Fin de la première session parlementaire de l’année: « Un volume de travail limité…mais d’une portée importante »

Par Faissoili Abdou

Abdou Ousseni, Président l’Assemblée de l’Union
source: Alwatwan

Le parlement a clôturé, le 22 juin dernier, les travaux de la première session de l’année 2017 ouverte début avril. « Au terme de cette session les députés ont adopté onze textes dont cinq déposés par le gouvernement et six relevant d’initiatives des élus », a indiqué Abdou Ousseni,  le président de l’Assemblée de l’Union dans son discours. Parmi les lois adoptées, on citera celle du code de la nationalité, celle relative à  la promotion du genre dans l’accès aux fonctions nominatives et électives ou encore celle portant transfert des activités de la centrale d’achat des médicaments de l’Union des Comores (CAMUC), à un nouvel établissement public appelé Office Comorien des Produits Pharmaceutiques (OCOPHARMA).

L’Accord cadre de coopération entre le gouvernement de l’Union des Comores et le gouvernement de la République de Maurice a été aussi adopté au cours de cette session. « A l’actif de la session, il y a aussi l’adoption de la Résolution portant création d’une Commission d’enquête parlementaire sur la loi relative à la citoyenneté économique adoptée en novembre 2008 dans des conditions pour le moins douteuses. Les retombées de ladite loi au plan financier, diplomatique et sécuritaire font aujourd’hui l’objet de nombreuses interrogations qui ont motivé l’initiative ainsi prise par la Représentation nationale », a souligné le président de l’Assemblée. « Le volume de travail ainsi accompli pendant cette session, peut paraître à certains comme étant finalement limité. Mais il est vrai aussi que sa portée est importante », a-t-il tenu à rappeler.

Le moins que l’on puisse dire c’est que cette 1ère session de l’année 2017 a connu un début très mouvementé. Le président de l’Assemblée est d’ailleurs revenu sur les incidents survenus début avril dans l’hémicycle et qui ont sérieusement écorné l’image de cette institution. Il a ainsi  regretté « une atmosphère inhabituelle d’affrontements physiques entre des membres de notre institution parlementaires » indiquant que ce « climat de défiance qui règne de façon quasi permanente au sein de l’Assemblée est dû en grande partie au fait que l’on voudrait régler les problèmes sans considération des textes règlementaires et des règles de bienséance qui régissent notre Institution ».

Du haut de son perchoir, le chef de Hamramba a ainsi tenu à « réaffirmer » son « attachement au dialogue et à la cohésion interne, au sein de notre Institution dans le respect de la réglementation en vigueur ». Dans ce même registre, Abdou Ousseni, a relevé « la crise politique et institutionnelle qui sévit au Conseil de l’île autonome d’Anjouan et dont on ne voit pas encore l’issu » précisant que « cette situation est le résultat de manquements répétés au nécessaire dialogue entre les différents acteurs politiques concernés et au respect des textes fondamentaux qui régissent l’Institution ». Espérons que les mauvais plaisantins, tapis dans l’ombre, qui nous oblige à assister à ce mauvais film décideront enfin de couper  le tournage…

Crise au Parlement/ Les requérants devant la Cour Constitutionnelle ce mardi

Par Faïssoili Abdou

Cour Constitutionnelle des Comores

Après les empoignades, place maintenant aux plaidoiries. La Cour constitutionnelle doit bientôt  se prononcer sur la crise à l’Assemblée de l’Union qui a vu, début avril dernier, des élus s’empoigner  dans l’hémicycle à l’ouverture de la session parlementaire. Une audition des protagonistes est prévue ce mardi 16 avril au prétoire de la Haute juridiction.

Les images de cette fâcheuse scène montrant des élus s’échanger coups de poing et de pied  au sein de  l’hémicycle restent encore vives dans les mémoires. (Lire ici http://wp.me/p4Q22P-by) Cet esclandre a indigné nombre de nos concitoyens. Beaucoup ont déploré cette attitude des élus qui a ternie l’image d’un Parlement qui devrait, pourtant, donné le bon exemple aux citoyens. Les deux parties en conflit ont, par la suite, introduit des  requêtes à  la Cour constitutionnelle afin que celle-ci  tranche sur ce différend qui déchire les Conseillers de l’île de Ndzouani (pouvoir et opposition) et qui s’est prolongé  à l’Assemblée de l’Union. Ce mardi 16 avril, les requérants seront, donc, auditionnés par les sages de la Cour. Une occasion pour eux et leurs avocats de dérouler leurs arguments afin de tenter de donner beaucoup d’épaisseur à leurs prétentions consignés dans les requêtes qu’ils ont introduits devant la Haute juridiction et ainsi aider les Sages de la Cour à voir un peu plus clair avant de prendre sa décision. Les groupes parlementaires Juwa(pouvoir) et Ouvoimoja (Updc-opposition) vont croiser le fer à coup d’articles de la Constitution et du règlement intérieur de l’Assemblée insulaire lors de ce rendez important pour leurs défenses. Lire la suite

Comores/Rififi à l’Assemblée de l’Union, les clés pour comprendre…

Par Faïssoili Abdou

image de l’altercation

Une vive altercation entre élus, ce vendredi 7 avril, à l’hémicycle. La séance d’ouverture de la session ordinaire d’avril à l’Assemblée de l’Union des Comores a tourné au pugilat. Les corps se sont entrechoqués, cognés. Les mots ont claqués. Les maux se sont installés. Il va falloir les soigner. Il reste à savoir celui qui va s’atteler à cette tâche. Pour le moment, ce qu’on sait avec certitude, c’est que cette scène a, encore une fois, terni l’image de cette représentation nationale beaucoup plus habilitée à abriter les débats, la confrontation démocratique des idées, que l’affrontement physique entre élus. Ce qui s’est passé ce vendredi laissera certainement des traces. Certains des protagonistes risquent de perdre des plumes… Ce week-end, sur les réseaux sociaux, beaucoup de Comoriens se sont indignés, avec raison, du comportement de nos élus. Pourtant, tout cela était prévisible. Tout cela pouvait être évité. Mais personne parmi les autorités compétentes n’a rien fait pour l’éviter. Lire la suite

Conseil de l’île de Ndzouani/ Une séance sous haute tension

Le Conseil de l’île de Ndzouani

Par Faïssoili Abdou

Comme on pouvait s’y attendre, la session extraordinaire ouverte  mercredi au Conseil de l’île de Ndzouani en vue de la désignation des trois représentants de cette chambre insulaire au sein de l’Assemblée de l’Union s’est déroulée dans une ambiance survoltée et même cacophonique. « La situation était intenable et le président a fini par appeler les forces de l’ordre. Ce n’est qu’après qu’on a pu procéder au vote », décrit une source sur place. Le vote s’est ainsi déroulé dans la confusion. Les Conseillers de l’opposition se sont retirés de l’hémicycle et ce ne sont que les Conseillers Juwa qui étaient sur place pour choisir les trois représentants du Conseil de l’île qui doivent aller siéger à l’Assemblée de l’Union qui ouvre sa première session ordinaire  de l’année ce vendredi 7 avril.

A l’issue de ce vote ce sont les Conseillers Hatime Sairane, Loutfi Houmadi et Mohamed Abou El Magd, tous du parti Juwa, qui ont été officiellement cooptés par leurs pairs pour représenter la Chambre insulaire au niveau de l’Assemblée. Selon des informations  qui restent à vérifier, il semblerait qu’au même moment, les élus de l’opposition ont également choisi dans leur rang trois Conseillers à savoir Saindou Moussa Toumani, Zahara Ali et Ahmed Nassor pour le même objectif.  Ainsi, un bras de fer entre les deux camps se profile à l’horizon….On remarquera que cette session extraordinaire convoquée par le gouverneur Abdou Salami Abdou, avec comme seul point à l’ordre du jour,  la désignation des trois représentants de l’île au niveau de l’Assemblée de l’Union se clôt dans la confusion générale. Lire la suite

La 35ème circonscription de Ndzouani toujours en attente de son Conseiller

Par Faïssoili Abdou

Alors que l’ouverture fin avril prochain de la session ordinaire de l’Assemblée de l’Union approche à grand pas, les électeurs de la 35ème circonscription de Ndzouani doivent encore s’armer de patience avant de pouvoir élire leur nouveau Conseiller de l’île. Tout porte à croire que cette élection partielle recommandée début décembre par la Cour Constitutionnelle et qui devrait se tenir au plus tard début janvier dernier, se tiendra finalement au mois d’avril prochain en même temps que les élections de la commune de Mboinkou. Le budget  estimatif de ces deux scrutins est estimé à environ  60 millions Kmf. 

Le jour où Herdine Soula a perdu son siège de parlementaire. Depuis le 5 décembre 2016 dernier la circonscription d’Adda-Daoueni à Ndzouani n’a plus son  représentant au niveau du Conseil de l’île. Ce jour là,  après des semaines d’enquête, la Cour Constitutionnelle prononçait la « déchéance immédiate » de l’élu de cette localité du Nyumakele au Sud de Ndzouani.  Une première dans l’histoire de l’archipel.

Quelques semaines auparavant, la haute juridiction a été saisie par Ahamadi Issoufi, un des concurrents du Conseiller, qui l’accusait  d’avoir falsifié son extrait de naissance et sa carte d’identité nationale ou usurpé l’identité d’une autre personne au moment du dépôt de sa candidature auprès de la Commission électorale. Une accusation qui avait suscité ce commentaire visiblement embarrassé du secrétaire général et président du groupe parlementaire Juwa, parti dont est issu Herdine Soula, à l’Assemblée de l’Union. «Je sais qu’aujourd’hui au niveau de l’Assemblée où je me trouve en tant que député beaucoup d’entre nous, ne portent pas leurs noms réels. Certains ont changé leur identité après leur scolarité ou avant même et portent aujourd’hui le nom de famille de certains de leurs frères, d’autres portent le nom de leurs oncles pour des raisons d’état civil. Usurpation d’identité, ça c’est un sport qui est pratiqué par beaucoup de gens. Si ce député a fait ça, il n’est pas le seul dans ce cas. D’autres l’ont fait ou le font », a déclaré Ibrahim Mohamed Soulé dans une émission sur  Hayba Fm tout en se défendant de ne pas cautionner ce genre de pratiques. Lire la suite

Anissi Chamsidine : « Je ne partage pas le fait que Sambi veut être candidat dans le tour de la Grande Comore »

Propos recueillis par Faissoili Abdou et Naouir Papamwegne (Le Courrier d’Anjouan et Radio Domoni Inter)* [initialement publiée dans Le Courrier d’Anjouan du 20 au 27 novembre 2015]

Anissi Chamsidine, Gouverneur de Ndzouani

Anissi Chamsidine, Gouverneur de Ndzouani

Il était l’invité d’une émission de la Radio Domoni Inter et Le Courrier d’Anjouan. Le Gouverneur Anissi Chamsidine a répondu nos questions sur son différend avec le Conseil de l’île d’Anjouan, sa candidature pour les élections du gouverneur des îles et  l’éventuelle candidature de l’ancien Raïs Ahmed Abdallah Sambi aux élections présidentielles de 2016.

Le Conseil de l’île de Ndzouani a voté une motion de censure contre deux de vos commissaires que vous n’avez pas révoqué préférant porter ce différend devant la Cour constitutionnelle. Maintenant, ils envisagent de vous destituer. Quelle votre version sur ce dossier ?

Il est évident que le Conseil de l’île a procédé à une motion de censure contre deux de mes Commissaires, il y a quelques semaines. Je n’ai pas exécuté la motion, puisque j’ai jugé qu’il y a pas eu un exposé des motifs, je n’ai pas les motifs qui devrait me permettre de révoquer mes Commissaires. Puisque, je ne peux pas être juge et partie en même temps, je juge que la motion ne respecte pas les règles donc j’ai fait appel à la haute juridiction qui est la cour constitutionnelle pour juger. Le Conseil de l’île en tant qu’institution doit aussi reconnaitre la Cour constitutionnelle. Je me remets à la cour constitutionnelle et j’espère qu’il y aura un dénouement à cette situation. Si vous me dites que le Conseil de l’île vise à me destituer, je vous dirais qu’il n’a pas cette prérogative, cette compétence.  Nous ignorons tous les règles qui nous régissent. Nous devons apprendre à connaitre notre justice,  nos droits vis-à-vis de la justice mais aussi nos devoirs de notre pays. Ce n’est pas parce que je suis gouverneur que je peux me permettre de faire tout ce que je veux. Ce n’est pas parce qu’on est un Conseiller de l’île qu’on peut décider à la place de l’autre. Donc, ils ont fait une motion qui devrait être exécuté par moi, je juge que la motion ne répond pas aux règles de la loi, donc je me suis remis à la Cour constitutionnelle qui est notre haute juridiction et nous attendons le verdict de cette noble institution(…). Je n’ai aucune inquiétude puisque je n’ai rien contre le Conseil de l’île. Je suis dans la légitimité.  Je pense que les Conseillers de l’île aujourd’hui sont dans une bonne disposition, on a commencé à travailler ensemble, à discuter avec une partie d’entre eux. Je pense que c’était un malentendu, à un moment. Mais la vie ne s’arrête pas là et nous avons l’ambition de travailler pour les intérêts de notre île. Lire la suite

Libre Opinion/Le président Ikililou peut-il ignorer les résultats des législatives ? un gouvernement d’union nationale s’impose

Par Kassim Harouna – Paris.

 

Palais du peuple, siège de l'Assemblée fédéral à Moroni

Palais du peuple, siège de l’Assemblée fédéral à Moroni

Le peuple comorien vient de se prononcer pour le deuxième tour des élections législatives. La Cour constitutionnelle a rendu officiels les résultats. Les mauvais perdants et tous ceux qui avaient cru qu’avec des millions ils pouvaient acheter un siège à Hamramba, peuvent aller se coucher. Il faut le dire car, en plus des manœuvres d’intimidation, de la haine déversée notamment à Ngazidja envers les comoriens d’origine anjouanaise, des tentatives pour fausser le jeu électoral à coup de millions ont eu lieu.

L’on peut d’ores et déjà affirmer avec certitude que le parti au pouvoir (UPDC) malgré les moyens financiers colossaux déployés, l’achat des consciences, la fraude massive organisée notamment à Ndzouani avec la bienveillance des forces de l’ordre, la mouvance présidentielle n’a pas réussi à s’arroger la majorité absolue des suffrages. L’UPDC se retrouve à égalité avec le parti JUWA de l’ex-Président SAMBI qui, grâce à sa suprématie au Conseil de l’île d’Anjouan, est sûr d’envoyer au palais de Hamramba, 3 députés supplémentaires. Lire la suite