Discours à la Nation/ Azali II au secours d’Azali I

Par Faïssoili Abdou

Le président Azali Assoumani  à Beit-Salam lors de son discours (Source: page facebook Beit-Salam)

Le président Azali Assoumani à Beit-Salam lors de son discours (Source: page facebook Beit-Salam)

Azali II tente maladroitement de racheter le bilan calamiteux d’Azali I. C’est l’impression que j’ai eu en lisant l’adresse à la Nation du  chef de l’Etat Azali Assoumani à l’occasion du nouvel an. En effet, au cours de son discours, le Président Azali qui a fait son retour à Beit-Salam en mai 2016 après un premier mandat chaotique (1999-2006), s’est employé tant bien que mal à vouloir enjoliver le bilan de son premier passage au pouvoir tout en s’attaquant violemment aux bilans de ses successeurs/ prédécesseurs (Sambi 2006-2011 et Ikililou 2011-2016). A l’entendre ces derniers ne seraient que des piètres gestionnaires.

Dès l’entame de son discours, l’actuel locataire de Beit-Salam qui, visiblement, tente de circonscrire les critiques qui se font de plus en plus acerbes au sujet de ses premières mesures prises ces derniers mois, a essayé de justifier la lassitude de ses concitoyens  par la gestion  du pouvoir de ses deux derniers successeurs/prédécesseurs. « Le désespoir était palpable ces dix dernières années », a-t-il tenté de justifier feignant d’oublier la situation désastreuse dans laquelle il avait lui même laissé le pays en 2006. Circulez y a rien à voir. C’est connu de tous, la faute c’est toujours les autres…

Manifestement très en verve, Azali a ensuite appelé ses compatriotes à faire « la différence entre l’inaction et l’immobilisme du passé et notre volonté affirmée de changer ce pays et de le mettre, comme nous l’avons dit, sur les rails d’un pays émergent ». Des actions Monsieur le président, le peuple veut des actions…

Dans cette même lancée, l’hôte de Beit-Salam s’est dit étonné de voir  que « le prix du carburant à la pompe est resté le même ces 10 dernières années, malgré les extraordinaires variations de prix du baril de pétrole sur le marché » soulignant la générosité de son pouvoir qui a décidé sans tarder « de baisser les prix des produits pétroliers et par la même occasion les prix du transport en commun ».

Dans ce même registre, Azali qui a été à l’origine de la mise en place de l’Université des Comores lors de son premier mandat  s’est dit « peiné » de voir l’ état dans laquelle cette institution se trouve aujourd’hui. « L’enseignement qui y était dispensé a été considérablement réduit. On n’y reçoit que des certificats au lieu des diplômes et le coût d’inscription y était jusqu’à cette rentrée, particulièrement élevé », a-t-il soulevé. Le chef de l’Etat n’a pas manqué de signaler la décision de son  gouvernement de réduire les droits d’inscriptions à « 40% pour la rendre accessible pour tous les enfants comoriens » oubliant de préciser au passage que cette mesure lui aurait été soufflée par l’actuel gouverneur de Ngazidja.

A propos de son bilan de 7 mois à la présidence de la République, Azali a rappelé que son gouvernement a « assuré le paiement régulier des salaires des Agents de l’Etat, sans artifice, ni aide financière extérieure ». Il a également évoqué la création en cours « de la centrale électrique des Comores, avec des fonds propres, équivalents à plus de 2 mois de salaires de l’ensemble des agents de l’Etat, et ce, sans le soutien d’aucun partenaire ». Il a rappelé qu’il s’agit là de l’une « des décisions les plus importantes d’un gouvernement comorien depuis l’indépendance ». Imaginez…depuis l’indépendance ! Ici, le chef de l’Etat a décidé de placer la barre très haut…On retrouve  dans cette phrase cette fâcheuse tendance chez nos politiciens qui aiment à chaque fois faire croire que l’histoire commençait par eux et qu’avant eux, c’était presque le néant. La baisse des prix des produits de premières nécessités durant le mois du ramadan et l’organisation réussie du pèlerinage, sur les Lieux Saints de l’Islam, ont été aussi rappelés par le chef de l’Etat dans bilan.

Azali Assoumani s’est enfin félicité de l’adoption de la loi de finances 2017 par les députés. Il s’agit de « la loi de finances la plus audacieuse de notre pays, depuis son indépendance », a-t-il vanté. « Une loi de finances qui impose l’orthodoxie et la maitrise des dépenses d’une manière draconienne avec une baisse de 40%. Une loi de finance qui prévoit des investissements publics sur fonds propres. Une loi de finance qui soutient d’une manière forte, les communes qui sont les relais du développement et de la démocratie dans nos localités », détaillera-t-il, ensuite.

Pour l’avenir, le président Azali a indiqué qu’il croit toujours à sa promesse de campagne « un Jeune, Un Emploi » et  promet dès lors à la jeunesse que le gouvernement leur « offrira  des emplois valorisants et des emplois dans lesquels vous vous sentirez utiles à votre pays aujourd’hui et demain ». Il a ainsi lancé un appel à cette « jeunesse qui a été dupée, à qui on a vendu des illusions, à qui on a offert de faux emplois, de contrats au rabais, de garder l’espoir ».

Dans son discours le président Azali est également revenu très largement sur les conditions d’organisation des dernières élections présidentielles. « Pour la première fois dans l’histoire de la planète, un pays a organisé 3 tours de scrutins pour une élection au suffrage universel direct », a-t-il pointé. « Cette voie aventureuse, dans laquelle a été mis notre pays, était dangereuse et a failli nous faire plonger dans ces crises institutionnelles que nous croyions avoir laissées derrière nous depuis plus de 16 ans. Fort heureusement, nos institutions ont résisté et ont fait la preuve de leur solidité et le peuple comorien, en décidant de prendre en main son destin et de sauver notre pays d’un chaos certain, a opté pour la consolidation de la paix et de la stabilité retrouvées », a relevé le chef de l’Etat.

Rien, par contre, sur la question de Mayotte et ces compatriotes qui ont été malmenés dans cette île comorienne sous administration française. Rien également, sur les relations entre le pouvoir de l’Union et les exécutifs insulaires. Pas de commentaire non plus au sujet de cette loi sur les partis politiques aux Comores qui est censée entrer en vigueur incessamment.

 

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