Projet immobilier/Advis Dijoux : « Nous avons encore des étapes à franchir et nous espérons que l’Etat et les Comoriens nous ferons confiance dans nos stratégies d’affaires ».

HAMADI Nassur et JEAN ADVIS Dijoux, co-gérants de Horizon Immobilier

HAMADI Nassur et JEAN ADVIS Dijoux, co-gérants de Horizon Immobilier

Trois ans après son lancement à Moroni, le projet Hamboda initié par Horizon Immobilier a procédé dernièrement à la livraison d’une dizaine de villas à ses clients. Un deuxième lot de ces résidences  flambant neuves devrait-être livré très prochainement. En attendant l’inauguration officielle de ce magnifique complexe résidentiel unique dans l’archipel des Comores, Advis Dijoux, promoteur immobilier et Président du Group Dijoux fait le point  avec Comoressentiel sur  cette première phase  du projet et évoque les perspectives d’avenir de son entreprise. Interview

Pour commencer, pouvez-vous nous présentez brièvement votre entreprise ?

Bien entendu. Donc, j’ai créé une société de droit comorienne en 2002 dénommée la Société Economique de Développement de l’Archipel des Comores « S.E.D.A.CO ». Cette entité avait plusieurs actionnaires étrangers et nous l’avons créée d’une part, pour répondre à un appel d’offre international et d’autre part, pour investir et partager notre savoir-faire aux Comores. Pour diverses raisons, le marché ne s’est  pas exécuté et en quelques-mois mes associés ont préféré se retirer de la société et des Comores d’une manière générale.

Quant à moi, je suis resté et j’ai mis fin à mes activités à la Réunion en 2004 où notamment, nous étions à l’époque en plein épisode judiciaire pour nous faire payer nos prestations/réalisations avec les bailleurs sociaux puisque pendant les 11 dernières années à la Réunion, nous étions spécialisées dans le logement social avec une moyenne de 500 logements par an. Alors pour revenir, à S.E.D.A.CO, nous intervenons dans tous les secteurs du bâtiment, génie civil, VRD, concassage, réalisation de terrain foot, etc…Nous soufflons cette année nos 16 ans de présence aux Comores ; à notre actif grands nombres d’opérations, de consultations, de réalisations et définitivement d’aventures humaines. Depuis 2013, nous avons pris un gros risque en consacrant quasiment tous nos activités sur le projet HAMBODA, qui d’ailleurs, occupait partiellement nos équipes depuis 2003 puisque nous avons dû procéder aux études, créer l’urbanisme …

Enfin, 2016 représente pour notre société et pour moi une phase importante puisque nous avons voulu marquer notre renouvellement et notre attachement aux Comores.

Ces étapes sont marquées par la création d’une entité dénommée DIJOUX Group qui a pour objet l’investissement, la diversification et la spécialisation dans des domaines liés principalement au bâtiment et au génie civil. Ainsi, nous allons prochainement reprendre l’intégralité de nos activités et proposer une palette de service basé sur notre savoir-faire mais aussi sur les transferts de compétences issues de nos différents réseaux professionnels.

Votre entreprise compte combien d’employés ?

Une de notre fierté a été de pouvoir employer plus de 200 personnes sur HAMBODA. Toutefois, la conjoncture, l’environnement et le manque de volonté politique à l’époque, nous a conduit malheureusement à réduire nos effectifs au nombre de 50 personnes. Néanmoins, nous avons réussi à maintenir un ratio de 98% de masse salariale comorienne et de 2% de masse salariale étrangère. Enfin, nous espérons à terme pouvoir réemployer entre 200 à 400 emplois directs dans nos activités et pouvoir donner une place plus significative à la Femme dans nos sociétés.

Trois ans après le lancement de votre projet, vous avez procédé à la livraison de premières résidences du projet HAMBODA. Pouvez-vous nous dresser un bref bilan de cette première phase ?

Exercice complexe sachant que HAMBODA a fait couler tellement d’encre et attire tellement de convoitise. Je tacherais de vous répondre en quatre points.

1er point : Informer à vos lecteurs, nos clients, ami(e)s, partenaires que nous avons déjà réceptionnés des villas au mois de décembre dernier et que dix prochaines livraisons devraient intervenir avant la fin du premier trimestre 2017.

Et que la première phase devrait être complétée au 3ème trimestre 2017.

2nd point : En terme financier, nous pouvons dire que la promotion immobilière demande des moyens, des connaissances et de la volonté dans l’investissement aux Comores.

Et le constat est amère, nous avons des banques aux Comores qui ne financent  pas l’investissement et la production. Elles préfèrent financer le commerce traditionnel, les prêts sur gages et autres…au détriment du développement du pays. Voyez-vous, ce point a mis le projet et mettra en danger tout type de projet similaire en Union des Comores.

3ème point : Néanmoins, la faute ne revient pas seulement aux banques qui, elles occupent une petite partie de la problématique.

Un tel projet aux Comores ou ailleurs, requiert un réel accompagnement des pouvoirs publics.

Hormis notre inscription au Conseil des ministres en 2013, en tant que projet national Habitat aux Comores, nous avons ressenti une absence totale de l’Etat dans l’accompagnement du projet et cela jusqu’à la fin du mandat de l’ancien Président.

4ème point : Je vais clore ce petit bilan sur une note positive et aborder le facteur Humain.

Notre société, moi-même et mes proches, avons subi toutes sortes d’accusations, de complots, de méchanceté, de campagne de dénigrements et j’en passe…

Nous espérons que cette période est passée mais pendant ces moments extrêmement difficiles, nous sommes heureux de pouvoir retirer plusieurs belles leçons de vie. Nous avons découvert des personnes de grand cœur, des patriotes qui comme nous croient en ce projet et au développement des Comores. Et enfin, au sein de la société, nous avons pu renforcer nos liens avec nos employés et nous avons,  je pense créer une culture d’entreprise qui, certes est encore brute, mais qui ne demande qu’à être affinée. Le résultat de ce bilan, nous nous en sortons grandi et encore plus déterminé.

Une vue du complexe résidentiel Hamboda

Une vue du complexe résidentiel Hamboda

Quel est le type de personnes auxquelles vous permettez d’accéder à la propriété ?

La première phase d’HAMBODA vise une clientèle de classe moyenne.

En effet, les trente premières villas ont été vendue à partir de 26 800 000 FC soit 54 472 euros (terrain 270 m² dont une maison de type duplex de 152 m² brut). Mais au-delà d’accéder à la propriété, HAMBODA représente un réel investissement dans un complexe de 13,5 ha. La preuve, aujourd’hui, nous avons la naissance d’une nouvelle demande sur de la construction d’immobilier de luxe ; et cette demande, provient de nos compatriotes mais aussi d’étrangers ayant de fort revenus. N’oublions pas que nos voisins ont créé leur développement grâce à l’investissement des étrangers et de leur diaspora dans l’économie de leur pays. Rappelons tout de même que l’immobilier est un pilier majeur du développement d’un pays.

Aujourd’hui, quelle est la situation de votre entreprise?

Il s’agit d’une bonne question et qui mérite une réponse claire. En 2015, nous avons dû procéder à une restructuration qui, celle-ci, se poursuit et à donner naissance à DIJOUX Group. Nous avons en novembre dernier mis fin à notre partenariat avec la SNPSF par rapport à la suite des opérations sur HAMBODA et nous pouvons affirmer que notre situation est stable. Petit à petit, nous retrouvons les commandes de notre société et nous pouvons maintenant envisager la reprise progressive de l’ensemble de nos activités. Bien entendu, nous avons encore des étapes à franchir et nous espérons que l’Etat et les Comoriens nous ferons confiance dans nos stratégies d’affaires.

Quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées pour votre installation aux Comores ?

En ce qui concerne notre installation en 2002, je peux dire qu’elle s’est bien déroulée dans son ensemble, je n’ai pas souvenir d’incident ; bien au contraire, le pouvoir central de l’époque croyait beaucoup sur l’investissement étranger de proximité et les coopérations régionales. Actuellement, nous finalisons nos démarches d’investissements, nos stratégies d’affaires, nos partenariats extérieurs et nous verrons comment se déroule l’implantation de cette nouvelle entité. Nous souhaitons que cela se passe bien, aux Comores nous bénéficions du  code des investisseurs le plus attractif de la zone pour reprendre les termes des conseillers de l’ANPI.  Donc inch’Allah.

Quelles sont les perspectives de développement de votre société dans sa deuxième phase ?

De manière générale, nous avons la chance de bénéficier d’une bonne image et d’être reconnu pour notre savoir-faire. Notre deuxième phase de développement va consister à renforcer nos capacités et à proposer aux Comoriens et Comoriennes tout un panel de service autour de l’habitat et du bâtiment de manière générale. Nous avons été consultés aussi par des pays africains pour participer à l’élaboration de grandes opérations de développement en matière d’habitats, d’infrastructures et d’aménagements urbains. Par conséquent, nous allons développer un département de consulting, maîtrise d’œuvre pour accompagner toutes personnes physiques ou morales dans leur étude et dans leur chantier. In fine, nous déclinerons ses nouvelles prestations aux bailleurs, aux Etats et aux institutions locales et internationales.

Selon vous, quelles sont, aujourd’hui, les principales caractéristiques du secteur économique dans l’archipel ?

J’aurais tendance à vous dire qu’aux Comores tous les secteurs présentent un besoin et que ces secteurs sont tous prioritaires. Cependant, l’Etat doit créer les conditions pour que les investisseurs puissent s’y retrouver. D’ailleurs, je félicite le gouvernement et le chef de l’Etat pour la concrétisation de sa politique énergétique et les différents secteurs auront besoin de ce type d’initiative pour attirer des vrais investisseurs.

Hormis Moroni, y-a-t-il d’autres villes de l’archipel sur lesquelles vous aimerez travailler ?

Nous travaillons déjà sur l’ensemble des Comores et de la zone en général, nous avons fait des opérations dans les diverses îles de la lune, à Madagascar et la Réunion. Actuellement, nous travaillons forcément plus sur Moroni car HAMBODA est de tout même un grand chantier d’avenir mais très rapidement nous allons devoir nous déployer sur l’ensemble des îles.

Quelles seront les stratégies de votre société pour renforcer sa présence dans le secteur immobilier ?

Le secteur immobilier et plus particulièrement l’Habitat, représente pour nous un des secteurs clés de notre développement dans les années qui viennent. Une des premières stratégies que nous avons souhaité mettre en œuvre est le renforcement du climat des affaires entre nous et nos clients. Pour ce faire et après deux ans procédure, nous avons réussi à obtenir une assurance internationale pour garantir les clients qui souhaitent acquérir un bien au sein d’HAMBODA et à terme, nous aurons la possibilité de proposer ce service à notre clientèle hors HAMBODA. La deuxième stratégie qui celle-ci relève aussi de la politique, est de consolider davantage le secteur public au secteur privé. Nous y voyons obligatoirement une implication des communes et une participation de l’Etat central. Notre troisième axe est basé sur la matérialisation des accords de principe que nous avons obtenu avec un certain nombre de bailleurs internationaux. Et enfin, notre dernier axe est de rapprocher et de faire participer les autorités comoriennes avec des partenaires de choix en Afrique qui sont spécialisés dans l’Habitat.

Propos recueillis par Faïssoili Abdou

Présentations des promoteurs

HAMBODA est né d’une amitié entre deux professionnels du bâtiment.

D’une part, Monsieur HAMADI Nassur natif d’IKONI qui a fait un parcours professionnel en France en tant que topographe et aménageur urbain.

Et d’autre part, Monsieur DIJOUX Jean-Advis, d’origine réunionnaise, qui celui-ci est spécialisé dans les domaines de la construction et génie civil depuis plus 30 ans.

Hamboda en  5 dates

2003 :  Visite de site et début des formalités d’acquisition

2012 : Obtention du titre foncier

2013 : Obtention des diverses autorisations et début des travaux

  • Adoption au conseil des ministres, inscrivant HAMBODA comme projet d’intérêt national,
  • Implication de la S.N.P.S.F dans l’accompagnement financier du projet

2016 : Restructuration

  • Signature d’un protocole d’accord à l’amiable mettant fin à l’accompagnement financier de la S.N.P.S.F,
  • Pré-réception des premières unités.

2017 : Livraison de la zone 1 du projet

 

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