Hommage : « Sœur Colette est restée Comorienne jusqu’au bout »

Soeur Colette, en 2009, lors de la cérémonie d'adieu organisée par le personnel de la mission catholique de Moroni

Soeur Colette, en 2009, lors de la cérémonie d’adieu organisée par le personnel de la mission catholique de Moroni

Sœur Colette est décédée, le 27 février dernier, à l’âge de 85 ans. Elle repose désormais au caveau des Sœurs d’Aix-en-Provence près de Marseille où elle a été enterrée le 3 mars. Cette missionnaire catholique a passée presque toute sa vie aux Comores où elle s’est mise au service des plus nécessiteux. Elle a enseigné, soigné  des milliers de jeunes et porté assistance à de très nombreuses familles. Arrivée dans cet archipel de l’océan indien en 1965, elle ne la  quittera définitivement qu’en 2009. Depuis, elle a été admise au centre de gérontologie Saint Thomas de Villeneuve d’Aix-en-Provence où elle est restée jusqu’à sa mort. Née le 22 mai 1930 à Alès, dans le Gard, Marcelle, Juliette, Aymée, Soeur Marie Colette en religion,  est la fondatrice de la mission catholique de Moroni.

Les Comoriens sont reconnaissants envers cette religieuse et son oeuvre.  « Sœur Colette m’a bâtie, m’a tout appris. Grâce à elle mes enfants ont pu avoir une bonne éducation », témoigne Amina, présentée comme une confidente de sœur Colette,  dans un opuscule intitulé « Sœur Colette, 44 ans au service des Comoriens ». Celle-ci rassemble un certains nombres de témoignages sur l’œuvre de cette religieuse.  « C’est grâce à sœur Colette que j’ai appris à lire et écrire, aux cours qu’elle dispensait à la mission catholique en langue française ; je lui dois mon éducation », mentionne Madame Rama, ancienne infirmière de l’hôpital El-Maarouf dans cette même brochure d’une quarantaine de pages éditée, il y a trois ans, par Eric Deroo, Ambassadeur de l’Ordre souverain de Malte près de l’Union des Comores. « Sa détermination et son action en faveur des plus démunis resteront  dans la mémoire des Comoriens », affirme pour sa part Hadidja Aboubakar, première Dame des Comores qui a émit le souhait qu’une « fondation Sœur Colette » soit mise en place pour continuer ce qu’elle a fait.En 2009, lors d’une cérémonie d’adieu organisé à la présidence de l’Union des Comores, Sœur Colette a été élevée au rang d’Officier de l’Ordre du Croissant vert des Comores. Une haute distinction  qui comptera parmi les plus beaux souvenirs des Comores que gardait la religieuse. Cette médaille l’accompagne, d’ailleurs, fidèlement dans sa tombe. Elle a été fixée sur un cousin et glissée dans son cercueil.

« Nous garderons en nous, le souvenir d’une personne de conviction et de principe, celui d’une religieuse qui a toujours eu un sens très élevé de son devoir », avait déclaré, en 2009, le président Sambi lors de la cérémonie d’adieu organisée en l’honneur de Soeur Colette. « Nous savons que partout où la destinée vous conduira, votre cœur battra au rythme des cœurs des enfants comoriens », ajoutait l’ancien chef de l’Etat saluant « une grande dame très respectueuse des valeurs des autres ».Et c’est justement cette attention à l’égard des mœurs et coutumes des autres qui peut expliquer le long séjour de cette religieuse catholique en terre d’islam. Elle l’avait, elle-même, déclaré au journal Kashkazi, en 2005. « J’ai jamais essayé d’attirer quelqu’un vers ma religion. J’ai toujours respecté les musulmans et c’est pour cela j’ai trouvé ma place ici », confiait-elle.

« Sœur Collette a été une vraie missionnaire tant dans sa congrégation qu’aux Comores », c’est par ces mots que sœur Eulalie Marie, mère supérieure et responsable du centre de gérontologie Saint Thomas de Villeneuve à Aix –en- Provence, a rendu hommage à la religieuse décédée. Et elle de nous relater cette anecdote révélatrice du profond attachement que nourrissait Sœur Colette à l’égard de l’archipel des Comores qu’elle a adopté comme la sienne. « Quand on allait dans sa chambre et qu’on l’appelait Marie Colette elle ne réagissait pas et dès qu’on disait « Moroni » ou « Koko », elle souriait », nous a confié soeur Eulalie Marie ajoutant « jusqu’au bout elle est restée Comorienne avec les Comoriens. Elle a laissée son cœur là-bas ». Qu’elle repose en paix.

Faïssoili Abdou

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