Vie de parti/ Le président du Radhi quitte le bateau avec perte et fracas

Par Faïssoili Abdou

Ici,Abidhar Abdallah (au milieu) entouré des ténors du Radhi dont Houmed Msaidie, Sg du parti (photo prise par un membre du parti)

Alors qu’on croyait que  la brouille au sein du Radhi  était aplanie avec la récente réconciliation entre les deux tendances qui s’écharpaient ces derniers mois, voilà que le président de cette formation politique crée en 2014 a décidé soudainement, ce mercredi,  de claquer la porte. Une défection  qui intervient à quelques jours seulement du Congrès  du parti qui doit se tenir avant la fin de ce mois de mai.

« J’ai décidé de vous présenter par la présente ma démission à la fois de la présidence et de membre du parti ». C’est ainsi qu’Abidhar Abdallah, président du Radhi depuis sa création, a conclu sa lettre de démission, datée du 16 mai, qu’il a adressé au secrétaire général du parti. « Il s’est passé ces derniers mois beaucoup de choses au sein du parti Radhi : divergences sur la position à adopter face au pouvoir en place, tentative de rapprochement avec le parti du chef de l’Etat, divisons internes, tentatives de réconciliation entre les tendances, fusion inavouée avec le Gnec rénové », a-t-il commencé à inventorier avant de se plaindre d’avoir « été toujours écarté sans aucune raison valable » de toutes ces initiatives. Une version dont Houmed Msaidie, secrétaire général du parti, interrogé par Comoressentiel, n’approuve pas. « Comment Radhi aurait pu ignorer la stature de son président ? En tout cas, je faisais part de tout au président pour toutes les questions politiques et il était toujours partie à la décision », a assuré cet ancien ministre.

Et pourtant, Abidhar Abdallah, reproche à ses amis à la fois de l’avoir ignoré de toutes ces initiatives du parti, alors qu’en qualité de président « il avait la légitimité d’agir en son nom », mais également d’avoir fait la sourde oreille à toutes ses tentatives de remettre tous ces sujets brûlants sur la table en vue de trouver un terrain d’entente. « J’ai tenté à maintes reprises de remettre notre formation politique sur le chemin pour que nous continuions à défendre ensemble des valeurs, des convictions et un engagement. J’ai passé des mois à Moroni, essayant de créer les conditions de rassemblement sincère autour de nous et d’un climat serein pour que nous puissions porter la voix du peuple devant un régime tant décrié. Hélas, les passions, les ambitions des uns et des autres, les tentations et la peur d’affronter la réalité de  notre pays ont conduit ma démarche à l’échec », a déploré cet ancien Conseiller de l’île de Ndzouani et député à l’Assemblée de l’Union. « Ainsi, ma foi dans l’éthique et la morale politique, mon envie de porter une vision nouvelle de notre pays et mon devoir de sincérité envers le peuple comorien m’obligent à prendre mes responsabilités dans ces circonstances », conclura-t-il, enfin.

« Les motifs invoqués me semblent tirer par les cheveux. En effet, on organise notre premier congrès la semaine prochaine, donc, le lieu où toutes ces  questions peuvent être débattues et tranchées démocratiquement », a répliqué Houmed Msaidie. Et si, le récent rapprochement/fusion entre le parti de l’ancien ministre Msaidie et le GNEC Renové de Salim Allaoui Djaanfar, catalogué pro-Mohamed Bacar (l’ancien président décrié de l’île de Ndzouani) était la goutte d’eau qui a fait déborder le vase de la patience de ce désormais ex- président du Radhi ? A cette question la réponse du secrétaire général du parti fuse : « Radhi combat la discrimination sous toutes ses formes », a-t-il lancé. Et lui d’enchaîner : « en février 2001, il y a eu la réconciliation nationale consacrée par la constitution de décembre de la même année, toujours en vigueur d’ailleurs. Je n’ai jamais su qu’il y avait une décision de la justice comorienne et encore moins de la Cour pénale internationale qui proscrit une  partie de la population  comorienne ». Alors, on fait abstraction de toutes ces exactions qui auraient été commises entre 2007-2008 et même avant,  sur l’île de Ndzouani? « On ne fait abstraction de quoi que ce soit, mais je me demande si le gouvernement avait saisi la justice et que celle-ci s’est prononcée contre telle ou telle personne », répond l’ancien ministre.

Le parti Radhi à Ndzouani c’est…

« 403 membres adhérant, aucun élu car il n’y avait que deux candidats aux  dernières élections législatives et des conseillers insulaires. Nos leaders n’avaient pas voulu investir… Contrairement à Ngazidja où les gens gonflaient toujours nos rangs sans adhérer…et enfin toutes les structures ont été mises en place notamment la section du conseil national, le conseil fédéral, les secrétariats régionaux et communaux, ce qui n’était pas le cas à Ngazidja où il y a toute la crème du parti », énumère Abidhar Abdallah.

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