Promotion du genre/Interview-Hadjira Oumouri : « L’Émergence est l’affaire de tout le monde et donc la femme doit aussi apporter sa pierre à l’édifice »  

La Députée Hadjira Oumouri, ici, dans l’hémicycle

Sa loi sur la promotion du genre aurait pu faire son baptême de feu lors du remaniement du gouvernement Azali, le 17 juillet dernier. Dommage, le texte adopté le 22 juin dernier n’est pas encore promulgué par le Président de la République. Conséquence, on se retrouve avec une seule représentante du sexe dite faible dans la nouvelle équipe, là où la proposition de loi exige 30% de l’effectif total. Cette semaine la députée Hadjira Oumouri a accepté de répondre aux questions de Comores Essentiel par à la Loi sur la promotion du genre qu’elle a initiée et faite adopter par le Parlement. Interview…

Vous êtes à l’initiative d’une loi adoptée  par le Parlement le 22 juin dernier  qui inscrit, pour la première fois, comme « obligation » la promotion du genre dans l’accès aux fonctions nominatives et électives. Pourquoi, il a fallu que cela soit écrit sur du papier?

HO: Partout dans le monde il existe des lois qui favorisent l’égalité entre hommes et femmes. Dans notre pays, cela  a  été pris en considération dans la Constitution. Mon rôle de  parlementaire est de mettre en place un outil  pour intégrer la dimension du genre. Cette loi  doit permettre de réveiller, redynamiser et motiver les femmes à adhérer et à militer dans les partis politiques.

Comment se présente, aujourd’hui, la situation générale des femmes dans ces fonctions visées par votre loi?

Actuellement  la situation générale des femmes par rapport aux fonctions nominatives  et  électives est précaire. On est en régression totale. Il y a plus de quinze ans une femme a été élue député. Jusqu’à aujourd’hui, la situation reste toujours la même, voire même catastrophique  et on s’interroge combien y a-t-il des femmes élues ? Des ministres nommées ? Des Commissaires nommés dans les exécutifs des îles autonomes ? Des femmes occupant des postes de directions ?

La première étape, c’est-à-dire l’adoption du texte étant franchie, qu’est ce qu’il vous reste à faire pour que votre vœu soit effective ?

Beaucoup reste à faire ; tout d’abord  la promulgation de la loi, ensuite la vulgarisation de cette loi. C’est pour cela que je m’engage personnellement  à faire ce travail de proximité auprès des femmes  pour les conscientiser et les inciter à s’impliquer massivement dans cette initiative politique. A cet effet, je compte beaucoup sur les  groupements des femmes tels que  la Plateforme des Femmes  Politiques, le Réseau Femmes et Développement (RFD), les Associations Féminines villageoises etc…pour cette bonne cause.

Êtes-vous confiante quant à la promulgation et l’application réelle de cette loi ?

Je suis très optimiste. L’Émergence est l’affaire de tout le monde et donc la femme doit aussi apporter sa pierre pour édifier l’émergence de notre pays. C’est pourquoi je suis très  confiante quant à la promulgation  et à l’application de cette loi.

Certains prétendent que les femmes comoriennes ne s’investissent pas beaucoup dans la politique. Et que la structure de notre société tend plutôt à placer la femme en arrière plan. Est-ce aussi votre lecture ?

C’est une réalité, il ne faut pas se voiler la face.  Certes, la femme comorienne ne s’implique pas beaucoup dans la vie politique. Mais il faut se poser la question de savoir  pourquoi.  Moi, je sais que ni la religion, ni la culture n’interdisent la femme de faire la politique. Je pense plutôt que c’est une question d’habitude et de volonté. Eh Oui, souvent on dit que « ton habitude devient ton caractère et ta destination ».

Vous êtes combien de femmes à l’Assemblée ? Comment  ça se passe avec vos collègues homme, vous avez entièrement votre place dans les différentes commissions?

Actuellement, on est trois femmes à l’Assemblée Nationale de l’Union des Comores : Une titulaire, une suppléante et une conseillère de l’île Autonome de Ngazidja  votée par ses paires pour y siéger pendant un an.

En effet, dans la vie il faut se battre pour avoir sa place et ce n’est pas parce que je suis une  femme qu’on doit avoir pitié de moi. J’ai beaucoup travaillé, bataillé et escaladé des montages pour être élue. La vie politique est un combat de tous les jours, c’est ainsi que j’ai  ma place à l’Assemblée Nationale de mon pays et puis d’être élue Présidente de la Commission de Production et de l’Equipement par les membres de cette même commission. Et je le mérite.

Propos recueillis par Faïssoili Abdou

 

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