Affaire Makcom/Ahmed Keldi :«Cette affaire n’est pas personnelle, elle concerne tout le monde. Ce qui se passe est très grave»

Par Faïssoili Abdou

Ahmed Keldi, gérant de Makcom

Un nouveau rebondissement dans le feuilleton judiciaire qui oppose, depuis des années déjà, les associés de Makcom à savoir Ahmed Keldi et Mme Sitti Djaouharia épouse Chihabiddine. Ce lundi 3 Avril, la Cour d’appel de Moroni a infirmé l’ordonnance numéro 21 du 14 février 2017 relatif à la mise en exécution de l’arrêt 201/2016 de la Cour Commune de Justice et d’Arbitrage (CCJA) de l’Ohada prononçant la dissolution de cette société spécialisée dans l’achat et revente de logiciels et matériels informatiques. Retour à la case départ…

Cet arrêt Ahmed Keldi l’a toujours remis en cause. Il affirme que la sentence  de cette juridiction basée à Abidjan en Côte d’ivoire est « à la fois arbitraire et illégale ». « Aucune procédure ni loi n’a été respecté et c’est là que tout devient suspect », dénonce-t-il vigoureusement. « L’article 46 de CCJA dit que l’arrêt doit être authentifié par l’organe national avant exécution et l’article 505 de la procédure civile aux Comores dit que tout arrêt doit comporter la formule exécutoire », explique encore Ahmed Keldi à propos de l’arrêt de cette instance de l’organisation pour l’harmonisation en Afrique du droits des affaires (Ohada).  Une règle qui, selon lui, aurait été bafoué par la partie adverse. « Une copie de cet arrêt à été remis à l’huissier qui est venu me notifier au lieu que ça passe par le parquet… En plus,  le juge des référés dresse une ordonnance toujours sur la base de cette copie et ordonne la fermeture ainsi que la saisie des comptes de Makcom. Or, ça devrait être le juge des exécutions et non celui des référés », tonne Ahmed Keldi. Il embraye : « Grâce à des pièces falsifiées,  on ferme ma société et confisque le compte bancaire de celle-ci. L’arbitraire devient justice et la victime, accusé voire même acculé. Cette affaire MAKCOM n’est pas personnelle mais au contraire, concerne de loin comme de près tout le monde. Ce qui se passe est très grave ».

Cet arrêt de la  CCJA intervient à la suite d’un long bras de fer judiciaire qui oppose les deux associés de Makcom dans les prétoires de Moroni depuis 2011. La CCJA a été saisie à l’initiative de Mme Sitti Djaouharia « sans passer par la 1ere cour de cassation à savoir notre  Cour suprême », remarque Ahmed Keldi. Et lui de s’interroger : « comment cette affaire a pu parvenir à la CCJA sans que cette Cour n’ait pu obtenir l’ensemble du dossier Makcom ?  Comment expliquer qu’aucune trace de transfert ni de demande dossier n’existe entre la Côte d’ivoire et les Comores ?  Sauf si ceci a pu se passer à mon insu et là, le gouvernement comorien doit obtenir des explications… »

La brouille entre les deux associés, remonte en 2011. En effet, cette année là, après avoir découvert des anomalies dans la gestion de la société et après plusieurs tentatives vaines de s’expliquer avec son associée, Ahmed Keldi décide de porter  l’affaire devant le tribunal. A ce moment là, les faits portés aux juges sont explosifs. Ils décrivent en creux le flou qui entoure la gestion de cette société. « Pas de bilans,  des détournements,  abus de tous genres,  faux et usage de faux,  deux comptes bancaires ouvertes à mon insu… Des dégâts incroyables », détaille Ahmed Keldi relevant également «  plusieurs millions de francs » qui se seraient évaporés et ne laisseraient aucune trace.

Evidemment, le 30 avril 2012, « la justice de Moroni rend un jugement numéro 30/12 me donnant raison. Mon  associée est  déchue de sa fonction de gérante. Elle est reconnue responsable de malversations et détournements de 59 544 192 Kmf  qui manquent à la caisse, … Elle est reconnue responsable de la faute de gestion car n’a jamais établie le moindre bilan de 2007 à 2010 et ce au mépris de la législation comorienne (d’après jugement», poursuit Ahmed Keldi s’étonnant que des faits  aussi graves n’aient pas conduit les magistrats à  inquiéter son associée. « A noter que la loi comorienne est similaire à celle de la France à savoir : sans bilan,  la responsabilité pénale est engagée et automatiquement c’est de la prison plus des amendes… Alors pourquoi on la laisse libre ? », s’interroge notre interlocuteur. Il soutient « je porte plainte au pénal en me constituant partie civile en mai 2013 pour ces faits et la preuve des 45 pièces qu’elle a falsifiée… Et en novembre 2014, le juge d’instruction rend un non lieu sans jamais mener une enquête et encore moins organiser la moindre confrontation avec tous les témoins cités dans le dossier… En tant que partie civile,  jamais j’ai été entendu… Pourquoi ?  Je l’ignore ». De là à suspecter des accointances entre certains juges et son associée, il n’y a qu’un pas qu’Ahmed Keldi refuse de franchir pour le moment…

Depuis, cet ancien de la diaspora qui a jusque là vécu en France où il a toujours évolué dans le milieu des nouvelles technologies se démène à Moroni pour faire valoir ses droits.   Depuis, la publication de l’arrêt du CCJA, il a entamé une nouvelle offensive pour réclamer justice. Il promet d’« aller jusqu’au bout » pour faire valoir ses droits. « Ma détermination doit servir au plus grand nombre surtout ceux qui viennent de France ou ailleurs et qui ont l’amour de leur pays. Il est inadmissible voir intolérable de torpiller celles et ceux qui apportent un plus au pays », répète-t-il…

 

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