Comores/ Aux origines du Cndrs

Par Faïssoili Abdou

Moroni, Grande Comore / Ngazidja, Comoros islands: museum 'La Senderesse' - Centre National de Documentation et de Recherche Scientifique, C.N.D.R.S - Musée des Comores - Blvd Karthala - photo by M.Torres

Damir

Ce mois de janvier 2016, le centre national de la documentation et de la recherche scientifique (CNDRS) fête ses 37 ans. J’ai trouvé dans mes archives un article que j’avais écrit en 2009 et que je n’ai jamais publié. Je tiens donc à vous le faire partager.

Créé en 1979,  grâce à la volonté de son fondateur et premier directeur, l’anthropologue Damir Ben Ali, le Cndrs dispose aujourd’hui d’une palette d’activités très diversifiées, telles que la muséologie, la documentation , l’archivage national, la recherche scientifique, la cartographie géologique et spatiale et l’observation du volcan Karthala…

Mis en place alors, qu’il y avait peu de chercheurs aux Comores, ce centre de recherche s’est très tôt mis en relation avec des chercheurs étrangers et Comoriens vivant à l’étranger pour la réalisation de ses activités. « Nous avons toujours mis en avant les projets de recherches en coopération », note l’ancien directeur du centre Damir Ben Ali. C’est aussi grâce aux contrats de coopération qu’il a noué avec des institutions scientifiques étrangères que le Cndrs a pu former son personnel et développer ses projets de recherche.

Au départ cet institut de recherche s’était assigné comme mission principale « la mise en place d’une bibliothèque nationale, d’un centre d’archives nationales, d’un musée national et le développement de la recherche et l’accueil des chercheurs étrangers », explique Damir Ben Ali. Selon lui, tous ces « missions ont été remplies », même si certains observateurs décrivent, aujourd’hui, un centre de recherche« en ruine ». « Ce sont des gens qui regardent le Cndrs derrière les murs », réplique Aïnoudine Sidi. Pour lui cette vision est réductrice, même s’il reconnait « des moyens financiers limités » dû surtout à la faiblesse de l’enveloppe accordé par l’Etat à cette institution.«L’affaiblissement des moyens de l’Etat est ressenti par le Cndrs », indique pour sa part Damir Ben Ali. Une situation qui peut en parti expliquer les difficultés à traduire les projets du centre en réalisations concrètes.

Aujourd’hui  les responsables du Cndrs misent sur le développement économique. « Le plus grand défi du Cndrs est de faire en quelque sorte que l’on comprenne le lien qu’il y a entre recherche et développement », confie Ainoudine Sidi, ex-directeur de cette institution qui se targue  d’avoir « initié et/ou contribué à la conception des projets phares de développement aux Comores ».

La création du Cndrs, une question de dignité ? « A l’accession à l’indépendance, les Comores était peut être le seul pays au monde qui ne disposait pas de bibliothèque national, d’un centre d’archives nationales, d’un musée national. Il n’existait pas un inventaire des objets représentatifs du patrimoine naturel comorien. Il y avait peu de recherches sur les Comores », se rappelle l’anthropologue Damir Ben Ali.

« Les Comores étaient pendant longtemps une dépendance de Madagascar. Ainsi les spécialistes qui travaillaient sur Madagascar estimaient que les Comores étaient très différents de cette île mais proche de Zanzibar et de la côte Est africaine et pourtant  les chercheurs anglo-saxons s’arrêtaient sur cette région et n’arrivaient pas aux Comores qui était un territoire français », poursuit le chercheur Ben Ali.

C’est face à cette situation désavantageuse pour son pays qu’est venu à Damir Ben Ali l’idée de créer une bibliothèque et un dépôt d’archives aux Comores. Un projet qui bénéficiera dès le départ de l’appui des pays et institutions internationales. On citera, l’Unesco qui a fourni des ouvrages pour la bibliothèque et un équipement pour la collecte et l’exploitation des traditions orales. La France à travers la coopération française a, quant à elle, intervenu dans la construction des bâtiments qui abrite le Cndrs actuellement. Le réseau de partenariat du Cndrs s’est étoffé considérablement au fil des années et son carnet d’adresse est largement fourni. Parmi ces partenaires on peut citer le Muséum d’Histoire naturelle, le CNRS, l’Inalco, l’institut de physique du globe de Paris et le département des Sciences de l’université de la Réunion ainsi que plusieurs autres universités françaises. Il ya également l’Université du Michigan aux Usa, des institutions britanniques, l’Aquarium de Toba au Japon et le musée d’art et d’archéologie d’Antananarivo.

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