Vie de parti/ Le président du Radhi quitte le bateau avec perte et fracas

Par Faïssoili Abdou

Ici,Abidhar Abdallah (au milieu) entouré des ténors du Radhi dont Houmed Msaidie, Sg du parti (photo prise par un membre du parti)

Alors qu’on croyait que  la brouille au sein du Radhi  était aplanie avec la récente réconciliation entre les deux tendances qui s’écharpaient ces derniers mois, voilà que le président de cette formation politique crée en 2014 a décidé soudainement, ce mercredi,  de claquer la porte. Une défection  qui intervient à quelques jours seulement du Congrès  du parti qui doit se tenir avant la fin de ce mois de mai.

« J’ai décidé de vous présenter par la présente ma démission à la fois de la présidence et de membre du parti ». C’est ainsi qu’Abidhar Abdallah, président du Radhi depuis sa création, a conclu sa lettre de démission, datée du 16 mai, qu’il a adressé au secrétaire général du parti. « Il s’est passé ces derniers mois beaucoup de choses au sein du parti Radhi : divergences sur la position à adopter face au pouvoir en place, tentative de rapprochement avec le parti du chef de l’Etat, divisons internes, tentatives de réconciliation entre les tendances, fusion inavouée avec le Gnec rénové », a-t-il commencé à inventorier avant de se plaindre d’avoir « été toujours écarté sans aucune raison valable » de toutes ces initiatives. Une version dont Houmed Msaidie, secrétaire général du parti, interrogé par Comoressentiel, n’approuve pas. « Comment Radhi aurait pu ignorer la stature de son président ? En tout cas, je faisais part de tout au président pour toutes les questions politiques et il était toujours partie à la décision », a assuré cet ancien ministre. Lire la suite

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Vie de parti/ Mahmoud Ibrahime, ex- secrétaire fédéral du Radhi en France « Dans l’état actuel, je ne suis pas favorable à une entrée du Parti RADHI au gouvernement »

Ici, Mahmoud Ibrahime et Jaffar Abdellahi, ancien et nouveau secrétaire fédéral du Radhi France lors de la passation

Bilan de son action durant ses deux ans de mandat à la tête de la fédération du parti Radhi en France, les bisbilles entre les responsables du bureau national ou encore l’éventualité d’une entrée de cette formation politique de l’opposition dans un prochain gouvernement du président Azali, Mahmoud Ibrahime, qui a passé le flambeau à son successeur le 19 mars dernier, aborde tous ces sujets dans cet entretien exclusif accordé, il y a une semaine de cela, à Comoressentiel…

Le 26 février dernier, les membres de la fédération Radhi-France ont élu un nouveau secrétaire fédéral pour vous succéder. Dans quelle ambiance s’est déroulée cette procédure ?

L’élection du Secrétaire Fédéral RADHI-France s’est déroulée dans de très bonnes conditions. Il y a deux ans j’ai été élu par deux sections (Paris, Marseille), Jaffar a été élu par trois sections (Lyon en plus). En termes de résultats, l’élection de Jaffar a été encore plus nette que la mienne puisqu’il a obtenu 92% des suffrages. Je rappelle que l’élection anticipée du SF en France est consécutive à une décision d’une Assemblée Générale du Parti à Moroni, AG présidée par le président Abidhar et le Secrétaire Général Houmed Msaidié, en vue du Congrès qui doit se tenir les 21-22 mai prochain.

Quel bilan faites-vous des deux années que vous avez passées à la tête de la fédération du Radhi en France ?

Pendant les deux années qui se sont écoulées, le Bureau Fédéral que j’ai dirigé a essayé de concilier la structuration de la fédération et le soutien que nous devions apporter au parti aux Comores durant les élections législatives et municipales puis présidentielles.

En ce qui concerne la structuration, je peux dire que la Fédération-France est la fédération la mieux structurée du parti RADHI. La preuve en est que nous avons pu organiser des élections des secrétaires de sections (4 fois) et du secrétaire fédéral(3 fois) dans lesquelles chaque membre pouvait voter s’il remplissait les conditions et le souhaitait. Nous avons pu organiser des assemblées générales délibératives et prendre des décisions en respectant nos statuts et les normes démocratiques. Lire la suite

Vie politique/Conflit larvé au sein du Radhi

Par Faïssoili Abdou

Houmed Msaidie et Abidhar Abdallah, président et secrétaire général du Radhi (source: La Gazette des Comores)

Houmed Msaidie et Abidhar Abdallah, président et secrétaire général du Radhi (source: La Gazette des Comores)

Sur la corde raide. Jusqu’où ira la brouille au sein du Rassemblement pour une alternative de développement harmonieux et intégré (Radhi)? La jeune formation politique de l’ancien ministre Houmed Msaidie est aujourd’hui divisée entre partisans d’un rapprochement immédiat avec le pouvoir du président Azali Assoumani et ceux qui souhaitent rester dans l’opposition. Un face à face tendu qui risque de lui être fatal, tant les positionnements des deux tendances semblent inflexibles.

Fervent défenseur de la tendance qui prône le rapprochement avec le colonel Azali, l’ancien ministre Aboudou Soefo joue des pieds et des mains pour imposer  sa ligne. Ces derniers mois, cet ancien baron de la Crc (parti actuellement au pouvoir) qu’il a décidé, il y a trois ans, de quitter en même temps que l’ancien ministre Msaidié pour créer le parti Radhi, s’est longuement épanché dans la presse locale pour évoquer tout le bien qu’il pense du président Azali Assoumani, un ancien « compagnon de combat » dit-il, tout en égratignant au passage les responsables actuels du parti Radhi. Il accuse ces derniers de faire « peu de cas des militants et vouloir trancher à leur place ».

« Il y a ceux qui voulaient ramener le Radhi dans la coalition de l’opposition et ceux  qui estimaient que le meilleur développement du parti se trouvait dans le sillage du pouvoir actuel », a-t-il confié dernièrement à nos confrères du journal Alwatwan pour expliquer l’origine de la division qui ravage cette formation de l’opposition. « L’autre tendance a voulu confisquer l’appareil, et bloquer son expression, craignant certainement que la majorité du Radhi ne s’exprime en faveur du pouvoir actuel », a-t-il encore soutenu. Lire la suite