Contribution/ Réussir les Assises nationales, réunir quatre conditions préalables  

Par Nakidine Mattoir, Historien∗

Nakidine Mattoir, Historien

Les partis politiques semblent adhérer à l’idée des assises nationales. Cette réunion porterait sur le bilan des 42 ans d’indépendance et des institutions actuelles. Ainsi, afin d’éviter de refaire les mêmes erreurs, il me semble que quatre conditions préalables doivent être réunies pour faire de ces assises une réussite collective.

Construire la nation comorienne

Une des conditions fondamentales pour construire les Comores de demain, c’est d’abord de construire la nation comorienne. Il est un spectre que nous devons tous nous employer à exorciser : celui de la disparition de l’unité de notre pays et de l’amour que nous lui portons.

Nous avons pris l’indépendance sans former des jeunes amoureux de leur pays et de la nation. Les Comoriens sont très claniques et chauvins. Par conséquent, nous devons mener, avec foi et conviction, la mère de toutes les batailles : la construction de la nation comorienne. Qu’est ce qu’être Comorien ? Est-ce le partage de valeurs communes? Est-ce l’exercice de droits et le respect d’obligations communes? Quelles sont nos valeurs communes à partager et à transmettre ? L’une des bases fondamentales de ces assises serait de définir “Être Comorien”. Ce sentiment d’appartenir à une nation unique peut être aussi transmise par l’instruction civique. Sur ce sujet, avec mon ami juriste Abdou Azimdini, nous avons élaboré un manuel d’instruction civique pour les élèves de l’école primaire et secondaire qui se propose de construire cette identité comorienne partagée et parfois refoulée. Notre démarche vise à réveiller le patriotisme qui nous habite tous. Assurer la cohésion nationale, transmettre les valeurs communes et consolider la fraternité nationale, ca serait érigé la fierté d’être comorien en bonheur partagé. Lire la suite

Libre opinion: A propos de l’Analyse de Kamal Abdallah sur la situation politique aux Comores en ce début 2015

Par Kamal Eddine Saindou (Kes)

Nombreuses et contrastées, les réactions des internautes sur la publication de Kamal Abdallah, porte –parole du Collectif pour la défense de la démocratie aux Comores (A lire ici : http://blogs.mediapart.fr/blog/philippe-divay/040115/pourquoi-sambi-est-la-bete-noire-du-regime-ikililou-ancien-collaborateur-de-feu-le-president-soi), prouvent au moins que l’auteur n’a pas laissé ses lecteurs insensibles. Pour ma part, je trouve cette analyse intéressante, en tout cas objective. Je profite ici pour regretter la facilité de beaucoup d’internautes à fustiger les réflexions publiées sur la toile (lieu incontournable de la communication moderne) au lieu d’argumenter sur leurs désaccords. Que l’auteur d’un propos ait une position partisane ou pas n’est pas le problème. C’est son argumentation et sa démarche qui devraient faire l’objet de débat. Il faudrait que nous apprenions à sortir de cette spirale improductive d’invectives gratuites qui confisquent la réflexion. C’est dans ce sens que j’apporte ici ma contribution. Lire la suite