Chronique/ Le Kikomor notre arme économique

Par Nidhoir Daoud, blogueur

Nidhoir Daoud

Connu comme un instrument de diffusion de la culture et la civilisation bantoue, le Kiswahili est devenu un instrument de soft power entre nos mains.  Une arme commerciale avec un potentiel d’accès à un marché de plus de 150 millions de consommateurs dans une dizaine de pays. Des pays en forte croissance économique comme le Rwanda, la Tanzanie, le Kenya. Le dynamisme de la région swahili qui est soutenu au sud par l’Afrique du Sud et au nord par l’Angola et le Nigéria est une opportunité pour les Comores. Je vous laisse imaginer l’impact et l’influence économique et géostratégique de cet ensemble swahili sur le continent africain et l’Océan Indien.

Le Kikomor ou Shikomori est une langue dérivée du Kiswahili parlée par entre 100 et 150 millions de locuteurs dans 10 pays d’Afrique: de la République démocratique du Congo (RDC) au Mozambique, en passant par les Grands Lacs (Rwanda, Ouganda, Burundi, Tanzanie), le Kenya et la Somalie. (source RFI.) Ces dernières années, grâce à la plateforme Youtube, nous avons découvert des clips vidéos tanzaniens, ougandais aussi ressemblants et proches de nous par le paysage, la langue voire la scénographie. Diamond Platnumz en est le parfait miroir de cette culture swahilie conquérante et puissante. Des clips professionnels où la réalisation n’a rien à envier aux productions hollywoodiennes ou à ceux de Trace TV, M6, MTV etc….Ces images racontent un espace swahili dynamique, fier et prospère. 

Nous avons par défaut ou dépit fait longtemps le choix de nous accrocher à notre ancienne métropole coloniale la France. S’en est suivi un arrimage à l’espace arabe. Or ces deux ensembles bien que nous partagions la langue, la culture et la religion ne sont pas aussi proches que nos voisins swahilis notre miroir: langue, religion, culture, histoire, structure sociale et la terre rouge riche en oxyde de fer qui rend amer notre manioc. Un reportage sur l’île de Zanzibar suffit à convaincre les plus sceptiques.

Renforcer les liens swahilis nous permettra non seulement de rendre compétitives nos entreprises mais aussi de leur ouvrir un marché de plus de 150 millions de clients. Le cap swahili nous permettrait de dépasser nos différends avec nos frères mahorais car le gâteau serait plus gros à partager. L’ouverture et la croissance économiques des pays swahili donnent plus de perspectives économiques et commerciales que Madagascar avec son marché avec faible pouvoir d’achat. Pour des raisons économiques ou par absence de vision dans le pays, les étudiants comoriens avaient massivement occupé les universités malgaches francophones. Or les universités de l’espace Swahili sont beaucoup plus performantes, mieux classées dans le classement de Shanghai, ouvertes et intégrées à la mondialisation du fait qu’elles soient anglophones, arabophones voire swahilophones. Le Kikomor ne serait pas uniquement lié à des histoires de sultans batailleurs ou au contentieux territorial entre la France et l’Union des Comores. Il permettrait à nos entreprises à l’image d’Int’Air îles d’oser conquérir ce marché swahili.  L’appartenance des Comores à la fois dans l’Union Européenne par Mayotte et la ligue arabe par l’Union des Comores sont des atouts pour attirer des sièges sociaux et banques commerciales qui souhaiteront disposer d’un passeport arabe, européen, swahili.

 

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