Assises Nationales/Interview: Chabane Mohamed, membre de la Coordination du Mouvement du 11 août : « nous ne sommes pas la courroie d’aucune ambition partisane »

Chabane Mohamed, membre de la Coordination du Mouvement du 11 août

Les Assises du Mouvement du 11 août (M11) font, depuis quelques semaines, l’objet de controverse au sein de l’opinion comorienne. En effet, nombreux sont ceux qui craignent que cette initiative, pourtant, initiée par la société civile ne servent de tremplin  au colonel Azali pour changer la Constitution et s’éterniser au pouvoir.  Comores Essentiel, s’est entretenu avec  Chabane Mohamed, l’un des membres de la  Coordination du M11 pour  nous expliquer les contours de ce Mouvement et ses attentes…

1 –Quelle est la finalité des Assises que le Mouvement du 11 août souhaite organisées ?

La finalité est claire et il ne faut pas que les gens la perdent de vue, car on entend tellement des choses fausses, depuis qu’Azali a adhéré à l’initiative des Assises, que nous qui avons rejoint cet appel dès les premières heures, nous sentons obligés de faire de mises au point, pour éviter que les orientations déclinées par le Mouvement du 11 août ne subissent des déformations. Nous militons pour que ces assises aboutissent à des conclusions et recommandations qui auront émané des forces vives de la Nation, à dessein qu’elles permettent que les années à venir pour les Comoriens soient meilleures que les 42 qui viennent de s’écouler. Voyez-vous, l’ambition est grande, elle vise un avenir reluisant pour les Comores. Il faut bien sûr se battre après pour le respect et la mise en œuvre de ces recommandations. Lire la suite

Nation/ Qu’est ce qui fait courir Azali ?

Par Faissoili Abdou

Le père de la Tournante est-il tenté de jeter « son bébé »avec l’eau du bain?

Ici, le Chef de l’Etat avec des notables de Ndzouani au palais de Dar Nour à Mutsamudu

Sur les chapeaux de roues.  Un mois de juillet très chargé pour le Président Azali qui a procédé, le 17 juillet,  à un remaniement gouvernemental officialisant la fin de l’alliance politique avec le parti Juwa. Depuis sa rencontre, le 4 juillet dernier, avec les membres du Mouvement du 11 août (M11), le locataire de Beit-Salam a décidé de mouiller sa chemise, au sens propre comme au figuré, pour l’organisation des « assises sur les 42 ans d’indépendance et les 15 ans du Nouvel ensemble comorien et la présidence tournante ».  Des assises dont il souhaite qu’elles se tiennent rapidement. « Avant les élections », a-t-il annoncé, le 6 juillet,  lors de son discours à l’occasion de la fête nationale. Dans cette même allocution, le chef de l’Etat a  tenu à mettre en garde. Ces assises « ne doivent pas servir de prétexte pour ressusciter les démons du séparatisme », a-t-il lancé sans que l’on sache le lien entre les Assises et le séparatisme. Effet, selon, ses initiateurs cette démarche vise uniquement à faire le bilan des 42 ans de notre indépendance , en tirer les conséquences et dégager des nouvelles pistes pour envisager un nouveau départ de l’archipel qui peine à sortir du sous développement. La déclaration du chef de l’Etat est faite  deux jours après sa rencontre avec les représentants du Mouvement du 11 août, les chefs des Institutions  et les délégués de certains partis politiques. Lire la suite

Opinions/ Djaanfar Salim Allaoui: « Nous invitons nos frères et sœurs du mouvement du 11 Août à élargir le Débat et le format dans les autres îles »

Par Djaanfar Salim Allaoui,  Ancien Vice-Premier Ministre des Comores(2002)

Ancien Ministre de L’Intérieur de L’Ile Autonome d’Anjouan (2002-2008)                                 Secrétaire Général et Porte-parole de G.N.E.C Rénové

Djaanfari Salim Allaoui, ancien ministre, secrétaire générale et porte parole du Gnec Renové

Le poids des mœurs et des coutumes n’ont jamais fait émerger ou épanouir une Nation à priori, sauf si ce génie d’un peuple devient un symbole fédérateur et communiant de tout un pays. Cela est loin d’être le cas des Comores du moins pour le moment étant entendu que l’organisation  sociétale de Ngazidja et des autres îles diffère de fond en comble avec celle de leurs sœurs Anjouan, Mohéli, et Mayotte. La Notabilité à Ngazidja s’incruste dans toute la sphère politico-socio-économique de l’Etat comorien, le mode vestimentaire, le sens de l’honneur, la conception du Grand mariage…, sont autant d’événements spécifiques de Ngazidja et qui rythment  la vie sociale dans cette île, pourtant les anthropologues Comoriens n’ont pas cessé de mener des études sur la situation dans les autres îles de notre pays. Rendons  un vibrant hommage à Son Excellence Feu Président Saïd Mohamed Cheikh qui avait pris la mesure de ces problèmes et n’a jamais caché son  désir de reformer le système pour le rendre compatible avec le développement d’un monde moderne.

A l’heure où l’on parle d’émergence, il n’y doit pas y avoir de sujet tabou, tout doit être mis sur table afin d’éviter  des écueils pour notre pays fragilisé par des décennies d’instabilité politique. C’est pourquoi nous osons dire que ce mécénat constitue un obstacle au développement de notre pays et instaure une oligarchie des notables au détriment des actions démocratiques. Je ne comprends pas qu’aucun frère de Ngazidja autre que notre vaillant dirigeant Saïd Mohamed Cheikh, n’ose soulever cette question au risque de subir l’affront ou le rejet de la société de Ngazidja, par un bannissement à l’instar de la Fatwa en Iran, certes notre pays doit rester uni malgré nos différences, car ce qui nous réunit est fort que ce qui nous divise  mais les Anjouanais, les Mohéliens, profondément comoriens, ne cessent de s’interroger sur cette force de la notabilité de l’île  sœur, capable d’influencer le monde politique et lui  dicter une ligne de conduite.

La jeunesse de Ngazidja  est consciente de ces difficultés et souhaite un changement radical des mœurs malgré les aspects positifs de cette coutume que sont, la promotion d’une culture de solidarité. Dans toute action politique, le débat doit être ouvert à tous sans esprit dominateur évitant les armes de déstabilisation, accusant les uns et les autres de ne pas aimer leur pays parce qu’ils ont une autre conception du vivre- ensemble. C’est pourquoi nous  invitons nos frères et sœurs du mouvement du 11 Août à élargir le Débat et le format dans les autres îles pour ne pas apparaître comme mouvement n’ayant pas une envergure nationale.

Mutsamudu le 06 Juillet 2017