Libre Opinion / L’HÔPITAL DE BAMBAO LA MTSANGA : UNE VOIE POUR LIMITER LES EVACUATIONS SANITAIRES

REMISE hopital-bambao

Par Docteur Abdou Ada Musbahou (Chirurgien des hôpitaux en FRANCE)

Cet hôpital est un bijou offert par la Chine à tous les Comoriens. Nous devrons veiller jalousement au bon fonctionnement de ce bijou pour pouvoir répondre à la demande des Comoriens en soins de qualité. Il s’avère que cet hôpital est équipé d’un plateau technique moderne et spécialisé. Une occasion de limiter les évacuations sanitaires onéreuses vers l’étranger lesquelles se soldent parfois par des prestations médiocres. Car dans certains pays voisins, les soins ne sont pas meilleurs qu’on l’imagine.

Chacun de nous, sait les problèmes dont souffre notre pays, par conséquent, l’objet de mon intervention est de faire des propositions concrètes aux décideurs et non pas de rappeler que notre système de santé est malade. Car, je ne crois pas qu’un technicien étranger quelles que soient ses compétences puisse seul, mieux apprécier les problèmes de ce pays plus que les Comoriens qui y vivent ou qui y ont vécu jusqu’à l’âge adulte. Il s’agit d’un pays complexe, c’est pourquoi nombre de projets conçus par des expatriés se sont soldés par des échecs. En Afrique ces projets portent le nom d’éléphant blanc.
Néanmoins, force est de constater qu’il manque de compétences dans notre pays d’où l’intérêt d’associer directement les nationaux en fonction de leur savoir faire dans tous ces projets venus d’ailleurs, sans aucune considération politique.
Ma brève visite dans certains centres de santé m’a permis de constater avec une grande amertume, la dégradation actuelle de la qualité des soins par rapport à l’époque où mon père exerçait à l’hôpital de Hombo comme infirmier, puis dans mon village jusqu’à sa retraite il y a plus de 30 ans maintenant. Quelle régression ? Une satisfaction : le nombre pléthorique de personnel médical et paramédical qui se battent avec les moyens du bord pour soigner les gens. Il suffit d’une simple organisation avec un bon encadrement de la part des autorités pour améliorer considérablement leurs résultats. Je ne peux que renouveler mon admiration à l’endroit des ces femmes et ces hommes, pour tout ce qu’ils font pour prendre en charge les patients, dans les hôpitaux publics ou les cliniques privées.

Espérons qu’un jour nos hôpitaux auront les plateaux techniques modernes avec des colonnes de cœlioscopie, des scanners et nos compagnies d’aviation acquerront les gros porteurs qui permettront aux talents de la diaspora d’exercer dans leur pays sans perdre le savoir faire acquis à l’étranger tel est le cas des Comoriens pilotes de Boeing et d’Air bus qui sont obligés de travailler à Air Madagascar faute d’avion dans notre pays ou des médecins pratiquant en métropole (tout le monde en connait au moins un, un ancien pilote d’Air Comores). Un atout peut être ! Car, l’essentiel c’est de servir aussi son pays partout où l’on vit au lieu de contribuer à l’inefficacité et à la mauvaise gestion qui prévaut aux Comores aux dépens d’un peuple naïf manipulé par les politiques, les sectaires et les nouveaux religieux.
Dans un prochain article, je parlerai de l’organisation du système de santé en général dans notre pays, et je me contente d’apporter ma modeste contribution concernant l’hôpital de Bambao Mtsanga avec les propositions suivantes :


1/ Accorder au centre hospitalier de Bambao Mtsanga le statut d’hôpital de référence
2/Ouvrir tous les services spécialisés nécessitant jusqu’alors une évacuation sanitaire :
a-un service de réanimation de pointe médico-chirurgicale, pouvant recevoir les grands cardiaques, les grands brûlés, les victimes d’accidents vasculo-cérébraux, les opérés programmés des spécialistes (cœurs, poumons, exérèses lourdes pour cancers…)

b- un service d’imagerie (radio standard, échographie, scanner…) pour le scanner la télé-imagerie reste une option moins onéreuse compte tenu du manque de spécialiste en attendant la formation des locaux.

c-un laboratoire médical capable d’effectuer les examens spéciaux, peu courants pour l’ensemble de l’archipel et compte tenu de nos moyens très limités pour ouvrir des laboratoires dans toutes pour certaines analyses onéreuses qui se font actuellement à l’étranger. Quant à l’histologie il est préférable de continuer à envoyer les pièces (organes à examiner au microscope par des spécialistes) à l’étranger compte tenu du peu de cas qui s’y présentent actuellement et la complexité des examens anatomo-pathologiques et de leur poids sur la conduite à tenir (médicale ou chirurgicale).


En résumé cet hôpital composé d’un service de REANIMATION, d’un service d’IMAGERIE, et d’un LABORATOIRE, aura vocation à recevoir tous les patients de l’ensemble de l’archipel nécessitant des soins spécialisés médicaux ou chirurgicaux. Ensuite, les patients poursuivront chacun leur convalescence dans les hôpitaux proches de leurs lieux de résidence après leur sortie de la réanimation et ce, dans un service de chirurgie ou dans un service de médecine fonction du cas.
Bien entendu les patients anjouanais ne seront pas admis systématique dans cet hôpital si leur cas ne nécessite pas une prise en charge spécialisé malgré la proximité. Ils suivront donc leurs soins dans les autres centres hospitaliers de l’île.
Par exemple on ne peut pas hospitaliser dans ce centre un patient de Bambao ou autres citoyens pour grippe, paludisme, diarrhée, appendicite, hernie pour ne citer que ces pathologies…

Comment recruter le personnel ?


-l’hôpital recrutera les meilleurs praticiens du pays soit à temps plein ou partiel dans le cadre de vacations mensuelles ou trimestrielles en fonction des besoins réels. A savoir que ces 3 services doivent tourner en permanence 24h/24h. Alors compte tenu de la taille de notre population certains spécialistes n’auront pas de travail à faire tous les jours comme les cancérologues, les chirurgiens cardiaques et thoraciques, les ORL, les ophtalmologues…


-Les spécialistes étrangers seront recrutés dans les grands hôpitaux Français et de la région dans le cadre de la coopération ou du jumelage de notre centre hospitalier et les leurs.

Comment financer le fonctionnement de cet hôpital ?
Plusieurs pistes :
-une contribution des hydrocarbures, tel est le cas des fonds d’entretien des routes (FER)
-une taxe pour chaque produit importé
-une taxe sur les cigarettes
-une taxe sur les alcools

Il s’agit de ma modeste contribution pour répondre à l’appel du Président de la République à propos de la recrudescence des évacuations sanitaires onéreuses, voire inutiles.

Toutefois, je dois avouer que l’idéal et par correction, serait de confier la gestion de cet hôpital aux Chinois.

Vos commentaires et critiques sont les bienvenus afin de pouvoir améliorer cette idée consistant à ériger l’hôpital de Bambao Mtsanga comme hôpital d’excellence dans l’intérêt de tous les Comoriens.

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