Le Conseiller Antoy Abdou révoqué de la Cour Constitutionnelle

Par Faïssoili Abdou

Antoy Abdou, Conseiller à la Cour Constitutionnelle

En publiant, il y a quelques semaines son livre, « La Cour Constitutionnelle, à réformer de toute d’urgence », en réalité un assemblage des rapports qu’il a eu à produire durant les six ans de son mandat à la Cour Constitutionnelle, le Conseiller Antoy Abdou, croyait faire oeuvre utile. Mal lui en a pris. Ses collègues ont décidé de l’évincé de la Haute Juridiction.

Il aurait touché au « fruit défendu » ou plutôt au « livre défendu ». En publiant, il y a quelques semaines, son livre d’une cinquantaine de pages intitulé « La Cour Constitutionnelle, à réformer de toute d’urgence », Antoy Abdou, Conseiller à la Cour Constitutionnelle depuis six ans aurait franchi le Rubicon. C’est en tout cas, ce qu’on peut comprendre à travers la décision de la Cour publié ce vendredi 5 mai à Moroni.  « Monsieur Antoy Abdou ayant méconnu ses obligations  est révoqué et perd sa qualité de Conseiller de la  Cour Constitutionnelle », lit-on dans le procès verbal établi à l’issue d’un Conseil de discipline spécialement organisé pour traiter le cas du Conseiller.  Les Sages reprochent, en effet, à Antoy Abdou d’avoir « publié un livre dont la couverture porte la photo du Conseiller revêtu d’une toge et avoir commenté des arrêts de la Cour dans ce livre incriminé » et enfin, « d’avoir reconnu que depuis 6 mois, « il n’a pas mis les pieds à la Cour ».

Pas perturbé pour un sou, le Conseiller Antoy Abdou qualifie cette décision de « ridicule ». Pour sa défense, il rappelle son habitude administrative consistant à rédiger des rapports d’activités dans l’exercice de toutes les fonctions qu’il a eu à occuper depuis son entrée à la Fonction Publique des Comores. Et, ce livre incriminé n’est, donc, pas une exception. Ce fascicule d’une cinquantaine de pages est en réalité la somme de rapports d’activités que le Conseiller à la Cour Constitutionnelle a produit dans le cadre de sa mission au sein de cette institution. Autrement dit, les sages de la Cour comme d’autres responsables politiques de l’archipel devaient avoir déjà lu ces réflexions depuis belle lurette… Lire la suite