de corruption. « Je vous confirme qu’il a voulu me corrompre. Il a même avancé le montant de 20 millions. J’ai été énervé. J’ai immédiatement quitté les discussions car j’ai estimé que c’était de l’insolence », avait-il, alors, déclaré aux médias. C’était lors du deuxième round des élections présidentielles. Une éternité sur l’échelle de la politique. En septembre 2016, le leader du Ridja en remettait encore une couche en ces termes : « Je pensais naïvement qu’avec son équipe, au demeurant jeune, il allait donner un message clair et fort de rupture avec les pesanteurs qui sont la cause des crises socio-économiques et institutionnelles qui maintiennent notre pays dans une situation de dépendance avec l’extérieur. Mais non ! Le président se renferme dans une théorie digne d’un régime qui se meurt : se faire nommer lors de son discours d’investiture Al Imam Azali au lieu de prononcer un discours de fondateur et une vision pour les Comores ». Lire la suite

Anissi Chamsidine : « Je ne partage pas le fait que Sambi veut être candidat dans le tour de la Grande Comore »

Propos recueillis par Faissoili Abdou et Naouir Papamwegne (Le Courrier d’Anjouan et Radio Domoni Inter)* [initialement publiée dans Le Courrier d’Anjouan du 20 au 27 novembre 2015]

Anissi Chamsidine, Gouverneur de Ndzouani

Anissi Chamsidine, Gouverneur de Ndzouani

Il était l’invité d’une émission de la Radio Domoni Inter et Le Courrier d’Anjouan. Le Gouverneur Anissi Chamsidine a répondu nos questions sur son différend avec le Conseil de l’île d’Anjouan, sa candidature pour les élections du gouverneur des îles et  l’éventuelle candidature de l’ancien Raïs Ahmed Abdallah Sambi aux élections présidentielles de 2016.

Le Conseil de l’île de Ndzouani a voté une motion de censure contre deux de vos commissaires que vous n’avez pas révoqué préférant porter ce différend devant la Cour constitutionnelle. Maintenant, ils envisagent de vous destituer. Quelle votre version sur ce dossier ?

Il est évident que le Conseil de l’île a procédé à une motion de censure contre deux de mes Commissaires, il y a quelques semaines. Je n’ai pas exécuté la motion, puisque j’ai jugé qu’il y a pas eu un exposé des motifs, je n’ai pas les motifs qui devrait me permettre de révoquer mes Commissaires. Puisque, je ne peux pas être juge et partie en même temps, je juge que la motion ne respecte pas les règles donc j’ai fait appel à la haute juridiction qui est la cour constitutionnelle pour juger. Le Conseil de l’île en tant qu’institution doit aussi reconnaitre la Cour constitutionnelle. Je me remets à la cour constitutionnelle et j’espère qu’il y aura un dénouement à cette situation. Si vous me dites que le Conseil de l’île vise à me destituer, je vous dirais qu’il n’a pas cette prérogative, cette compétence.  Nous ignorons tous les règles qui nous régissent. Nous devons apprendre à connaitre notre justice,  nos droits vis-à-vis de la justice mais aussi nos devoirs de notre pays. Ce n’est pas parce que je suis gouverneur que je peux me permettre de faire tout ce que je veux. Ce n’est pas parce qu’on est un Conseiller de l’île qu’on peut décider à la place de l’autre. Donc, ils ont fait une motion qui devrait être exécuté par moi, je juge que la motion ne répond pas aux règles de la loi, donc je me suis remis à la Cour constitutionnelle qui est notre haute juridiction et nous attendons le verdict de cette noble institution(…). Je n’ai aucune inquiétude puisque je n’ai rien contre le Conseil de l’île. Je suis dans la légitimité.  Je pense que les Conseillers de l’île aujourd’hui sont dans une bonne disposition, on a commencé à travailler ensemble, à discuter avec une partie d’entre eux. Je pense que c’était un malentendu, à un moment. Mais la vie ne s’arrête pas là et nous avons l’ambition de travailler pour les intérêts de notre île. Lire la suite

Libre Opinion: Plaidoyer pour une révision de la Constitution dans le cadre de la tournante

Par Musbahou Abdou Ada
France

Dans un pays où le sentiment nationaliste est dominé par le sectarisme, il faut tout légiférer afin de consolider la cohésion nationale. La Constitution actuelle a montré ses limites sur le plan de la démocratie proprement dite et sur la gestion des ressources du pays. Pour une meilleure gouvernance il nous faut des gardes fous  afin d’éviter les dérives sectaires, terreau du séparatisme. Si tout le monde est d’accord pour le maintien de la présidence tournante entre les îles, il apparaît clairement que les Chefs d’Etat successifs ont abusé  du super pouvoir du Président de l’Union d’où l’intérêt de renforcer le pouvoir du Parlement pour un meilleur équilibre. Lire la suite

Comores-Politique/ Doit-on craindre le retour du colonel Bacar?

Par Kamal’Eddine Saindou (Journaliste indépendant)

Mohamed Bacar, ex-chef séparatiste d'Anjouan

Mohamed Bacar, ex-chef séparatiste d’Anjouan

Malgré de nombreuses accusations de “tortures et exactions” recensées par l’Association comorienne des droits de l’Homme (ACDH), aucune décision judiciaire ou déclaration publique n’interdit le colonel Mohamed Bacar de revenir dans son pays.

Depuis la capitale béninoise où il est en exil après avoir été chassé du pouvoir par les troupes de l’Union africaine en 2008, le colonel Mohamed Bacar a annoncé ce mardi sur Kwézi-TV, une chaîne de télévision privée mahoraise,  son intention de retourner à Anjouan. L’ex-chef de l’exécutif anjouanais a fait savoir que ce retour se fera avec l’accord  “des partenaires”. Autrement dit, avec l’aval des pays de l’Union africaine et la France, qui l’ont exfiltré d’Anjouan au cours de l’opération militaire “liberté et réconciliation”. Il n’a pas en revanche précisé la date de son retour ni répondu à la question du journaliste sur l’attitude  du gouvernement comorien au sujet de son retour au pays.  Lire la suite