Interviews/ Houmeid Msaidie : « On est en face d’un régime frappé d’apathie »

Interviews.

Houmeid Msaidie, un des leaders du nouveau parti Radhi

Houmeid Msaidie, un des leaders du nouveau parti Radhi

Radhi est l’une des plus récentes formations politiques de l’archipel. Houmeid Msaidie, secrétaire général de ce jeune parti qui se réclame de l’opposition nous parle des premiers pas de cette structure ainsi que de sa vision sur la vie politique nationale…Interview

Avec des amis  vous venez de lancer, le mois de mai dernier, le parti Radhi. Pouvez-vous partager avec nos lecteurs les démarches que vous avez entreprises dans la foulée pour implanter votre nouvelle structure dans le pays ?

Effectivement, le 24 mai dernier nous avons officialisé le processus de la mise en place d’une force politique non seulement capable de répondre aux attentes de la population mais également de lancer, et pourquoi pas d’incarner, la nécessaire modernisation de la vie politique et socio-économique de notre cher pays. Notre démarche consiste à réunir autour d’une même plate-forme politique toutes les bonnes volontés éprises des valeurs de la République, de la démocratie, de l’Etat de droit. Et ces hommes et ces femmes se doivent d’avoir comme autre dénominateur commun le volontarisme quant à l’approche et à la résolution des problèmes socio-économiques qui freinent la modernisation de notre pays. Après l’assemblée générale constitutive de Radhi en mai nous comptons organiser notre 1er congrès au lendemain des élections législatives, des conseillers et des communes prévues pour la fin de cette année. En tout état de cause l’actuelle direction doit continuer à élargir la base du parti, mettre en place ses structures et rendre compte  d’ici au plus tard janvier 2015. 

Votre parti est-il prêt pour les prochaines échéances électorales ? Se tiendront-elles, d’ailleurs ?

Radhi participera aux élections, nous nous battons pour le respect des échéances. Nous présenterons des candidats à tous les échelons, avec une attention particulière sur les élections communales. Pourquoi les communales ? Tout simplement parce que Radhi veut dire Rassemblement pour une alternative de développement harmonieux et intégré. Tout le monde note l’engouement des populations locales pour leur développement, nous assistons à une sorte de compétition positive entre les localités et au sein des localités entre les quartiers. Dans cette perspective le politique se doit de se déployer dans les collectivités pour accompagner, encadrer et impulser ce développement harmonieux et intégré. Autrement les initiatives locales risquent de demeurer pêle-mêle et de ne pas répondre à l’exigence d’une beauté urbanistique que visent les populations locales ainsi qu’à l’aménagement de l’espace devenu un véritable casse-tête national.

Où se situe le parti Radhi sur l’échiquier politique comorien ? 

Radhi se place dans l’opposition. Il est vrai que l’actuel régime fournit quelques efforts dans des domaines spécifiques. Cependant nous sommes convaincus qu’il pourrait mieux faire. Les efforts fournis sont nettement en deçà des attentes de la population dans des domaines aussi stratégiques que les infrastructures routières, la fourniture de l’eau et de l’électricité, le coût de la vie, l’emploi etc… On a l’impression que le régime manque de perspectives et se contente de tenter de colmater des brèches. Ainsi on sent en face une population désemparée, désabusée et démotivée, un état qui parfois pousse aux aventures. Et pourtant le régime bénéficie d’une stabilité politique remarquable et les revendications sociales ne sont pas empreintes de la violence d’antan. On est en face d’un régime frappé d’apathie.

Vous vous réclamez de l’opposition et pourtant, on ne vous voit pas  pas aux côtés du « Groupe des 5 » qui regrouperaient l’essentiel de l’opposition comorienne. Comment expliquez-vous cette absence ?

Le groupe de 5 incarne une partie de l’opposition, mais pas toute l’opposition. Il se pourrait que Radhi s’en approche mais cela dépend d’abord à ce que la direction du parti en décide ainsi. Nous rappelons tout simplement que Radhi dispose à l’Assemblée de l’Union comme dans les conseils des îles d’élus, l’actuel Président de Radhi étant un élu du Conseil de l’île d’Anjouan.

Votre parti était le seul à s’offusquer du fait que le 6 juillet dernier, lors de la célébration de la fête de l’indépendance, l’ex-président Sambi se soit « autorisé à ouvrir le toit de son véhicule pour se mettre débout et feindre de saluer la foule ». « Un acte répréhensible », selon vous…N’avez-vous pas l’impression d’être un peu trop sévère dans votre jugement ?

La fête du 6 juillet est le moment où toute la Nation communie puisqu’elle marque notre accession à la souveraineté internationale. Ainsi, il apparait, aux yeux d’une grande majorité des Comoriens, indécent de vouloir s’en approprier ou de l’utiliser. Cela est particulièrement choquant quand ceux qui ont eu à diriger le pays au plus haut niveau en font un fond de commerce, comme si chaque homme politique ne pouvait faire venir ses partisans sur la place de l’indépendance pour se pavaner…

Qu’en pensez-vous de l’organisation, le 26 juillet à Moroni, du IV sommet des chefs d’Etats de la commission de l’océan indien ? Qu’est ce que cela peut rapporter au pays ?

L’organisation du 4ème sommet de la Commission de l’Océan Indien aux Comores est un évènement majeur  et devra être salué comme tel. Le pays pourra t-il en tirer avantage par rapport à la question de Mayotte ainsi qu’aux problèmes de sous-développement, cela dépend de la manière dont le Gouvernement s’est préparé. En politique il n’y a pas de miracle.

 

Propos recueillis par Faïssoili Abdou

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