Djaanfar Salim Allaoui, SG et porte-parole de GNEC Rénové : « La Constitution de 2001 amendée en 2009 et les instruments de Fomboni n’ont même pas été expérimentés de par la mauvaise foi de ceux qui étaient fondés l’appliquer ! »

Djaanfari Salim Allaoui, ancien ministre, secrétaire générale et porte parole du Gnec Renové

Il est connu pour son franc-parler et son sens de la critique. Pour Comoressentiel, Djaanfar Salim Allaoui, ancien ministre de l’intérieur  et proche de Mohamed Bacar  a accepté de s’exprimer sur des sujets d’actualité nationale mais aussi de revenir sur l’épisode du débarquement militaire de 2008 qui a délogé le régime jugé « illégal » de l’ancien homme fort de Ndzouani et plus largement sur les critiques sur ce gouvernement dont il a appartenu. Qu’il s’agisse du projet de révision constitutionnelle en discussion actuellement dans les cercles du pouvoir en place à Moroni et dans l’opposition, du bilan de la première année de l’exécutif de Ndzouani ou encore celui  du gouvernement central, l’actuel secrétaire général et porte parole du Gnec Rénové se prononce sans détours et avec le ton qui est le sien. Il évoque également la vie de son parti et sa récente alliance avec le Radhi. Interview…

Vous vous trouvez en France où vous êtes venu prendre part à la réunion constitutive d’une association de la diaspora anjouanaise. Quel est le sens de ce rassemblement quand on sait qu’une structure similaire dénommée « Union des comoriens anjouanais de la diaspora (UCAD) » est déjà en place et que cette diaspora ne daigne pas s’y engager ?

Merci Faissoili de me faire réagir sur autant de sujets variés que diversifiés au travers de votre interview. En effet, rien n’interdit à une communauté de vues et de destin installée à l’extérieur de nos frontières de se réunir, d’échanger des bons procédés voire de chercher à se restructurer pour un meilleur vivre-ensemble.

Au-delà de nos clivages, il s’agit là d’une initiative salvatrice qu’il convient d’encourager et même de promouvoir pour préserver l’espoir, enfin de voir les anjouanais se rapprocher et se réconcilier. J’ai été personnellement convié à cet évènement fédérateur et pour rien au monde je ne pouvais m’y dérober.

Par ailleurs et pour répondre à l’autre volet de votre question sur l’UCAD, je n’ai pas, pour ma part connaissance de cette structure, mais il m’a semblé comprendre que tous les anjouanais de quelque bord que ce soit, ont été invités y compris les structures organisées déjà en place, l’UCAD, bien entendu. C’était là pour moi la meilleure des tribunes pour débattre de tous les sujets de discorde et amorcer les conditions d’un nouveau départ de la diaspora anjouanaise de France.

J’ai considéré à juste titre, ma présence à ces retrouvailles très utile, pour insuffler un nouvel élan et susciter des convoitises auprès des communautés de N’gazidja et de Mohéli afin de nous organiser à l’instar de notre modèle institutionnel issu de la Constitution de l’Union des Comores de 2001 en une grande fédération de la Diaspora comorienne de France. Cette démarche revêt un trait de représentativité, de lisibilité et de légitimité.

Dans un autre registre, on parle beaucoup d’une volonté du Pouvoir en place aux Comores de vouloir amender la Constitution de 2001 révisée en 2009. La rumeur dit que la présidence tournante serait parmi les points visés par cette réforme. Quel est votre avis par rapport à ce projet ?

L’Accord-Cadre de Fomboni du 17 février 2001 a prévu dans ses dispositions particulières, des mécanismes d’évaluation et de consolidation des institutions, en l’occurrence, la Constitution de l’Union, les lois fondamentales des îles autonomes et la présidence tournante.

Le comité de suivi né de cet accord, et composé des parties comoriennes et de la communauté internationale, est tenu de convoquer des assises pour dresser le bilan de Fomboni 1, le cas échéant, relever les imperfections, et nourrir les institutions de Fomboni par des amendements communément admis par les parties signataires de l’accord dès parachèvement de la tournante présidentielle mohélienne. Telle est la lecture linéaire de l’esprit et de la lettre de l’accord de Fomboni. Depuis, les choses se sont passées autrement, en 2009, avec la réforme de la Constitution de l’Union qui a fait dépouiller de sa substance l’autonomie des îles. Lire la suite

Interview/Mohamed Abdouloihabi, ancien président de Ngazidja : « Si l’on se sent le courage politique de défendre les grandes valeurs d’unité nationale, notre Constitution mérite une révision en profondeur ».

Mohamed Abdouloihabi, ancien président de Ngazidja (Image d’archives)

Débat sur l’éventualité d’une révision constitutionnelle aux, loi sur les partis politiques, bilan de la première année de mandat du Président Azali…Mohamed Abdouloihabi, homme de loi et ancien président de l’île de Ngazidja, s’est confié à Comoressentiel pour aborder toutes ces questions en toute franchise.

Quel est l’avis de l’homme politique et ancien président de l’île de Ngazidja que vous êtes par rapport aux  velléités  de révision Constitutionnelle  qui s’expriment avec insistance ces  derniers temps ?

D’aucuns prêtent au président Azali l’intention de réviser la Constitution et ce sont des hommes politiques qui se déclarent séduits par son ambition de mener les Comores  vers l’émergence qui lancent le débat.En ma qualité d’ancien président de Ngazidja, j’ai pratiqué les institutions nées de la Constitution de 2001 et subi sa révision de 2009 qui, selon les dires des uns et des autres visait en partie à  m’affaiblir dans ma détermination à faire respecter la Constitution dans l’attribution des compétences aux îles.

Ce vécu m’a permis de me rendre compte qu’une constitution n’est fondamentalement mauvaise que si ceux qui l’appliquent font preuve de mauvaise volonté dans leur pratique des institutions. Cette mauvaise volonté émanait particulièrement des autorités de l’Union qui avaient du mal à intégrer la nouvelle donne en cédant un peu de leur pouvoir.

Cependant l’opinion générale admet que notre Constitution a rempli sa mission de réconciliation et que désormais il  faut privilégier l’unification. Je pense donc que notre Constitution, n’étant pas un texte sacré peut être révisée,  mais elle doit l’être dans la concertation avec les forces vives de la nation, pour l’intérêt général et dans le respect de la procédure prévue à cet effet.

Si révision constitutionnelle il  devait y avoir, quels sont, selon vous, les points qui mériteraient d’être modifiés ?

Le 21 novembre 2011, mon parti, l’Alliance Politique pour la Sauvegarde des Institutions (APSI) a organisé au club des amis un colloque avec pour thème : »Après la tournante  mohélienne, quel devenir pour nos institutions ? » Y étaient conviés tous les partis politiques, les institutions nationales et nos partenaires internationaux. L’absence des institutionnels n’avait rien enlevé au sérieux de l’événement.

Notre objectif était de faire prendre conscience aux acteurs politiques de la nécessité de réviser notre Constitution dans ses fondamentaux et d’emmener le gouvernement à convoquer des assises nationales aux termes desquelles sortirait un document, fruit d’une concertation sereinement conduite, en dehors de toute précipitation.

L’APSI a sa vision des institutions qu’il faut à notre pays, des institutions qui assurent plus d’unité à notre Nation tout en donnant aux collectivités de base une grande liberté d’action pour leur développement. Mais elle croit en la vertu de la concertation. C’est pour cela qu’elle en appelle à des assises nationales où elle pourra apporter sa contribution. Lire la suite

Politique/Maître Larifou, par l’émergence alléché,

Said Larifou et le Président Azali Assoumani à Beit-Salam

Émergence. C’est par ce mot magique que l’avocat et homme politique Saïd Larifou semble vouloir s’appuyer pour ouvrir les portes du pouvoir Azali. Le président du parti Ridja est tellement séduit par ce concept qui, soulignons-le n’est qu’un slogan comme d’autres pour le moment, qu’il en est même devenu un  des défenseurs zélés. Un soutien pas totalement désintéressé.

Reçu au mois de Mars dernier à Beit-Salam, le candidat malheureux aux dernières élections présidentielles (il est arrivé en 5 ème position) a affiché son enthousiasme au chef de l’Etat et déclaré sa « disponibilité à participer pleinement à l’émergence du pays ». Il a ajouté « nous avons parlé de la situation politique du pays et qu’une convergence de vue a été trouvé entre nous sur la nécessité de ressembler les forces vives du pays pour le développement économique des Comores ». Qu’il semble loin, ce jour du mois de mars 2016 où le candidat Larifou accusait publiquement Azali  Assoumani de vouloir le « corrompre » et menaçait, même, de le traîner en justice pour tentative de corruption. « Je vous confirme qu’il a voulu me corrompre. Il a même avancé le montant de 20 millions. J’ai été énervé. J’ai immédiatement quitté les discussions car j’ai estimé que c’était de l’insolence », avait-il, alors, déclaré aux médias. C’était lors du deuxième round des élections présidentielles. Une éternité sur l’échelle de la politique. En septembre 2016, le leader du Ridja en remettait encore une couche en ces termes : « Je pensais naïvement qu’avec son équipe, au demeurant jeune, il allait donner un message clair et fort de rupture avec les pesanteurs qui sont la cause des crises socio-économiques et institutionnelles qui maintiennent notre pays dans une situation de dépendance avec l’extérieur. Mais non ! Le président se renferme dans une théorie digne d’un régime qui se meurt : se faire nommer lors de son discours d’investiture Al Imam Azali au lieu de prononcer un discours de fondateur et une vision pour les Comores ». Lire la suite

Nation/ Le Président de l’Assemblée favorable à une révision de la Constitution…

Par Faïssoili Abdou

Abdou Ousseni, Président de l’Assemblée de l’Union des Comores

La révision Constitutionnelle, la fermeture de Labaraka Fm et le déguerpissement des marchands ambulants dans les rues de Moroni sont, entre autres, les points évoqués par le président de l’Assemblée dans son discours d’ouverture de la session parlementaire…

Une révision Constitutionnelle en vue? Le discours prononcé ce vendredi 7 avril par le président de l’Assemblée de l’Union à l’occasion de l’ouverture de la première session parlementaire 2017, semble avoir été noyé dans les flots du tapage provoqué par l’altercation entre élus qui s’est déroulé dans l’hémicycle. Et pourtant, certains points de cette allocution mériteraient qu’on s’y attarde. Parmi celles-ci, on relèvera, l’éventualité d’une révision Constitutionnelle évoquée par le président de cette représentation nationale. Après avoir signalé les «relations conflictuelles » qui prévalent à Ngazidja et Ndzouani, entre les exécutifs des îles et les élus locaux, Abdou Ousseni a émis le souhait d’une révision de la loi fondamentale adoptée en 2001 et révisée en 2009. «Aujourd’hui, force est de constater que le comportement de défiance de la part de certaines autorités élues aux niveaux des îles autonomes m’amène en ma qualité de première législateur à partager avec vous cette démarche visant à libérer la réflexion », a-t-il justifié soulignant que ce sujet n’est pas « tabou ». Lire la suite

Avoir 39 ans dans l’archipel des Comores

Par Faïssoili Abdou

Des jeunes militants devant la Cour Constitutionnelle à Moroni

Des jeunes militants devant la Cour Constitutionnelle à Moroni

Je suis né en 1978 dans la campagne anjouanaise. 39 ans à peine sonnés.

Chers enfants de 1978…. L’année qui nous a vu naître est une année tragique et en même temps, une année charnière de l’Histoire récente de notre archipel. Cette année marque la fin de révolution culturelle  initiée par Ali Soilihi et le début d’un pouvoir dictatorial, instauré avec l’appui des mercenaires français, qui va durer jusqu’en 1989.  En effet, c’est le 13 mai 1978 qu’Ali Soilihi Mtsachiwa, chef de l’Etat depuis le 2 janvier 1976 est renversé par un coup d’Etat mené par le mercenaire français Bob Denard. Celui qui se faisait appelé le Mongozi  (le guide) sera lâchement  assassiné quelques temps après, dans la nuit du 28 au 29 mai « lors d’une tentative d’évasion ».

Cet assassinat mettait ainsi, brutalement, fin à la révolution socialiste qu’Ali Soilihi  avait tenté de mettre en place aux Comores. Le coup d’Etat contre le Mongozi ouvrait également la voie à un  retour au pouvoir d’Ahmed Abdallah qui était destitué trois ans plutôt par le même Ali Soilihi. Dans le sillage de ce retour d’Abdallah aux affaires, des mercenaires français allaient s’établir dans l’archipel des Comores durant une décennie. En effet, « à partir de 1978, autour de Bob Denard, une partie des soldats de fortune s’installe aux Comores au sein de la Garde présidentielle (Gp). Ils se maintiennent aux côtés d’Ahmed Abdallah et sont associés à la direction des Comores (politiquement et économiquement) pendant dix ans ».  (Walter Bruyère-Ostells, Dans l’ombre de Bob Denard)

Et pourtant, trois ans plutôt, en 1975, les Comoriens écrivaient une des plus belles pages de leur Histoire récente en déclarant unilatéralement l’indépendance de l’archipel. L’enthousiasme né de cette initiative glorieuse sera de courte durée. Lire la suite

Comores Telecom : Oumara Mgomri, pris les doigts dans le pot de confiture

Par Faïssoili Abdou

Oumara Mgomri, Directeur Général de Comores Télécom

Oumara Mgomri, Directeur Général de Comores Télécom

L’affaire fait grand bruit sur les réseaux sociaux. Depuis mardi, les internautes comoriens, scandalisés crient leur colère après la découverte d’un acte de vente d’un véhicule passé entre la société Comores Télécom et son Directeur général, Oumara Mgomri. Certains réclament qu’il soit immédiatement démis de ses fonctions. Le document est signé, le 28 janvier 2017, par un certain Oumara Mgomri  (le  vendeur) et  le Directeur financier et de la prévision de la société (acquéreur pour Comores Télécom). Il est indiqué que ce véhicule d’occasion (mise en circulation en janvier en  2016) a été vendu pour la coquette somme de 12 millions Kmf (24000 euros).  Un prix jugé trop élevé par rapport à ceux pratiqués sur le marché. C’est sans doute dans une pareille  circonstance qu’on peut dire qu’on a eu «  le beurre et l’argent du beurre ».

Copie de l'acte de vente

Copie de l’acte de vente

Le moins que l’on puisse dire est que le Directeur de Comores Télécom a le sens des affaires. Il sait fructifier ses propres investissements…  Mais au  delà du prix qu’aurait coûté le véhicule, ce qui heurte le plus  dans cette affaire c’est le conflit d’intérêt manifeste  que révèlent de telles pratiques. Aussi, plusieurs interrogations surgissent notamment celles de savoir si l’acquisition du véhicule par Comores Telecom était justifiée ? Et si, c’était le cas, pourquoi il n’y a pas eu d’appels d’offres ? Cette opération  a-t-elle été validée par le Conseil d’administration ? Pourquoi donc, la société a-t-il jugé bénéfique de s’acheter un véhicule d’occasion plutôt qu’une voiture neuve ?  Des questions sans réponses pour le moment. Ce qui est évident à ce stade de l’affaire c’est que le Directeur général de Comores Telecom  a fait montre d’un déconcertant mépris des bons usages. Une indélicatesse qu’on ne doit pas passer sous silence et qui doit interpeller les hautes autorités du pays. Ils auraient tort de traiter cette question par le mépris.

Il suffit de parcourir la toile pour constater le niveau de mécontentement de nos compatriotes. « Quelle honte ! », crient les uns.  « Marre de toutes ces magouilles et de ces voleurs.  Je suis en rogne », lance un internaute. « Il n’a rien d’autre qu’à démissionner », enchaîne cet autre internaute. « Sous d’autres cieux, il serait immédiatement débarqué », indique un autre. Et, on ne peut que leur donner raison. Car, ailleurs, on a vu des responsables démissionner pour moins que cela. Nous  avons,  par exemple, en mémoire  qu’en 1995 une ministre suédoise fut poussée à la démission pour avoir régler quelques courses, dont une barre chocolatée, avec sa carte de crédit de fonction.

Pour prendre la mesure du scandale de cette affaire de Comores Telecom, revenons un peu en arrière. Nous sommes au mois de juillet 2016, quelques semaines après la nomination en juin  de M. Oumara Mgomri, 57 ans, à la tête de Comores Telecom. Celui-ci entreprend une série de mesures dont le motif, indique-t-il à ce moment là, est de réduire la voilure de la société. Il s’agit précisément d’équilibrer les comptes de l’entreprise d’Etat et garantir une bonne gestion des ressources. Ainsi, 1080 jeunes agents de l’opérateur téléphonique se sont retrouvés sur le carreau. Dans la même foulée, le nouveau Directeur décide également de réduire les quotas des forfaits téléphoniques attribués aux membres du conseil d’administration de Comores Telecom et les hautes personnalités du pays. Dans une conférence de presse à Moroni, au mois de novembre dernier, il assurait ainsi avoir  ramené la « masse salariale mensuelle de la société de 800 millions à 500 millions Kmf ». Ceux qui nourrissaient alors le fol espoir que toutes ces mesures étaient prises pour permettre à la société de souffler en sont, aujourd’hui, pour leurs frais.

Au cours de cette même conférence, Oumara Mgomri, qui fut Directeur de Comores Télécom sous le premier mandat du Président Azali (1999-2006), se flattait des « acquis de croissance de 20% annuel » que la société avait enregistrés sous sa direction. Il a regretté ensuite que ses successeurs aient abaissé cette croissance. Très en verve ce jour là, le Directeur de Comores Telecom, se posant « en vrai patriote », selon ces mots, avait garanti qu’il était là pour « défendre les intérêts de la société et ceux du pays »… Avec cette nouvelle révélation on peut ajouter, tout en oubliant pas au passage de mettre du beurre dans ses épinards.

« Il faut qu’on arrête cette habitude de nommer n’importe qui à la tête de nos sociétés d’Etat pour des raisons politiques, car, il y a ceux qui sont soucieux de redresser nos sociétés et d’autres qui ne pensent qu’à les détruire », prêchait-il ce jour là. Il ne croyait pas si bien dire… La balle est maintenant dans le camp du président Azali Assoumani qui, clame-t-il, ambitionne de mettre le pays dans la voie de l’émergence économique à l’horizon 2030. Une telle ambition doit d’abord passer par un assainissement et une réforme de notre manière de gouverner. Le chef de l’Etat va-t-il trancher dans le vif et sonner la fin de la récréation en écartant le Directeur Général de Comores Télécom ? Attendons et voir….Soulignons que les pratiques comme celles du Directeur de Comores Télécom ne feront que brouiller le message du Chef de l’Etat.

Comores: Nouvelle centrale électrique/ La lumière ne doit pas faire de l’ombre à la démocratie

Par Eddine Mlipvoindro

Le président Azali Assoumani lance le nouveau centrale de Voidjou( Gde-Comore)-Source: page facebook de Beit-Salam

Le président Azali Assoumani lance le nouveau centrale de Voidjou( Gde-Comore)-Source: page facebook de Beit-Salam

Tout le pays se félicite de la promesse d’un retour à la normale dans le secteur de l’énergie. Mais il revient de si loin, qu’il perd un peu la tête. Mais applaudir sans réfléchir, refuser que l’on pose les questions restées dans l’ombre est aussi une autre manière de maintenir le peuple dans les ténèbres.

Une fois n’est pas coutume, la semaine débute sur deux bonnes nouvelles. La première est que la LUMIÈRE EST. Avec une nouvelle centrale de « 18 mégawatts », la Mamwe a non seulement retrouvé sa capacité maximale de production (14 mégawatts), mais dispose d’une réserve de 4 mégawatts supplémentaires sans compter les anciens groupes qui vont pouvoir pallier à d’éventuelles pannes. En attendant l’allumage des groupes d’Anjouan et de Mohéli, rien ne devrait plus dorénavant justifier que l’île de Ngazidja ne soit pas éclairée « 24h/24 » et 7 jours/7.  A croire les mots du chef de l’Etat ce dimanche, la Grande-Comore pour commencer, devrait rompre définitivement avec les coupures d’électricité et le régime de délestages qui a pendant deux décennies (1996-2016), privé une génération entière d’électricité, mis à terre le tissu économique et appauvri définitivement des milliers de ménages dont la seule source de revenu dépendait d’activité qui avaient besoin d’énergie.

La problématique de l’énergie dans notre pays dépasse la seule dimension des machines

Il est donc légitime qu’après ces longues années de ténèbres, le pays jubile. Mais au risque de décevoir ceux qui estiment qu’une telle réalisation n’autorise aucune réticence, aucune fausse note, il faut baliser rapidement les limites de cet enthousiasme. Parce que ce n’est pas la première fois que l’Etat a volé au secours de cette société, une véritable réflexion publique doit accompagner cette nouvelle séquence. La problématique de l’énergie dans notre pays dépasse la seule dimension des machines. Elle interroge les choix stratégiques de l’entreprise qui en a la charge, ses missions, son organisation, son mode de fonctionnement, son  statut et bien sûr les choix politiques alternatifs. Un travail d’expertise donc.

Les groupes électrogènes de la nouvelle centrale de Voidjou. Source: Beit-Salam

Les groupes électrogènes de la nouvelle centrale de Voidjou. Source: Beit-Salam

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