Campagne contre le paludisme/ Des effets secondaires « graves » chez certains patients

Par Mohamed Youssouf (Journaliste)

Ici, le Président comorien Ikililou Dhoinine prenant sa dose contre le paludisme

Ici, le Président comorien Ikililou Dhoinine prenant sa dose contre le paludisme

Après Mohéli, l’équipe chinoise qui mène la campagne de lutte contre le paludisme a étendu sa mission à Ngazidja. Ici, certains patients se plaignent des effets secondaires « graves », éphémères pour certains et persistants pour d’autres. Témoignage d’une patiente qui ne se sent pas bien depuis qu’il a ingurgité l’Artequick…

A Ngazidja, la campagne de masse de  lutte contre le paludisme engagée depuis le mois de novembre 2013 par une équipe chinoise soulève des inquiétudes. L’Artequick, ce médicament administré à la population de l’île en vue de l’élimination de la malaria provoquerait des « effets secondaires graves » chez certains patients.  « Fatigue, perte d’appétit ou encore un excès de sommeil », voilà quelques un de ces effets secondaires tel que décrits par certains témoignages. Des jeunes filles se plaignent également que du « lait coulait » et que cela leurs inquiétait. Si certains patients ont constaté que ces effets secondaires ont disparus après quelques jours, d’autres s’alarment de leur persistance.  Parmi celles-ci, cette jeune fille qui a choisi de garder l’anonymat. Elle affirme avoir pris  les deux doses proposées au début de la campagne et ces effets secondaires sont toujours là.  « Depuis le 25 novembre 2013 qu’on m’a donné ses médicaments, j’ai commencé à souffrir d’une maladie appelée hyperprolactinémie. A part que j’ai dormi 48h, mais j’ai commencé à avoir les symptômes de la maladie dès le troisième jour », a-t-elle dit. Selon elle, elle a commencé à avoir de graves troubles des cycles menstruels, du lait qui coule de ses seins. C’est un phénomène appelé la galactorrhée. « Pour mes règles, je peux avoir du sang qui coule pendant 20 jours ce qui fait que je suis anémiée et ça a entrainé une perte de poids considérable (20 kilos) », précise la jeune fille visiblement très sonnée.

Deux mois plus tard, elle a consulté le médecin de famille mais on lui a répondu que « ce ne sont que des effets secondaires passagères« . La maladie persistait toujours et elle a décidé une fois de plus d’aller chez un autre médecin, qui n’est autre que, le Docteur M’madi Ibrahim. Ce dernier lui a prescrit plusieurs examens tels qu’une échographie et des prises de sang. « L’écho était ok mais les prises de sang démontraient que je souffrais d’une hausse considérable de prolactine dans le sang, a-t-elle dit. Normalement elle devrait être à 20 mais elle était à 69 en ce temps ».

Pour rappel, la prolactine est une hormone qui contrôle la fabrication du lait et tout ce qui est fonction sexuelle. Chez la femme en activité génitale, la prolactine doit être égale à 20. Et si cela augmente, ça exagère son rôle dans le corps humain. « Le gynécologue ne m’a même pas expliqué de quoi je souffre réellement mais m’a juste prescrit un médicament appelé Parlodel. Mais moi je suis parti faire mes recherches et savoir les conséquences de cette maladie. La maladie n’est pas mortelle mais elle entraine la stérilité que ce soit chez l’homme où la femme », a ajouté la jeune fille. Chez les hommes, cette maladie provoque l’impuissance et le développement des seins comme chez les femmes.

 Le temps passait et rien ne changeait. Après une longue discussion avec la famille, ils ont conclu que la maladie n’est pas à la portée des médecins comoriens d’où son évacuation à l’extérieur. « Depuis le 26 juillet 2014, je suis admise à l’hôpital, mais eux non plus n’arrivent toujours pas à contrôler la hausse de l’hormone. Actuellement je suis sous autres traitements qui jusque-là ne mènent à nul part », a-t-elle indiqué. Cette jeune fille a tenu préciser que ce n’est pas tout le monde qui souffre comme elle mais elle a dit aussi que tout le monde n’a pas réussi à digérer ce médicament. Elle a cité des jeunes filles qui souffrent comme elle et qui ont aussi le problème de la prolactine. Enfin elle a tenu à faire ce témoignage car « beaucoup d’autres personnes » souffrent sûrement mais n’en n’ont pas connaissance.

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