Articles Tagués ‘élections’

Par Faïssoili Abdou

Le juge du contentieux électoral a tranché. Ce 5 mars, la Cour constitutionnelle des Comores s’est prononcé pour confirmer les résultats des primaires pour la présidentielle et des gouverneurs des îles proclamés le 24 février dernier par la Ceni. Des petits rectificatifs de certains bureaux de vote ont suffi à la Cour pour se donner bonne conscience et valider des élections que l’on sait entacher  d’irrégularités manifestes. La volonté du peuple est ainsi méprisée. L’ultime insulte ! La désillusion est au plus haut et le moral au plus bas dans les rangs de ceux qui espéraient un moment que la Cour constitutionnelle allait réparer les injustices dénoncer par la vingtaine de candidats à la course vers Beit-salam. Selon l’arrêt de la haute juridiction, le trio de tête de la présidentielle est composé de Mohamed Ali Soilihi alias Mamadou (candidat du pouvoir) qui recueille  17,88 suivi de Mouigni Baraka, gouverneur de Ngazidja (15,62%) et de l’ancien président Azali Assoumani (15,10%). Ce sont ces trois candidats qui devront se confronter le 10 avril prochain.  Fahmi Said Ibrahim, candidat soutenu par le Juwa de l’ancien président Sambi arrive en 4ème position (14,86%). (suite…)

Publicités

Par Faïssoili Abdou

Une électrice entrain de glisser son bulletin dans l'urne

Une électrice entrain de glisser son bulletin dans l’urne

Ce 2 janvier, la Cour constitutionnelle des Comores a publié la liste définitive des prétendants aux élections présidentielles et des gouverneurs des îles prévues en ce premier trimestre 2016. Une petite particularité sur cette liste mérite d’être relevée : trois  des principaux instigateurs de l’affaire Boulle Mining (Mohamed Ali Soilih (Mamadou), M’tara Maecha et Nourdine Bourhane) y figurent en bonne place, les deux premiers en qualité de candidats titulaires aux présidentielles et le troisième en tant que vice président de Mamadou. Pour mémoire, « l’affaire Boulle Mining » que nous avons rebaptisée « Boulle Mining gate » a éclatée suite à la signature en 2011 d’un contrat léonin passée dans une totale opacité entre cette société mauricienne et le « gouvernement comorien » pour l’exploration et l’exploitation gazière et pétrolière dans les eaux territoriales comoriennes.

Le seul hic dans cette histoire est que les prétendus représentants de l’Etat comorien n’étaient  pas habilités à passer un tel accord et ont ainsi usurpé des prérogatives qui n’étaient pas les leurs pour signer un document qui engageait le pays pour une durée de 40 ans. Cela sans que l’Assemblée nationale en soit informée. Un accord qui finira à la Cour d’arbitrage international de Londres où, heureusement pour notre pays, le gouvernement comorien représenté par le Vice président Fouad Mohadji a eu gain de cause, l’accord ayant été purement et simplement annulé. (suite…)

Par Kassim Harouna – Paris.

 

Palais du peuple, siège de l'Assemblée fédéral à Moroni

Palais du peuple, siège de l’Assemblée fédéral à Moroni

Le peuple comorien vient de se prononcer pour le deuxième tour des élections législatives. La Cour constitutionnelle a rendu officiels les résultats. Les mauvais perdants et tous ceux qui avaient cru qu’avec des millions ils pouvaient acheter un siège à Hamramba, peuvent aller se coucher. Il faut le dire car, en plus des manœuvres d’intimidation, de la haine déversée notamment à Ngazidja envers les comoriens d’origine anjouanaise, des tentatives pour fausser le jeu électoral à coup de millions ont eu lieu.

L’on peut d’ores et déjà affirmer avec certitude que le parti au pouvoir (UPDC) malgré les moyens financiers colossaux déployés, l’achat des consciences, la fraude massive organisée notamment à Ndzouani avec la bienveillance des forces de l’ordre, la mouvance présidentielle n’a pas réussi à s’arroger la majorité absolue des suffrages. L’UPDC se retrouve à égalité avec le parti JUWA de l’ex-Président SAMBI qui, grâce à sa suprématie au Conseil de l’île d’Anjouan, est sûr d’envoyer au palais de Hamramba, 3 députés supplémentaires. (suite…)

Par Msa Ali Djamal, sociologue
Djamal M'sa

Déficit de l’offre politique, couverture médiatique quasi nulle

Si l’on peut constater que la sélection des candidats a été au principe d’une légitimité à la fois intellectuelle, locale, politique… Certains candidats étaient même Docteur en sociologie, en économie, de hauts fonctionnaires, des cadres d’un parcours syndical riche, d’anciens ministres… Ce recrutement a été fortement marqué par le poids du local, plus particulièrement notabiliaire. Ont des chances les ministres, les hauts fonctionnaires. Sociologiquement, les candidats sont surtout masculins, d’âge mûr et socialement privilégiés.

Le recrutement hautement qualifié du personnel législatif s’est traduit d’un constat paradoxal. Les élections de 2015 n’ont pas permis de faire émerger un discours législatif véritable, ce qui produit une forme de dissémination des intérêts, des préoccupations et du débat politique. (suite…)

OUZINI

OUZINI

Ici, un bureau de vote aux Comores

Ici, un bureau de vote aux Comores

« Nous refusons de voter cette année ». C’est le  cri de révolte ou désespoir, c’est selon, lancé le mois dernier par  les habitants d’Ouzini à Anjouan. Le fait est passé inaperçu. En tout cas, il n’est pas relayé dans les médias nationaux. Et pourtant, il mérite d’être signalé. Les habitants de ce village perché sur les hauteurs à une heure et demie à pied de la ville de Domoni sur la côte Est d’Anjouan ont pris la décision ferme de ne pas se présenter aux urnes cette année. Et pour démontrer l’irréversibilité de leur sentence, ils ont décidé de procéder à la lecture d’un grand Hitma, une prière collective demandant un châtiment sévère d’Allah, contre tout habitant du village qui enfreindra cette mesure collective. « Celui qui ira à l’encontre de cette décision sera banni et expulsé du village », avertit un jeune.   (suite…)

Interviews.

Houmeid Msaidie, un des leaders du nouveau parti Radhi

Houmeid Msaidie, un des leaders du nouveau parti Radhi

Radhi est l’une des plus récentes formations politiques de l’archipel. Houmeid Msaidie, secrétaire général de ce jeune parti qui se réclame de l’opposition nous parle des premiers pas de cette structure ainsi que de sa vision sur la vie politique nationale…Interview

Avec des amis  vous venez de lancer, le mois de mai dernier, le parti Radhi. Pouvez-vous partager avec nos lecteurs les démarches que vous avez entreprises dans la foulée pour implanter votre nouvelle structure dans le pays ?

Effectivement, le 24 mai dernier nous avons officialisé le processus de la mise en place d’une force politique non seulement capable de répondre aux attentes de la population mais également de lancer, et pourquoi pas d’incarner, la nécessaire modernisation de la vie politique et socio-économique de notre cher pays. Notre démarche consiste à réunir autour d’une même plate-forme politique toutes les bonnes volontés éprises des valeurs de la République, de la démocratie, de l’Etat de droit. Et ces hommes et ces femmes se doivent d’avoir comme autre dénominateur commun le volontarisme quant à l’approche et à la résolution des problèmes socio-économiques qui freinent la modernisation de notre pays. Après l’assemblée générale constitutive de Radhi en mai nous comptons organiser notre 1er congrès au lendemain des élections législatives, des conseillers et des communes prévues pour la fin de cette année. En tout état de cause l’actuelle direction doit continuer à élargir la base du parti, mettre en place ses structures et rendre compte  d’ici au plus tard janvier 2015.  (suite…)