Anissi Chamsidine : « Je ne partage pas le fait que Sambi veut être candidat dans le tour de la Grande Comore »

Propos recueillis par Faissoili Abdou et Naouir Papamwegne (Le Courrier d’Anjouan et Radio Domoni Inter)* [initialement publiée dans Le Courrier d’Anjouan du 20 au 27 novembre 2015]

Anissi Chamsidine, Gouverneur de Ndzouani

Anissi Chamsidine, Gouverneur de Ndzouani

Il était l’invité d’une émission de la Radio Domoni Inter et Le Courrier d’Anjouan. Le Gouverneur Anissi Chamsidine a répondu nos questions sur son différend avec le Conseil de l’île d’Anjouan, sa candidature pour les élections du gouverneur des îles et  l’éventuelle candidature de l’ancien Raïs Ahmed Abdallah Sambi aux élections présidentielles de 2016.

Le Conseil de l’île de Ndzouani a voté une motion de censure contre deux de vos commissaires que vous n’avez pas révoqué préférant porter ce différend devant la Cour constitutionnelle. Maintenant, ils envisagent de vous destituer. Quelle votre version sur ce dossier ?

Il est évident que le Conseil de l’île a procédé à une motion de censure contre deux de mes Commissaires, il y a quelques semaines. Je n’ai pas exécuté la motion, puisque j’ai jugé qu’il y a pas eu un exposé des motifs, je n’ai pas les motifs qui devrait me permettre de révoquer mes Commissaires. Puisque, je ne peux pas être juge et partie en même temps, je juge que la motion ne respecte pas les règles donc j’ai fait appel à la haute juridiction qui est la cour constitutionnelle pour juger. Le Conseil de l’île en tant qu’institution doit aussi reconnaitre la Cour constitutionnelle. Je me remets à la cour constitutionnelle et j’espère qu’il y aura un dénouement à cette situation. Si vous me dites que le Conseil de l’île vise à me destituer, je vous dirais qu’il n’a pas cette prérogative, cette compétence.  Nous ignorons tous les règles qui nous régissent. Nous devons apprendre à connaitre notre justice,  nos droits vis-à-vis de la justice mais aussi nos devoirs de notre pays. Ce n’est pas parce que je suis gouverneur que je peux me permettre de faire tout ce que je veux. Ce n’est pas parce qu’on est un Conseiller de l’île qu’on peut décider à la place de l’autre. Donc, ils ont fait une motion qui devrait être exécuté par moi, je juge que la motion ne répond pas aux règles de la loi, donc je me suis remis à la Cour constitutionnelle qui est notre haute juridiction et nous attendons le verdict de cette noble institution(…). Je n’ai aucune inquiétude puisque je n’ai rien contre le Conseil de l’île. Je suis dans la légitimité.  Je pense que les Conseillers de l’île aujourd’hui sont dans une bonne disposition, on a commencé à travailler ensemble, à discuter avec une partie d’entre eux. Je pense que c’était un malentendu, à un moment. Mais la vie ne s’arrête pas là et nous avons l’ambition de travailler pour les intérêts de notre île.

Quel est votre avis par rapport au débat qui secoue la classe politique comorienne concernant une éventuelle candidature de Sambi en 2016?

Il était le président des Comores, il y a quelques années. Moi, j’ai eu à servir aux côtés de lui, C’est une personne que j’honore, une personne que je respecte, une personne dont le charisme m’a beaucoup inspiré et que je souhaiterais qu’il garde son statut le plus longtemps possible. Anjouan n’a pas eu la chance d’avoir des grands hommes. Je l’ai dit il y a quelques jours à la radio en langue nationale, Anjouan à connu deux grands hommes au moment de l’indépendance avec Ahmed Abdallah Abdéremane, après lui on a passé beaucoup de temps à la recherche d’un autre leader à Anjouan, et on a un autre « Ahmed Abdallah » qui est Ahmed Abdallah Sambi. Hier Ahmed Abdallah Sambi paraissait l’homme de l’unité, l’homme de la sécurité, de la stabilité du pays. Ce sont des valeurs qu’il nous a inculqués. Moi personnellement. Et je crois en ces valeurs là. Et tout d’un coup après, une fois en dehors de la scène politique, on voit tout d’un coup qu’il veut en quelque sorte marcher sur la loi. Je ne le comprends pas aujourd’hui, parce que c’est pour des raisons de stabilité, de sécurité de notre pays que la tournante a été instauré dans notre Constitution. Se déclarer candidat dans le tour de la Grande Comore, moi je trouve que ça ne fait pas une valeur ajouté à son charisme, ni à sa personnalité telle que les Comoriens et les Comoriennes le connaissent.  Je ne partage pas le fait qu’il veut être candidat dans le tour de la Grande Comore. Moi, je pense  qu’il y a encore un tour d’Anjouan. Sauf si derrière, il croit que la tournante s’arrête là. Moi, je pense que la Constitution n’a pas été changée. Et que la tournante est encore valable, il y a d’autres échéances et il est encore jeune. Il a encore le temps de se préparer pour postuler lors du tour d’Anjouan. Je ne souhaiterais pas qu’Anjouan sacrifie encore une fois, une grande personnalité telle que lui. Aujourd’hui, la Grande Comore regorge de personnalités politiques alors qu’à Anjouan, il y en a peu, la crise séparatiste a fait reculer l’île. Donc, des personnalités comme Ahmed Abdallah Sambi sont à conserver aujourd’hui, à protéger et non pas à exposer. Ceux qui l’ont aidé, ceux qui le soutiennent et l’encourage dans cette idée n’ont que des intérêts personnels à défendre. J’ai été parmi les fidèles des gens qui l’ont servi. Je ne partage plus aujourd’hui la même vision politique que lui, même si, je n’ai aucun autre différend avec lui. Je vois en cette démarche une autre occasion de perturber la stabilité et l’unité du pays.

Pourquoi souhaitez-vous, vous représenter aux élections du gouverneur de l’île de Ndzouani ?

J’ai eu l’occasion pendant 5 ans de tracer des lignes politiques dans mon île et de mettre en chantier quelques projets que je souhaite pérenniser. C’est parce que j’ai servi Anjouan et je souhaiterais encore une fois être un grand serviteur de cette île. Mais aussi parce que je  crois qu’en cinq ans, on ne pourrait mener à bout un projet. Surtout un projet de grande portée telle que le projet de l’Education, le projet de la communalisation, que nous avons amorcé ensemble avec les Anjouanais. Donc, encore une fois si Dieu le veut, je prie Dieu qu’il me donne encore le temps de me présenter devant les Comoriens d’Anjouan pour leur demander leur confiance. J’ai confiance en eux, je pense qu’ensemble nous avons fait un bon bout de parcours. Nous avons inscrit une page importante de l’histoire de notre île, nous avons donné un exemple aux autres îles et nous avons essayé de dorer l’image d’Anjouan. Et Anjouan aujourd’hui est au point de retrouver sa fierté. Notre île mérite bien à être fière de ses enfants, de son paysage, de son Histoire. C’est pour toutes ces raisons et d’autres que j’aurais l’occasion de présenter aux électeurs, que  j’envisage de redemander la confiance des Anjouanais. Et surtout, la paix, la sécurité de notre île, nous n’avons pas le droit de revenir dans les erreurs du passé…

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