Développement communautaire/Liquidation du FADC, suite et fin ?

Par Faïssoili Abdou

Mme Dhikamal Doulfat,Directrice Exécutif National du FADC

Exit le Fond d’appui au développement communautaire (Fadc), place maintenant à l’Agence nationale  de conception et d’exécution des projets (ANACEP), la dernière trouvaille de Beit-Salam. L’acte qui s’apparente à une dernière étape dans l’enterrement amorcé  par les autorités de Moroni a été posé vendredi 21 juillet dernier par la passation de service entre la Directrice Exécutif National du FADC, Mme  Dhikamal Doulfat et Nourdine Moeva, le Directeur Général de l’ANACEP dans les locaux du Fadc à Hamramba. On attend maintenant la réaction de la Banque mondiale qui s’était opposé à la liquidation du FADC dans une lettre adressée au ministre des Finances et du Budget au mois d’avril dernier…

Cette passation a été faite suite à « la demande pressante du Secrétaire Général du Gouvernement », indique le communiqué de presse publié pour la circonstance précisant que « la passation technique » sera faite ultérieurement.  L’urgence pour les autorités était, visiblement, que l’ANACEP trouve très rapidement un toit. Et qu’il qu’ils se débarrassent vite de la directrice du FADC. Dans une lettre adressée le 03 juillet dernière à la Directrice du FADC, le secrétaire général du gouvernement (SGG) s’était montré très insistant, en demandant que cette passation se fasse dans « les meilleurs délais possibles ».

En effet, dans son article 19, le  décret N°17-29/PR du Président  de la République en date du  18 mars 2017 portant création de cette agence placée sous l’autorité du SGG et la tutelle financière du ministère des finances et du budget, il est  précisé que celle-ci  a repris «  dans ses missions, celles qui étaient dévolues au Fond d’Appui pour le Développement communautaire (FADC) » et met ainsi « fin aux missions du Fadc ».  Il s’agit d’un « excès de pouvoir », fait remarquer un observateur. « Un décret ne peut pas mettre fin à des  dispositions prise par une ordonnance qui est une loi », précise-t-il rappelant que le FADC a été crée en 1993 par l’Ordonnance n°93-001/PR. En attendant que les spécialistes du droit s’expriment sur ce sujet les autorités comoriennes continuent tranquillement leur bonhomme de chemin.

En effet, près de quatre mois après le décret du 18 mars , un deuxième décret présidentiel ( N°17-077/PR),en date du 10 juillet dernier vient le compléter en énonçant  que « l’ensemble des biens, droits, obligations, contrats, conventions, accords et autorisations de toute nature du Fond d’appui pour le développement communautaire (FADC) en Union des Comores et hors de l’Union des Comores sont de plein droit et sans formalités ceux de l’Agence nationale pour la conception et l’exécution des projets (Anacep) ».  Un dernier coup de massue à cet organisme qui jouit d’une autonomie administrative et financière et qui a jusqu’ici  fait preuve d’efficacité dans l’exécution des projets  de développement communautaire depuis 24 ans déjà. Rappelons que le  FADC bénéficie de la confiance pleine et entière des institutions internationales comme la Banque mondiale. Les projets exécutés  par cet organisme ont été « considérés comme l’un des plus performants aux Comores et ont été régulièrement classés comme « satisfaisants » grâce à l’expérience, la prudence et la transparence de la mise en œuvre par le FADC », précisait Coralie Gevers,  la Représentante pays pour les Comores de la Banque mondiale dans une lettre adressée au Ministre des finances et du Budget, le 25 avril 2017.

Dans ce courrier, la Banque mondiale manifestait en termes diplomatiques son opposition à cette initiative du gouvernement comorien. Rappelant qu’un programme filets sociaux de sécurité  confié au FADC était engagé pour une durée de trois ans avec les communautés les plus pauvres, la missive de la représentante de la Banque mondiale invitait « les parties prenantes à faire attention à tout facteur qui pourrait faire obstacle à la bonne exécution du projet ». Un projet qui devait démarrer  en 2017 jusqu’en 2019 mais qui est aujourd’hui tombé à l’eau.

En conclusion du communiqué de presse publié le vendredi dernier à Moroni  à l’issue de la passation de service entre la responsable du Fadc et celui de l’Anacep, on peut lire ceci « ce n’est pas vers la Banque Mondiale ni vers les autorités qui ont mis fin au FADC que va se tourner la colère des communautés bénéficiaires si les espoirs suscités par le projet PFSS et la préparation du projet de promotion de l’emploi   ne sont pas réalisés. C’est vers le  FADC que la communauté va demander des explications. Il est donc important pour nous tous de doubler les efforts pour continuer nos activités jusqu’à ce qu’on nous demande d’arrêter ». Ambiance…

 

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