Nation/ Le Président de l’Assemblée favorable à une révision de la Constitution…

Par Faïssoili Abdou

Abdou Ousseni, Président de l’Assemblée de l’Union des Comores

La révision Constitutionnelle, la fermeture de Labaraka Fm et le déguerpissement des marchands ambulants dans les rues de Moroni sont, entre autres, les points évoqués par le président de l’Assemblée dans son discours d’ouverture de la session parlementaire…

Une révision Constitutionnelle en vue? Le discours prononcé ce vendredi 7 avril par le président de l’Assemblée de l’Union à l’occasion de l’ouverture de la première session parlementaire 2017, semble avoir été noyé dans les flots du tapage provoqué par l’altercation entre élus qui s’est déroulé dans l’hémicycle. Et pourtant, certains points de cette allocution mériteraient qu’on s’y attarde. Parmi celles-ci, on relèvera, l’éventualité d’une révision Constitutionnelle évoquée par le président de cette représentation nationale. Après avoir signalé les «relations conflictuelles » qui prévalent à Ngazidja et Ndzouani, entre les exécutifs des îles et les élus locaux, Abdou Ousseni a émis le souhait d’une révision de la loi fondamentale adoptée en 2001 et révisée en 2009. «Aujourd’hui, force est de constater que le comportement de défiance de la part de certaines autorités élues aux niveaux des îles autonomes m’amène en ma qualité de première législateur à partager avec vous cette démarche visant à libérer la réflexion », a-t-il justifié soulignant que ce sujet n’est pas « tabou ». La question est de savoir si le problème réside réellement sur les textes établis ou dans leur non application par les autorités compétentes.  Ceux-là, même qui devaient donner l’exemple.. « Si la Constitution comorienne a fait preuve de solidité pour avoir contribué à nous épargner des tentatives récurrentes de déstabilisation, son examen devrait permettre de tirer les leçons de 16 ans d’alternance démocratique », a martelé le Président de l’Assemblée, relevant au passage qu’« il s’avère que l’opinion reste très sensible dès que l’on envisage la révision de la Constitution dans les limites fixées par celle-ci ».

Présenté comme « un avis personnel » qui n’engage que la personne du président de l’Assemblée, ce souhait rejoint, pourtant, une intention évoquée depuis quelques mois déjà par le chef de l’Etat Azali Assoumani. En effet, dans un entretien accordé à Jeune Afrique le mois d’octobre 2016, le président Azali justifiait son ambition de retour à la Présidence de la République par le désir de « pérenniser et stabiliser »  le système politique institué depuis 2001. « Je me sens garant du système d’élections tournantes [un mandat de quatre ans pour chacune des trois îles, à tour de rôle] que nous avons mis en place en 2001. J’ai pensé qu’il était de mon devoir de le perfectionner pour pérenniser la stabilité politique du pays. Je ne voulais pas me sentir responsable des faiblesses que nous avions pu constater lors du dernier scrutin », avait-il confié.

Il semblerait également que cette question figurait parmi les sujets évoqués lors des rencontres entre Azali et certains leaders de l’opposition reçus ces derniers mois à Beit-Salam. Il reste à savoir les points de la Constitution que les autorités souhaitent voir évoluer.  Et peut-être nous avons un élément de réponse à travers cette phrase de l’intervention du président de l’Assemblée. « L’approfondissement du processus d’alternance démocratique par le principe de la présidence tournante permettrait aussi d’apporter des réponses concrètes et circonstanciées aux problèmes rencontrés dans son application.». En clair, si la révision Constitutionnelle devait intervenir dans l’avenir, l’article sur la tournante serait parmi les points qui seront touchés. Dans quel sens ? Attendons et voir…

Dans son allocution, le président de l’Assemblée est revenu sur des sujets qui ont soulevés la controverse ces derniers mois. Il s’agit notamment de la fermeture de la station de radio privée Labaraka Fm et l’interdiction de vente frappant les marchands ambulants exerçant sur les trottoirs et abords des marchés de la capitale. « de sujets potentiellement explosifs »,a-t-il souligné, parlant « l’affaire d’une station de radio fermée par décision d’une autorité administrative qui a décidé d’ignorer les décisions rendues par la Justice et la loi N°10-009/AU du 29 juin 2010 portant Code de l’Information et de la Communication.(…) Il y aussi la situation des personnes qui opèrent dans le secteur informel de l’Economie. Des familles entières vivent de leur travail dans le secteur informel. A leur manière, elles participent à la lutte contre l’oisiveté et le chômage. Il faudrait donc pouvoir concilier la nécessité qu’il y a, à lutter contre le désordre dans nos grandes villes, notamment à Moroni, la capitale, avec la nécessaire solidarité envers ces populations confrontées à l’incertitude du lendemain », a-t-il soulevé. Une critique en creux de l’action du ministère de l’intérieur qui, comme on l’a constaté, était au premier plan dans la gestion de ces sujets.

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