Libre Opinion/Le président Ikililou peut-il ignorer les résultats des législatives ? un gouvernement d’union nationale s’impose

Par Kassim Harouna – Paris.

 

Palais du peuple, siège de l'Assemblée fédéral à Moroni

Palais du peuple, siège de l’Assemblée fédéral à Moroni

Le peuple comorien vient de se prononcer pour le deuxième tour des élections législatives. La Cour constitutionnelle a rendu officiels les résultats. Les mauvais perdants et tous ceux qui avaient cru qu’avec des millions ils pouvaient acheter un siège à Hamramba, peuvent aller se coucher. Il faut le dire car, en plus des manœuvres d’intimidation, de la haine déversée notamment à Ngazidja envers les comoriens d’origine anjouanaise, des tentatives pour fausser le jeu électoral à coup de millions ont eu lieu.

L’on peut d’ores et déjà affirmer avec certitude que le parti au pouvoir (UPDC) malgré les moyens financiers colossaux déployés, l’achat des consciences, la fraude massive organisée notamment à Ndzouani avec la bienveillance des forces de l’ordre, la mouvance présidentielle n’a pas réussi à s’arroger la majorité absolue des suffrages. L’UPDC se retrouve à égalité avec le parti JUWA de l’ex-Président SAMBI qui, grâce à sa suprématie au Conseil de l’île d’Anjouan, est sûr d’envoyer au palais de Hamramba, 3 députés supplémentaires.

La recherche permanente du consensus et des alliances sera donc de mise dans la nouvelle assemblée.

Nous nous retrouvons donc devant une situation inédite où le pouvoir exécutif est contraint de composer avec les forces nouvelles en présence ; des forces politiques qui ne lui sont pas favorables.  En démocratie, cela est une obligation de tenir compte de l’expression populaire car, nous le savons tous, le vrai pouvoir émane du peuple souverain qui l’exprime à travers le suffrage universel. Une chose est sûre, la population comorienne a dans sa majorité rejeté la politique du vide menée par Ikililou et sa bande d’amateurs.  En d’autres termes, nous nous dirigeons inéluctablement vers une période de cohabitation.

S’il lui reste un zeste, un brin de patriotisme et de bon sens, le Président Ikililou ne peut que se résoudre à cette solution qui demeure la seule respectueuse des institutions et susceptible de sauver ce qui peut l’être encore.

Ikililou qui a même été battu dans sa propre circonscription à Mohéli et dans son propre village, doit tirer les leçons de ce désaveu cinglant et profiter de cette opportunité unique que lui offre les institutions pour se débarrasser  des éléments parasites qui polluent la vie politique nationale.

A 8 mois des élections présidentielles, comment Ikililou peut-il se permettre de garder au gouvernement, un Ministre de l’intérieur (chargé des élections) qui est comme tout le monde le sait, un membre éminent du parti Orange dont les leaders (Kiki et Fatah) se sont distingués par des actes dignes de voyous de haut chemin ? Tout cela, sous les yeux de la communauté internationale.  Honte à eux !!

En voulant protéger son Directeur de Cabinet BOLEROVITCH, Ikililou a minimisé la colère noire des wangazidja qui n’oublieront jamais l’affront fait par l’ukrainien à deux figures emblématiques de la vie politique nationale, Said Mohmed Cheick et Ali Soilihi.  A-t-il vu le cinglant et humiliant échec que les honorables habitants de Mitsamihouli ont infligé à son ami ministre des affaires étrangères qui était pourtant, décrit comme une étoile montante et qui rêvait déjà du perchoir de l’assemblée nationale donc, deuxième personnage de l’Etat ? C’est la désillusion totale car, pour ce vendeur de produits exotiques en France, pour ce parachuté, ce fut carrément une humiliation, une déculottée.  Echec, jeu et mat…. Elarif est mort politiquement. C’est pourtant Ikililou dans ses calculs de petit pharmacien qui l’a envoyé à l’abattoir.

En tout cas, ces événements doivent interpeller le Président Ikililou qui doit se résoudre à l’idée simple que les Comoriens ont dans leur majorité vomi sa politique ou plutôt son absence de politique. Sa petite politique est arrivée en fin de cycle. Rien de bon pour le peuple comorien ne peut surgir avec les hommes qui l’entourent. L’heure est donc au changement.

En toute humilité et à 8 mois des élections présidentielles, nous appelons le Président Ikililou à constituer dès l’annonce des résultats par la Cour Constitutionnelle, un Gouvernement d’Union Nationale qui tiendra naturellement compte des nouvelles forces politiques tel que  cela a été exprimé par le peuple souverain.

Choisir des femmes et non des poupées Barbie et des hommes d’expérience capables d’impulser un souffle nouveau et à même d’organiser dans la sérénité et la confiance retrouvée, l’importante élection présidentielle de 2016.

Pour finir, nous appelons les Comoriens à méditer sur la nécessité d’une révision constitutionnelle et notamment le calendrier électoral.  Les élections législatives doivent-elles précéder la présidentielle ou l’inverse ?

Cela n’engage que ma personne mais, j’estime que le système actuel n’est pas efficient et présente des risques sérieux de blocage.  Le Président de la République a besoin d’une majorité stable et homogène pour asseoir sa stratégie et mettre en œuvre sa politique générale.  Or, élire les députés avant le Président, présente le risque de voir ce dernier en face d’une majorité qui lui est hostile. Les pouvoirs du Président se retrouveront donc de facto amoindris et son rôle sera réduit à procéder à des inaugurations, aux accréditations des Ambassadeurs et à prononcer un discours tous les 6 juillet.  Le véritable pouvoir lui, sera exercé par un gouvernement de cohabitation et par une Assemblée dont les idéaux seront à l’opposé de ceux du Président qui incarne pourtant lui aussi, la légitimité populaire. Nous devons donc tous méditer sur cette nécessité.

En tout état de cause, la sagesse et le respect des institutions républicaines exigent que le Président Ikililou écoute le cri du peuple qui aspire au changement et tire les conséquences du désaveu qui a été exprimé contre sa politique de l’inaction, du népotisme et de la corruption généralisée et érigée en système de gouvernement.

La constitution d’un Gouvernement d’Union Nationale s’impose dans la situation actuelle comme une nécessité absolue.  Si Ikililou agit autrement, il s’en mordra les doigts et fera définitivement oublier aux Comoriens de se rappeler un jour, qu’il y avait à Beit-Salam un Président qui s’appelait Ikililou.  Ça, c’est une autre histoire.

A bon entendeur…. Salut !

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