Mayotte/ Suspendu de son parti pour avoir rencontré Azali

Par Faïssoili Abdou

Mnemoi Midladji et le Président Azali lors de leur rencontre à Moroni

Mnemoi Midladji et le Président Azali lors de leur rencontre à Moroni

Dans certains cercles politiques à  Mayotte, cette île comorienne sous administration française, afficher une quelconque sympathie avec une autorité comorienne peut vous coûter cher. Mnemoi Midladji, le jeune secrétaire général du Mouvement pour le développement de Mayotte (Mdm) l’a appris à ses dépens. Il a été suspendu de son poste de secrétaire général de ce parti départementaliste pour, en autres, avoir rencontré le chef de l’Etat comorien et tenu publiquement des propos bienveillants à son égard…

Recalé, le 22 janvier dernier, lors des investitures au sein de son parti pour les candidatures aux élections sénatoriales de 2017, ce jeune chef d’entreprise a été, quelques jours plus tard, mis au ban par les dirigeants de sa formation politique. « Le comité directeur du Mdm s’est réuni lundi pour prononcer la suspension de son secrétaire général, jusqu’à nouvelle ordre », a déclaré Aynoudine Salime, président du Mdm, au journal de Kwezi Tv du mercredi 1 février.

En cause : des propos « injurieux » que le secrétaire général du parti et candidat malheureux à la candidature pour les sénatoriales a tenu à l’encontre de ses camarades sur les réseaux sociaux après les investitures et surtout sa rencontre avec Azali Assoumani, président de l’Union des Comores. « Si le MDM, dans un communiqué, comprend la nécessité d’engager un dialogue dans un esprit de codéveloppement, il explique que son SG n’en avait pas mandat », explique le site d’informations en ligne lejournaldemayotte.com

A propos de cette entrevue qui a eu lieu au mois d’octobre dernier  à Moroni, Mnemoi Midladji, 38 ans, a confié à Comoressentiel qu’elle s’inscrivait dans le cadre de sa campagne: « Je postulais pour les prochaines sénatoriales de 2017 et j’ai considéré que l’urgence pour Mayotte aujourd’hui, c’est de trouver des solutions pour endiguer ce que nous appelons ici « l’immigration clandestine ». Les Sénateurs étant les représentants des collectivités locales, responsables de la mise en œuvre des politiques publiques du gouvernement français mais aussi de l’Europe, il m’a paru important d’échanger avec le président de l’Union des Comores sur les points clés du programme en tant que candidat. L’idée étant de nouer des contacts, le sensibiliser sur nos responsabilités les uns les autres vis-à-vis des drames du sous développement qui nous concerne tous, mais aussi réfléchir à une stratégie pour changer les mentalités de part et d’autre pour pouvoir avancer et trouver des solutions pérennes »,a-t-il expliqué.

Dans un post publié ce 23 janvier sur sa page facebook, le jeune politicien a tenu à remercier « le Président Azali ASSOUMANI, Président de l’Union des Comores, pour son hospitalité et pour son écoute. Je veux que les Mahorais et les Mahoraises sachent que j’ai rentré un homme pieux, consciencieux et soucieux du sort réservé aux peuples des îles de l’archipel des Comores et c’est là mon plus grand regret de n’avoir pas été compris par les miens ». Des propos avenants qui n’ont visiblement pas plu à ses camarades lui attirant ainsi leur courroux. « Aujourd’hui, nous ne pouvons pas venir à Mayotte mettre en valeur le président des Comores pour son honnêteté ou je ne sais pas quoi sur les îles », a sèchement réagi le président du Mdm sur Kwezi Tv parlant de « propos mal placés qui ont été mal pris par la communauté ». Vous avez dit bizarrerie ?

Droit dans ses bottes, Mnemoi Midladji soutient mordicus son positionnement par rapport aux relations entre Mayotte et ses îles sœurs de l’archipel des Comores. « Je pense qu’il est temps de dépasser le conflit institutionnel. Chacun de nous à ce qu’il souhaitait avoir : l’indépendance ou la départementalisation. Ce ne sont que des textes. Nos populations souffrent et je veux penser développement. Allier les atouts de l’indépendance, ceux de la départementalisation et la Rupéisation pour faire gagner au final « L’archipel des Comores ». Les générations futures ne nous demanderons pas notre avis, s’il faut changer les choses, ils les changeront »,a-t-il, notamment, avancé. Un message frais et apaisant, loin des discours incendiaires que tiennent parfois certains politiciens en manque de popularité qui jouent constamment à monter les habitants de l’île contre leurs frères et sœurs des trois autres îles.

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