Communiqué de presse/ Int’Air îles reprend ses vols domestiques dès ce samedi

Nous publions ci dessous un communiqué émanant de la direction de la compagnie Int’Air îles.

LA DIRECTION GÉNÉRALE D’INTER ILES  AIR                                               

Service de la Communication   

COMMUNIQUE

Suite à la situation difficile que connait la Compagnie Inter îles Air, ayant conduit à l’arrêt de ses activités, nous exprimons tous nos regrets à nos clients et leur assurent, de notre volonté de faire face à cette malencontreuse situation pour abréger  les souffrances endurées par notre clientèle.

La Compagnie se félicite de l’initiative prise par les Hautes autorités Comoriennes pour engager des discussions pouvant conduire à un dénouement de la crise.

C’est donc conformément aux engagements pris entre l’Etat comorien et la Direction Générale d’Inter îles Air, et pour prouver sa bonne foi que la Compagnie vient de décider de reprendre progressivement ses activités.

Ainsi le démarrage se fera dès ce samedi 5 Août 2017 à travers la reprise des vols domestiques en donnant la priorité aux passagers titulaires de titres de  voyage  arrivés à terme et non utilisés ou ceux en cours de validité.

Nous prions à cette catégorie de clientèle de tolérer la prise en compte des situations d’urgence et les possibilités d’accueil.

En ce qui concerne les nombreux passagers bloqués dans les aéroports à l’Etranger, nous avons déjà engagé des négociations avec les partenaires et les pouvoirs publics pour espérer  trouver une solution rapide.

En effet, la trésorerie actuelle de la Compagnie obérée par le manque d’activités n’a permis que des remboursements partiels qui ont constitué un lourd fardeau financier pour la Compagnie, les passagers des vols domestiques sont invité à se diriger vers nos escales techniques de Bandar Es –salam à Moheli, de Hahaya à Ngazidja, de Ouani à Anjouan et de Pamandzi à Mayotte pour y recevoir les informations nécessaires.

 

Mutsamudu Le 4 Août 2017

La Direction Générale  

Service de la communication                                                                                  

Contribution/ Réussir les Assises nationales, réunir quatre conditions préalables  

Par Nakidine Mattoir, Historien∗

Nakidine Mattoir, Historien

Les partis politiques semblent adhérer à l’idée des assises nationales. Cette réunion porterait sur le bilan des 42 ans d’indépendance et des institutions actuelles. Ainsi, afin d’éviter de refaire les mêmes erreurs, il me semble que quatre conditions préalables doivent être réunies pour faire de ces assises une réussite collective.

Construire la nation comorienne

Une des conditions fondamentales pour construire les Comores de demain, c’est d’abord de construire la nation comorienne. Il est un spectre que nous devons tous nous employer à exorciser : celui de la disparition de l’unité de notre pays et de l’amour que nous lui portons.

Nous avons pris l’indépendance sans former des jeunes amoureux de leur pays et de la nation. Les Comoriens sont très claniques et chauvins. Par conséquent, nous devons mener, avec foi et conviction, la mère de toutes les batailles : la construction de la nation comorienne. Qu’est ce qu’être Comorien ? Est-ce le partage de valeurs communes? Est-ce l’exercice de droits et le respect d’obligations communes? Quelles sont nos valeurs communes à partager et à transmettre ? L’une des bases fondamentales de ces assises serait de définir “Être Comorien”. Ce sentiment d’appartenir à une nation unique peut être aussi transmise par l’instruction civique. Sur ce sujet, avec mon ami juriste Abdou Azimdini, nous avons élaboré un manuel d’instruction civique pour les élèves de l’école primaire et secondaire qui se propose de construire cette identité comorienne partagée et parfois refoulée. Notre démarche vise à réveiller le patriotisme qui nous habite tous. Assurer la cohésion nationale, transmettre les valeurs communes et consolider la fraternité nationale, ca serait érigé la fierté d’être comorien en bonheur partagé. Lire la suite

Transport aérien/Le projet Air Corail fait pschitt

Par Faïssoili Abdou

Un tigre en papier. Air Corail a été contraint de replier ses ailes face à la polémique. Le rêve comorien s’est subitement arrêté ce 1er août pour Erick Lazarus, ancien Pdg de le défunte compagnie Air Bourbon qui voudrait rebondir dans l’archipel en lançant une nouvelle compagnie aérienne battant pavillon comorien. 

Une sortie de piste.« Compte tenu de toutes les réactions négatives, voire hostiles, au lancement du projet Air Corail, les promoteurs de ce projet ont décidé de renoncer à la création et au lancement de cette compagnie aérienne comorienne ». C’est par ces quelques mots que les initiateurs  du projet Air Corail ont décidé de faire un trait sur leur ambition de lancement d’une compagnie long courrier dans l’archipel des Comores. Et pourtant, tout semblait être prêt pour le lancement de cette compagnie en gestation. Les destinations ded’Air Corail qui ambitionnait de devenir la compagnie nationale comorienne ont été dentifiés (Marseille, Plaisance, Nosy Bé et Djeddah) et le 1er novembre a été fixée comme le début d’exploitation de l’Airbus A330 de la compagnie avec un premier vol Moroni Marseille.

En effet, les initiateurs du projet, soutiennent dans leurs communiqué publié ce 1er août que « cette nouvelle compagnie long courrier entre Moroni et Marseille constituait réellement l’élément manquant pour l’ouverture et le développement de ce pays ». Ce passage fait étrangement écho à une phrase figurant dans l’autre communiqué publié ce 31 juillet à Moroni à l’issue de la rencontre entre les autorités comoriennes et les responsables d’Int’Air îles en vue du dénouement de la crise que traverse cette compagnie privée comorienne. Il est en effet mentionné que le Président Azali s’engage à « promouvoir l’émergence du secteur privé national dans le secteur du transport aérien afin d’assurer une meilleure insertion de l’Union des Comores dans la région et dans le monde ». Et si, c’était le dénouement de la crise d’Int’Air îles qui aurait découragé nos vaillants « investisseurs » à se lancer dans le ciel comorien? Lire la suite

Transport aérien : Le ciel se dégage pour Int’Air îles

Par Faissoili Abdou

Dénouement heureux dans le bras de fer Ancam et Int’Air îles.  La compagnie aérienne qui avait décidé de cesser ses activités à compter du 30 juillet à cause de « l’hostilité » de l’Anacm à son égard, va reprendre ses programmes de vol. Et ça sera, au plus tard à la fin de cette semaine. C’est ce qui ressort d’un communiqué publié à Moroni à l’issue d’une « réunion technique » entre d’un côté les responsables étatiques et ceux du  secteur des transports aériens et de l’autre les représentants  d’ int’Air îles et du secteur privé comorien.  « Les parties relève la disponibilité d’Int’Air ïles de reprendre au plus tard la fin de la semaine ses programmes de vol », indique le communiqué final qui souligne « l’engagement et la totale disponibilité du Président Azali à soutenir et accompagner la société Inter îles Air dans le but de reprendre rapidement ses programmes de vol ».

Le chef de l’Etat s’est, par ailleurs, engagé à « promouvoir l’émergence du secteur privé national dans le secteur du transport aérien afin d’assurer une meilleure insertion de l’Union des Comores dans la région et dans le monde ». Lire la suite

Bras de fer Anacm-Compagnies aériennes/ Le RADHI-France dénonce une « politique anti-nationale »

C’est la première formation politique à avoir pris clairement position dans le bras de fer qui oppose, depuis une année déjà,  les compagnies aériennes (AB Aviation et Int’Air îles) et l’Aviation civile comorienne (Anacm). Dans un communiqué publié ce 30 juillet à Paris, le RADHI-France apporte  son soutien « aux investisseurs nationaux victimes des opérations du gouvernement du président Azali, ainsi qu’aux familles qui vont devoir vivre avec le chômage à partir d’aujourd’hui ». Le bureau de cette section du parti de l’ancien ministre Houmeid Msaidie appelle également « l’ensemble des partis politiques à ne pas rester muets face à une politique anti-nationale en attendant une hypothétique entrée au gouvernement, et la société civile à ne pas se laisser endormir par une aide à l’organisation d’Assises Nationales ». Dans son communiqué le RADHI-France n’y va pas avec le dos de la cuillère en fustigeant  « une politique économique qui conduit à l’échec les investisseurs nationaux », en lieu et place de l’émergence promis par le chef de l’Etat. Une politique économique, par ailleurs, responsable des « destructions d’emploi dans ces deux compagnies, 130 emplois pour la seule société INT’AIR ILES » auxquels s’ajoutent plus de 7000 emplois détruits dans la fonction publique », constate le RADHI-France. Le parti demande enfin « au président de la République et à son gouvernement de se ressaisir et de changer de cap en soutenant les opérateurs économiques au lieu de les enfoncer ». Voici l’intégralité du communiqué.

 

FÉDÉRATION RADHI-France

Radhi.france2@gmail.com

COMMUNIQUÉ

30.07.17

La société INT’AIR ILES a annoncé la cessation de ses activités à partir du 30 juillet 2017, ne pouvant faire face aux exigences inconsidérées de l’Agence Nationale pour l’Aviation et la Météorologie (ANACM). Après la mise à mort il y a quelques mois de la compagnie AB Aviation, c’est la deuxième disparition d’une compagnie aérienne comorienne depuis le retour au pouvoir du président Azali, il y a un peu plus d’un an. Et comme par hasard, on nous annonce au même moment l’arrivée d’une nouvelle compagnie qui a les faveurs du gouvernement. Lire la suite

L’Oeil de Nidhoir/ Comores Telecom-Telma : les frères jumeaux du numérique aux Comores

Par Nidhoir Daoud

L’arrivée du câble Eassy allait numériquement désenclaver les Comores, fondre les prix exorbitants des communications numériques dans l’archipel. Le monopôle de Comores Telecom (CT) a exacerbé plus d’un, tant le service au sens technique, humain et commercial est à déplorer. L’arrivée du deuxième opérateur, Telco filiale de Telma , attendu religieusement n’a presque pas rebattu les cartes. Nous assistons à une petite guéguerre des prix que le Comorien ne comprend même pas. Au lieu d’une vraie concurrence source d’innovation ou de guerre de tarifs, le client est pris au piège: à défaut d’interconnexion entre les réseaux Huri et Telco, le client est contraint d’avoir deux puces, deux répertoires. Une offre commerciale floue que seuls les communicants de ces deux opérateurs en comprennent les avantages.

Sur les réseaux sociaux, les internautes comoriens applaudissaient l’arrivée du challenger Telma avec son marketing.  J’ai alerté sur cette fausse concurrence et le danger que cela représente sur les infrastructures de télécommunication aux Comores:

  • Primo, l’approche de Telma était centrée sur l’utilisateur B to C. En gros mener une guerre frontale à l’opérateur historique CT sur l’offre aux particuliers.
  • Deuxio, la couverture du réseau Telma au lieu de proposer une complémentarité a opté pour « je te tiens tu me tiens par la barbichette ». Quid des zones blanches. Quid de la densification des zones d’activités. Quid de la connexion sur pc en dehors des devices mobiles.

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Transport aérien/Face à l’ »hostilité » de l’Anacm, Int’air îles stoppe ses activités

Par Faïssoili Abdou

Et de deux ! En 14 mois le pouvoir Azali aura réussi la prouesse de réduire en pièces les deux seules compagnies aériennes comoriennes qui assuraient jusqu’ici la desserte dans l’archipel et dans les pays de la région.

Maudit, ciel comorien ! Six mois après AB Aviation dont, l’aviation civile comorienne a cloué ses appareils au sol et retiré la licence d’exploitation, c’est au tour d’ Int’Air îles de stopper ses activités. Dans un communiqué publié ce 28 juillet, la Direction de cette petite compagnie privée annonce la « fin de toutes ses activités à compter du 30 juillet 2017 à 17h00 ». Une décision lourde de conséquence motivée notamment  par « l’hostilité » de l’aviation civile comorienne à l’égard de cette petite société qui « s’est placée durant dix ans au service des habitants de l’archipel des Comores », rappelle le communiqué. Donc, ceux là même qui devaient protéger la compagnie comorienne seront ceux qui l’auront plombé, sans état d’âmes. Il y a quelques jours, Saiffoudine Inzoudine,  le patron d’int’Air îles avait publié un long communiqué sur les réseaux sociaux pour tirer la sonnette d’alarme devant ce qu’il a qualifié de volonté de l’Anacm de « saigner » sa compagnie. Un appel de détresse qui n’a, visiblement, pas eu d’écho auprès des autorités comoriennes alors que cette agence placée sous l’égide de Jean-Marc Heintz multiplie les mesures « hostiles » à l’encontre de la petite compagnie. Pendant ce temps, les autorités comoriennes obnubilées par la seule question qui vaille, pour le moment, à leurs yeux à savoir les « Assises nationales pour le bilan des 42 ans d’indépendance », ont préféré regarder ailleurs.

Les responsables d’Int’air îles estimant qu’ils ne sont « plus en mesure d’assurer leur mission dans la sérénité », ont donc décidé  de cesser leurs activités et mettre leurs « 130 salariés au chômage économique à partir du 31 juillet prochain ».  Silence au liquide… En attendant, l’Emergence à l’horizon 2030, le gouvernement Azali se débarrasse donc joyeusement du peu d’entreprises locales existantes. Bien malin celui qui comprendra la stratégie de ces chantres de l’émergence à la comorienne. En effet, comme, on le soulignait sur ce même blog en début de semaine, l’émergence ne se décrète et ne peut s’acheter. Elle est stimulée, soutenue et encadrée. Ce ne sont pas les pétrodollars de nos « amis » saoudiens qui pourront sortir le pays de son statut de pays sous développé à celui de pays émergent.

Alors qu’Int’Air îles est en train de mettre les clés sous le paillasson, la presse régionale se fait l’écho depuis quelques jours d’un mystérieux projet de création d’une compagnie aérienne dénommée Air Corail,  basée à Moroni avec à sa tête Erick Lazarus, ancien PDG d’Air Bourbon et qui aurait le soutien du Président de l’Union Azali Assoumani. Son début d’exploitation serait fixé pour le mois de novembre prochain. Au même moment, deux petits avions ont également fait irruption, depuis quelques jours, dans le ciel comorien. Des projets pilotés, dit-on, par des proches du pouvoir en place. « Ceci explique donc cela »… pensent les uns et les autres.  Décidément, le ciel comorien est peu clément pour les compagnies privées comoriennes. Et dire, qu’il y a encore des gens qui donnent du crédit au discours sur l’Emergence à l’horizon 2030…qui nous semble n’être, en réalité, qu’une grosse fumisterie.

Chronique/ Le Kikomor notre arme économique

Par Nidhoir Daoud, blogueur

Nidhoir Daoud

Connu comme un instrument de diffusion de la culture et la civilisation bantoue, le Kiswahili est devenu un instrument de soft power entre nos mains.  Une arme commerciale avec un potentiel d’accès à un marché de plus de 150 millions de consommateurs dans une dizaine de pays. Des pays en forte croissance économique comme le Rwanda, la Tanzanie, le Kenya. Le dynamisme de la région swahili qui est soutenu au sud par l’Afrique du Sud et au nord par l’Angola et le Nigéria est une opportunité pour les Comores. Je vous laisse imaginer l’impact et l’influence économique et géostratégique de cet ensemble swahili sur le continent africain et l’Océan Indien.

Le Kikomor ou Shikomori est une langue dérivée du Kiswahili parlée par entre 100 et 150 millions de locuteurs dans 10 pays d’Afrique: de la République démocratique du Congo (RDC) au Mozambique, en passant par les Grands Lacs (Rwanda, Ouganda, Burundi, Tanzanie), le Kenya et la Somalie. (source RFI.) Ces dernières années, grâce à la plateforme Youtube, nous avons découvert des clips vidéos tanzaniens, ougandais aussi ressemblants et proches de nous par le paysage, la langue voire la scénographie. Diamond Platnumz en est le parfait miroir de cette culture swahilie conquérante et puissante. Des clips professionnels où la réalisation n’a rien à envier aux productions hollywoodiennes ou à ceux de Trace TV, M6, MTV etc….Ces images racontent un espace swahili dynamique, fier et prospère.  Lire la suite

Promotion du genre/Interview-Hadjira Oumouri : « L’Émergence est l’affaire de tout le monde et donc la femme doit aussi apporter sa pierre à l’édifice »  

La Députée Hadjira Oumouri, ici, dans l’hémicycle

Sa loi sur la promotion du genre aurait pu faire son baptême de feu lors du remaniement du gouvernement Azali, le 17 juillet dernier. Dommage, le texte adopté le 22 juin dernier n’est pas encore promulgué par le Président de la République. Conséquence, on se retrouve avec une seule représentante du sexe dite faible dans la nouvelle équipe, là où la proposition de loi exige 30% de l’effectif total. Cette semaine la députée Hadjira Oumouri a accepté de répondre aux questions de Comores Essentiel par à la Loi sur la promotion du genre qu’elle a initiée et faite adopter par le Parlement. Interview…

Vous êtes à l’initiative d’une loi adoptée  par le Parlement le 22 juin dernier  qui inscrit, pour la première fois, comme « obligation » la promotion du genre dans l’accès aux fonctions nominatives et électives. Pourquoi, il a fallu que cela soit écrit sur du papier?

HO: Partout dans le monde il existe des lois qui favorisent l’égalité entre hommes et femmes. Dans notre pays, cela  a  été pris en considération dans la Constitution. Mon rôle de  parlementaire est de mettre en place un outil  pour intégrer la dimension du genre. Cette loi  doit permettre de réveiller, redynamiser et motiver les femmes à adhérer et à militer dans les partis politiques.

Comment se présente, aujourd’hui, la situation générale des femmes dans ces fonctions visées par votre loi?

Actuellement  la situation générale des femmes par rapport aux fonctions nominatives  et  électives est précaire. On est en régression totale. Il y a plus de quinze ans une femme a été élue député. Jusqu’à aujourd’hui, la situation reste toujours la même, voire même catastrophique  et on s’interroge combien y a-t-il des femmes élues ? Des ministres nommées ? Des Commissaires nommés dans les exécutifs des îles autonomes ? Des femmes occupant des postes de directions ?

La première étape, c’est-à-dire l’adoption du texte étant franchie, qu’est ce qu’il vous reste à faire pour que votre vœu soit effective ?

Beaucoup reste à faire ; tout d’abord  la promulgation de la loi, ensuite la vulgarisation de cette loi. C’est pour cela que je m’engage personnellement  à faire ce travail de proximité auprès des femmes  pour les conscientiser et les inciter à s’impliquer massivement dans cette initiative politique. A cet effet, je compte beaucoup sur les  groupements des femmes tels que  la Plateforme des Femmes  Politiques, le Réseau Femmes et Développement (RFD), les Associations Féminines villageoises etc…pour cette bonne cause.

Êtes-vous confiante quant à la promulgation et l’application réelle de cette loi ?

Je suis très optimiste. L’Émergence est l’affaire de tout le monde et donc la femme doit aussi apporter sa pierre pour édifier l’émergence de notre pays. C’est pourquoi je suis très  confiante quant à la promulgation  et à l’application de cette loi.

Certains prétendent que les femmes comoriennes ne s’investissent pas beaucoup dans la politique. Et que la structure de notre société tend plutôt à placer la femme en arrière plan. Est-ce aussi votre lecture ?

C’est une réalité, il ne faut pas se voiler la face.  Certes, la femme comorienne ne s’implique pas beaucoup dans la vie politique. Mais il faut se poser la question de savoir  pourquoi.  Moi, je sais que ni la religion, ni la culture n’interdisent la femme de faire la politique. Je pense plutôt que c’est une question d’habitude et de volonté. Eh Oui, souvent on dit que « ton habitude devient ton caractère et ta destination ».

Vous êtes combien de femmes à l’Assemblée ? Comment  ça se passe avec vos collègues homme, vous avez entièrement votre place dans les différentes commissions?

Actuellement, on est trois femmes à l’Assemblée Nationale de l’Union des Comores : Une titulaire, une suppléante et une conseillère de l’île Autonome de Ngazidja  votée par ses paires pour y siéger pendant un an.

En effet, dans la vie il faut se battre pour avoir sa place et ce n’est pas parce que je suis une  femme qu’on doit avoir pitié de moi. J’ai beaucoup travaillé, bataillé et escaladé des montages pour être élue. La vie politique est un combat de tous les jours, c’est ainsi que j’ai  ma place à l’Assemblée Nationale de mon pays et puis d’être élue Présidente de la Commission de Production et de l’Equipement par les membres de cette même commission. Et je le mérite.

Propos recueillis par Faïssoili Abdou

 

A Mayotte, le spectre des « décasages » réapparaît

Par Faïssoili Abdou

Les « décasés « , ici à la Place de la République à Mamoudzou en 2016 (image d’archive)

Une épée de Damoclès. Elle est là. Menaçante. Elle risque de frapper à tout moment. « Ce matin à 6h00 des engins de la mairie de Ouangani détruisent une vingtaine de bangas (cases en tôles), récemment construits à Kahani, sous la haute surveillance de plus de 160 gendarmes. Pour les occupants c’est la stupeur », rapporte une vidéo de 2 min posté le 20 juillet sur le site web de Mayotte 1 ère.  « Où allons-nous avec nos enfants français », se demande, désemparé, un des occupants de ces bangas qui assistent à la destruction de leurs habitations malgré le fait, soutiennent-ils, qu’ils ont eu l’autorisation d’un agent de la Mairie de cette commune du centre Mayotte pour leurs constructions.

Cette action intervient une semaine après les menaces, le 11 juillet dernier sur la chaîne de télé Kwezi Tv, d’un collectif Mahorais, qui se fait, pudiquement, appeler le Comité de défense des intérêts de Mayotte (Codim). Derrière ce nom à priori inoffensif, se cachent en réalité les collectifs de Mahorais qui se sont illustrés l’année dernière par des actions violentes dirigées contre  des Comoriens des autres îles vivant à Mayotte. « De mi-janvier jusqu’au début du mois de juin, des collectifs de villageois ont procédé à des évacuations illégales, souvent avec violence, de personnes logeant dans des habitations précaires (avec ou sans bail) », rappelait, le 26 juin dernier, le rapport des associations françaises intervenant dans les centres de rétention administrative (CRA).

« Ces collectifs ont justifié ces actions par des prétextes tels que l’occupation illégale des terrains et un lien supposé entre les personnes expulsées et la délinquance constatée  dans le département. Cela a donné lieu à des déplacements de populations (estimés à environ 1 500 personnes), situation aggravée par la passivité des pouvoirs publics face à ces « décasages», poursuivent les associations notant, au passage, que la majeure partie des personnes délogées étaient mineures ou en situation régulière.   Lire la suite

Développement communautaire/Liquidation du FADC, suite et fin ?

Par Faïssoili Abdou

Mme Dhikamal Doulfat,Directrice Exécutif National du FADC

Exit le Fond d’appui au développement communautaire (Fadc), place maintenant à l’Agence nationale  de conception et d’exécution des projets (ANACEP), la dernière trouvaille de Beit-Salam. L’acte qui s’apparente à une dernière étape dans l’enterrement amorcé  par les autorités de Moroni a été posé vendredi 21 juillet dernier par la passation de service entre la Directrice Exécutif National du FADC, Mme  Dhikamal Doulfat et Nourdine Moeva, le Directeur Général de l’ANACEP dans les locaux du Fadc à Hamramba. On attend maintenant la réaction de la Banque mondiale qui s’était opposé à la liquidation du FADC dans une lettre adressée au ministre des Finances et du Budget au mois d’avril dernier…

Cette passation a été faite suite à « la demande pressante du Secrétaire Général du Gouvernement », indique le communiqué de presse publié pour la circonstance précisant que « la passation technique » sera faite ultérieurement.  L’urgence pour les autorités était, visiblement, que l’ANACEP trouve très rapidement un toit. Et qu’il qu’ils se débarrassent vite de la directrice du FADC. Dans une lettre adressée le 03 juillet dernière à la Directrice du FADC, le secrétaire général du gouvernement (SGG) s’était montré très insistant, en demandant que cette passation se fasse dans « les meilleurs délais possibles ».

En effet, dans son article 19, le  décret N°17-29/PR du Président  de la République en date du  18 mars 2017 portant création de cette agence placée sous l’autorité du SGG et la tutelle financière du ministère des finances et du budget, il est  précisé que celle-ci  a repris «  dans ses missions, celles qui étaient dévolues au Fond d’Appui pour le Développement communautaire (FADC) » et met ainsi « fin aux missions du Fadc ».  Il s’agit d’un « excès de pouvoir », fait remarquer un observateur. « Un décret ne peut pas mettre fin à des  dispositions prise par une ordonnance qui est une loi », précise-t-il rappelant que le FADC a été crée en 1993 par l’Ordonnance n°93-001/PR. En attendant que les spécialistes du droit s’expriment sur ce sujet les autorités comoriennes continuent tranquillement leur bonhomme de chemin. Lire la suite

Point de vue….Quand Jean-Marc Heintz violait l’espace aérien comorien*

Par Lieutenant Midiladji, Officier de Sécurité en poste à  la Brigade de Gendarmerie de Ouani

L’opinion nationale s’interroge depuis l’arrivée du Président Azali  Assoumani au pouvoir sur la nature des liens qu’il entretient  avec Jean-Marc Heintz. Qui est ce Monsieur ?

Le commun des Comoriens pensent que sa force provient de la réalisation du grand mariage et de son accession au rang des notables grand-comoriens. Ce statut n’explique pas tout, Jean-Marc Heintz est aussi l’homme des réseaux qui ont fait tant du mal aux Comores et aux Comoriens.

Sa dernière prouesse, c’est en 2008 sur le tarmac de l’aéroport d’OUANI quand il est venu avec son Let 410, sans autorisation,  ni plan de vol, pour le Monsieur qui se fait passer aujourd’hui pour le Garant de la sécurité aérienne aux Comores. Un certain 21 Mars 2008 à 5h30 heures du matin, quelques jours avant le débarquement militaire à Anjouan, il est venu récupérer les 2 gendarmes et le pilote qui ont craché dans la baie de SIMA,  avec son hélicoptère venu de Mayotte pour contrôler les mouvements militaires à la veille du débarquement pour déloger le régime du Président  Mohamed Bacar. Lire la suite

Contribution/Notre mode de vie a un prix !

Par Nidhoir Daoud, blogueur

Nidhoir Daoud

Singapour, je le cite toujours en exemple, ce petit pays en superficie n’en est pas le moins influent. Une des grandes places financières tutoyant les places de marché Londres, Paris, New-York. Nation startup. 40 ans en arrière Singapour, pays tropical était un pays féodal comme les Comores. Grâce à Lee Kuan Yew, un leader visionnaire, Singapour en s’émancipant de la Malaisie, est devenue une puissance économique. Sa superficie est de 700 km2 deux fois moins que l’Archipel des Comores.

La taille de nos îles ne constitue pas un frein au développement. Ce qui est en cause c’est notre mode de vie. Pardon de le dire si archaïque. Si féodal. Si conservateur ! Irresponsabilisant. Qui fait de nous de grands bébés. Comment peut-on continuer à croire que ce sont les autres qui doivent régler l’addition ? Comment peut-on continuer de croire que les solutions viennent de l’extérieur ? Comme les valises d’argent liquide de Doha pour payer nos fonctionnaires. Qu’est-ce qu’on a fait des 6 mois de solde d’arriérés payés d’une traite ? Lire la suite

Assises Nationales/Interview: Chabane Mohamed, membre de la Coordination du Mouvement du 11 août : « nous ne sommes pas la courroie d’aucune ambition partisane »

Chabane Mohamed, membre de la Coordination du Mouvement du 11 août

Les Assises du Mouvement du 11 août (M11) font, depuis quelques semaines, l’objet de controverse au sein de l’opinion comorienne. En effet, nombreux sont ceux qui craignent que cette initiative, pourtant, initiée par la société civile ne servent de tremplin  au colonel Azali pour changer la Constitution et s’éterniser au pouvoir.  Comores Essentiel, s’est entretenu avec  Chabane Mohamed, l’un des membres de la  Coordination du M11 pour  nous expliquer les contours de ce Mouvement et ses attentes…

1 –Quelle est la finalité des Assises que le Mouvement du 11 août souhaite organisées ?

La finalité est claire et il ne faut pas que les gens la perdent de vue, car on entend tellement des choses fausses, depuis qu’Azali a adhéré à l’initiative des Assises, que nous qui avons rejoint cet appel dès les premières heures, nous sentons obligés de faire de mises au point, pour éviter que les orientations déclinées par le Mouvement du 11 août ne subissent des déformations. Nous militons pour que ces assises aboutissent à des conclusions et recommandations qui auront émané des forces vives de la Nation, à dessein qu’elles permettent que les années à venir pour les Comoriens soient meilleures que les 42 qui viennent de s’écouler. Voyez-vous, l’ambition est grande, elle vise un avenir reluisant pour les Comores. Il faut bien sûr se battre après pour le respect et la mise en œuvre de ces recommandations. Lire la suite

Transport aérien/ L’Anacm, une machine à broyer les compagnies comoriennes ?

Par Faïssoili Abdou

Au bout du rouleau. Décidément le ciel de l’océan indien n’est pas clément envers les petites compagnies aériennes comoriennes. En annonçant, début  décembre 2016, l’ouverture de nouvelles lignes dans les îles du Sud-ouest  de l’Océan indien (Madagascar, La Réunion et Maurice), Saiffoudine Inzoudine,  le PDG d’Int ‘Air îles espérait ainsi donner un nouvel essor à sa petite compagnie. Pourtant, quelques jours après cette annonce, Int’Air îles allait affronter la résistance de la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) française qui ne voulait pas accorder les autorisations commerciales à la petite compagnie qui souhaitait avec son A320 desservir Mayotte, Moroni et Pierrefonds (au sud de la Réunion). Une première anicroche qui a duré de longues semaines tenant en haleine les responsables la compagnie qui dessert en même temps la Tanzanie et Dubaï.

En arrivant, finalement, à obtenir  l’autorisation  de la DGAC, Int’Air îles croyait  que le ciel de la zone était dégagé pour ses activités. Mais, le répit ne sera que de courte durée. En effet, les chausse-trappes et autres coups bas ne manquent pas dans ce secteur où les compagnies aériennes se livrent à une concurrence féroce. Et parfois, ces coups viennent du côté  où l’on s’y attendait le moins.  Ainsi, la note publiée ce 14 juillet par l’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (Anacm) des Comores interdisant « les avions de type monomoteur classé transport public de voler la nuit (coucher du soleil+15 minutes) » ou encore l’interdiction des vols direct Hahaya -Ouani pour les mêmes types d’avions est vécu comme une mesure visant directement  Int’Air îles qui utilise ce type d’avions pour ses liaisons entre les îles. Une volonté manifeste de mettre la compagnie en difficulté. Lire la suite

Nation/ Qu’est ce qui fait courir Azali ?

Par Faissoili Abdou

Le père de la Tournante est-il tenté de jeter « son bébé »avec l’eau du bain?

Ici, le Chef de l’Etat avec des notables de Ndzouani au palais de Dar Nour à Mutsamudu

Sur les chapeaux de roues.  Un mois de juillet très chargé pour le Président Azali qui a procédé, le 17 juillet,  à un remaniement gouvernemental officialisant la fin de l’alliance politique avec le parti Juwa. Depuis sa rencontre, le 4 juillet dernier, avec les membres du Mouvement du 11 août (M11), le locataire de Beit-Salam a décidé de mouiller sa chemise, au sens propre comme au figuré, pour l’organisation des « assises sur les 42 ans d’indépendance et les 15 ans du Nouvel ensemble comorien et la présidence tournante ».  Des assises dont il souhaite qu’elles se tiennent rapidement. « Avant les élections », a-t-il annoncé, le 6 juillet,  lors de son discours à l’occasion de la fête nationale. Dans cette même allocution, le chef de l’Etat a  tenu à mettre en garde. Ces assises « ne doivent pas servir de prétexte pour ressusciter les démons du séparatisme », a-t-il lancé sans que l’on sache le lien entre les Assises et le séparatisme. Effet, selon, ses initiateurs cette démarche vise uniquement à faire le bilan des 42 ans de notre indépendance , en tirer les conséquences et dégager des nouvelles pistes pour envisager un nouveau départ de l’archipel qui peine à sortir du sous développement. La déclaration du chef de l’Etat est faite  deux jours après sa rencontre avec les représentants du Mouvement du 11 août, les chefs des Institutions  et les délégués de certains partis politiques. Lire la suite

Contribution/ Être émergent 

Par Nidhoir Daoud, blogueur

Il ne faut pas se moquer de l’ambition du Président Azali de faire de l’Union des Comores un pays émergent. Un chef d’État est dans son droit de proposer une vision du pays. Il revient à son peuple par le biais des élus de traduire cette vision à travers une série de programmes législatifs, économiques, culturels…etc.

Attardons-nous sur une condition sine qua non d’un pays émergent: la qualité des infrastructures (routes, ports, aéroports, hôpitaux …etc.). Quelle est la qualité de nos infrastructures routières, portuaires et aéroportuaires destinées à la circulation des biens et des personnes ?

En 42 ans d’indépendance, nous n’avons presque pas financé sur fonds propres une seule infrastructure sans l’aide internationale. En 42 ans sommes-nous si pauvres à ce point pour ne pas subvenir à un seul besoin ? La réponse n’est pas uniquement financière. Nous avons opté pour la facilité en pensant naïvement que cela est le devoir de nos partenaires extérieurs.

Pourtant nous avons les moyens de financer nos propres routes. Oui nous avons l’argent pour construire un hôpital digne de ce nom! Lire la suite

Rupture des relations Juwa-Crc : Le parti de l’ancien président Sambi « prend acte » et fustige un « nouveau gouvernement clanique »

Par Faïssoili Abdou

Les leaders du Juwa lors d’une récente rencontre à la résidence de l’ex-Président Sambi à Voidjou

La rupture est consommée. Les Sambistes ont dégainé, ce 18 juillet, leur première cartouche post alliance Juwa-Crc. Au lendemain de la nomination du deuxième gouvernement Azali, le parti Juwa de l’ancien président Sambi , qui tenait jusqu’ici une alliance avec le locataire de Beit-Salam , indique dans un communiqué qu’il « prend acte de la rupture unilatérale des protocoles d’alliance conclus devant le peuple comorien au stade de Missiri, le 26 mars et le 25 mars 2016 à l’hôtel Al-Amal ». En effet, la nouvelle équipe gouvernementale dévoilée ce lundi 17 juillet ne comporte aucun représentant du parti Juwa, le chef de l’Etat Azali Assoumani ayant décidé de se séparer de ses désormais ex-alliés.

Aux yeux du Juwa, la nomination de ce  nouveau gouvernement sans aucun membre de leur parti « signe la rupture annoncée avec les candidats Juwa et le leader de notre parti, Ahmed Abdallah Sambi ».  Cette «rupture intervient 24 heures après que le parti Juwa réuni en AG à Mutsamudu, avait réitéré son appartenance à la Mouvance présidentielle », souligne ce communiqué signé par Ibrahim Mohamed Soulé, secrétaire générale du parti.  Rappelons que dans un précédent communiqué publié le 14 juillet dernier à l’issue de cette assemblée générale à Mutsamudu, le parti Juwa affirmait « son association avec le pouvoir dirigé par le président de la République, Azali Assoumani, sur la base de la plateforme d’alliance politique  signée au stade de Missiri  le 26 mars 2016 ». Ainsi, les partisans de l’ancien Président Sambi  constate que « le leader de la CRC (Azali Assoumani, Ndlr) et son parti n’ont pas respecté les engagements pris dans ces protocoles d’accord ». Lire la suite

Deuxième gouvernement Azali: La CRC tient la barre

Azali Assoumani, Président de l’Union des Comores (Source: Beit-Salam)

La Crc rafle la mise. Le deuxième gouvernement du président Azali vient d’être publié. Il est là, tout frais. On remarquera tout de suite qu’aucun ministre Juwa (le parti de l’ancien président Sambi) de la précédente équipe n’est reconduit dans ce nouveau gouvernement. Un geste qui signe clairement la rupture de l’alliance Juwa-Crc. L’autre fait marquant de ce nouveau gouvernement est le retour en force de Soeuf Mohamed Elamine au ministère des relations extérieures, un poste que ce cousin du chef de l’Etat, de Mitsoudje comme lui, a déjà occupé lors du premier mandat d’Azali Assoumani. On vous livre ici la liste compète en attendant de recueillir les commentaires des uns et des autres par rapport à cette nouvelle équipe gouvernementale.

LE PRESIDENT DE L’UNION,

VU      la Constitution de l’Union des Comores du 23 décembre 2001, révisée, notamment en son article 16

                                                                                    D E C R E T E :

ARTICLE1er : Les Vice-Présidents de l’Union sont chargés respectivement des Ministères ci-après cités :

1.1       Vice-Président chargé du Ministère de l’Economie, de l’Energie, de l’Industrie, de l’Artisanat, du Tourisme, des Investissements, du Secteur Privé et des Affaires Foncières,

     Monsieur DJAFFAR AHMED SAID HASSANI.

1.2             Vice-Président chargé du Ministère de l’Agriculture, de la Pêche, de l’Environnement, de l’Aménagement du Territoire et de l’Urbanisme,

     Monsieur MOUSTADROINE ABDOU.

1.3             Vice-Président chargé du Ministère des Transports, des Poste et Télécommunications, des Technologies de l’Information et de  la Communication (TIC),

Monsieur ABDALLAH SAID SAROUMA.

ARTICLE 2 : Sont nommés Ministres, les personnes dont les noms suivent :

2.1.      Ministre des Finances et du Budget

    Monsieur SAID ALI SAID CHAYHANE.

2.2.      Ministre des Affaires Etrangères, de la Coopération Internationale et de la Francophonie, Chargé        des Comoriens de l’Etranger,

 Monsieur Souef MOHAMED EL AMINE.

2.3.      Ministre de l’Intérieur, de l’Information, de la Décentralisation, chargé des Relations avec les Institutions, Porte-parole du Gouvernement,

Monsieur MOHAMED DAOUDOU.

2.4.      Ministre de l’Éducation Nationale, de l’Enseignement et de la Recherche,

Monsieur SALIME MOHAMED ABDEREMANE.

2.5       Garde des Sceaux, Ministre de la Justice, des Affaires Islamiques, des Administrations Publiques et des Droits Humains,

    Monsieur MOUSSA MAHOMA.

2.6       Ministre de la Santé, de la Solidarité, de la Protection Sociale  et  de la  Promotion du Genre,

   Dr RASHID MOHAMED MBARAKA FATMA.

2.7       Ministre de la Jeunesse, des sports, de l’Emploi, de l’Insertion Professionnelle, des Arts et de la Culture,

    Monsieur SALIM MAHAMOUD

ARTICLE 3 : Sont nommés Secrétaires d’Etat et participent au Conseil des Ministres pour les affaires relevant de leurs attributions :

3.1     Secrétaire d’Etat chargé du Tourisme et de l’Artisanat auprès du Vice- Président, chargé  du Ministère  de  l’Economie,  de l’Energie, de l’Industrie, de l’Artisanat, du Tourisme, des Investissements, du Secteur Privé et des Affaires Foncières,

    Monsieur WAHADI MADI.

3.2       Secrétaire d’Etat chargé des Transports auprès du Vice-Président chargé du Ministère des Transports, des Poste et Télécommunications, des Technologies de l’Information et de  la Communication (TIC),

    Monsieur SOULAIMANA KAAMBI

3.3       Secrétaire d’Etat chargé de l’Aménagement du Territoire et de l’Urbanisme auprès du Vice-Président Chargé du Ministère de l’Agriculture, de la Pêche, de l’Environnement, de l’Aménagement du Territoire et de l’Urbanisme,

Monsieur MMADI KAPACHIA.

3.4       Secrétaire d’Etat,   chargé de la Coopération avec le Monde Arabe, auprès du Ministre des Affaires Etrangères, de la Coopération Internationale et de la Francophonie, chargé des Comoriens de l’Etranger

 Dr HAMIDOU KARIHILA.

ARTICLE 4 : Le présent décret sera enregistré, publié au Journal Officiel de l’Union des Comores et communiqué partout où besoin sera.

                                                                                                  AZALI Assoumani

Source: Beit-Salam.km

Un œil dans l’Histoire/ « L’impromptu d’Abdallah », selon François Mitterrand

Ici, Ahmed Abdallah Abdéremane (père de l’indépendance) et Giscard d’Estaing en 1976 à Paris

Parler de l’indépendance des Comores, c’est aussi évoquer l’épineuse question de Mayotte, cette quatrième île de l’archipel qui nous a été ravie en 1975 par la France, l’ancienne puissance coloniale. A l’occasion de la célébration du 42ème anniversaire de notre souveraineté nous publions ci-dessous un récit extrait du livre « L’Abeille et l’Architecte » publié en 1978 par François Mitterrand, ancien président de la République Français de 1981 à 1995. Dans cet ouvrage en forme de chronique ou d’un carnet intime l’ancien premier secrétaire du parti  socialiste raconte et commente son quotidien et l’actualité  au jour le jour. Ainsi dans les pages 58-59 on peut lire ce récit concernant les Comores. Il est question des coulisses des discussions au sujet de l’indépendance des Comores entre Ahmed Abdallah et Giscard d’Estaing.  Ce document nous semble intéressant dans la mesure où il nous renseigne comment les autorités successifs des Comores depuis Ahmed Abdallah se sont laissés bernés par les autorités françaises sur cette question de Mayotte. Tromperie d’un côté et naïveté de l’autre, tels semblent être les ressorts de ce dialogue entre les deux parties depuis 1975. Il parait que l’Histoire ne se répète que chez les peuples qui ne savent pas tirer les leçons du passé.

Le texte ci-dessous est extrait du livre de François Mitterrand,  L’Abeille et l’Architecte publié en  1978

Mercredi 9 juillet 1975

Le Monde rapporte le récit que j’ai fait dans La Paille et le Grain de ma rencontre, entre les deux tours de scrutin de l’élection présidentielle, avec Ahmed Abdallah, Président depuis hier de l’Etat des Comores. Je précise ici, pour confirmer un point d’histoire, que cette entrevue a eu lieu le 11 mai 1974, en milieu de journée, au domicile d’André Rousselet, rue d’Aumale. J’avais été alerté par Monique V ., qui fut longtemps ma collaboratrice et qui reste une amie très chère, qu’Abdallah–parrain d’un de ses fils–arrivait à Paris et M. Giscard d’Estaing s’apprêtait à traiter, comme on peut le supposer, ce grand électeur d’outre-mer–qui avait dans sa poche soixante-quinze mille suffrages tout cuits.

Des liens anciens m’unissent aux Comores. Saïd Mohamed Cheikh, qui devait former le premier gouvernement comorien autonome, avait appartenu au groupe parlementaire auquel j’étais inscrit et nous y avions noué de bonnes relations. Je me souviens de la joie qu’il eut à m’accueillir à Moroni, sa capitale, il y a de cela vingt cinq ans. Si, lors de l’élection de 1965, il m’avait distribué plus d’encouragements que de suffrages (au lendemain du premier tour, de Gaulle ayant obtenu 108 838 voix et moi 601, l’ami Saïd ne m’en avait pas moins adressé de télégramme enthousiaste  « Bravo, vous êtes le second »), je m’étais senti incapable d’éprouver de la rancune à l’égard d’un brave homme dans la nécessité. J’avais donc continué de le voir et, avec lui, ses familiers parmi lesquels Abdallah, dont je devins en 1959, le collègue au Sénat. Lire la suite

A Mayotte, la patrie des droits de l’Homme se fout du Droit

Par Faissoili Abdou

Ici, des familles « décasées » et amassées Place de la République à Mamoudzou

22 677. C’est le nombre de personnes expulsées à Mayotte en 2016. Une hausse de 21% par rapport à 2015 selon la préfecture de Mayotte qui, dans un communiqué datant du mois de janvier, vantait la « nouvelle gouvernance de la lutte contre l’immigration clandestine (.. .) qui a permis d’intercepter 432 Kwassa-kwassas et d’assurer une présence plus forte à la mer des bateaux intercepteurs ».

Une situation que dénonce avec vigueur le rapport annuel des associations intervenant dans les centres de rétention administrative(CRA)  en France (Assfam, Forum réfugiés-Cosi, France terre d’asile, Cimade,  Ordre de Malte France et Solidarité Mayotte). Dans leur rapport publié le 27 juin dernier, ces associations  évoquent un « nombre de placements et une durée de rétention hors norme » dans cette île comorienne sous administration française. L’île tient le record des placements en rétentions. «Le département de Mayotte atteint à lui seul 43 % du total national, dont 4 285 mineurs, dans un contexte où les éloignements forcés sont si rapides (17 heures en moyenne) que seule une faible proportion de personnes peut exercer ses droits », dénonce le rapport.

« À Mayotte la majorité des éloignements se fait vers la République  Fédérale Islamique des Comores. Un accord bilatéral supprimant l’exigence d’un laissez-passer consulaire permet des éloignements expéditifs avec le départ d’un bateau par jour. La durée de rétention est ainsi très faible : 19h00 en moyenne », rappelle-t-on dans ce rapport. On parle d’une « quasi navette » entre les deux rives de l’archipel. Lire la suite

Le 42 ème anniversaire de l’indépendance vue par la slameuse ZamZam Elhad

Cette semaine, la talentueuse Slameuse, ZamZam Elhad a accepté d’égayer votre blog ainsi que le journal Comores Essentiel de sa  superbe plume. D’un ton alerte et critique, elle pose un regard vif et acéré sur ce qu’est devenu notre pays 42 ans après son indépendance acquise en  1975. Dans ce merveilleux Salam en Shi N’gazidja,ZamZam Elhad dit clairement qu’en ce 42 eme anniversaire de l’indépendance, elle n’a pas « la tête à faire la fête ». Entre la fierté et la joie qui a suivi la proclamation de ce Uhuru tant rêvé par les Comoriens et ce que les autorités successives depuis 1975 ont fait du pays, il y a un grand  fossé. Et ce fossé là, n’enchante pas grand monde. Beaucoup de nos concitoyens vont jusqu’à regretter  cette indépendance.  Sans être de ceux là, ZamZam Elhad, n’a pas « la tête à faire la fête ».  Et elle le dit. « Leo ntsi wa sakara/ Leo ntsi wau djicererea/ Dje ulozo ye mwana he anda= littéralement : Aujourd’hui, je n’ai pas la tête à faire la fête/ Aujourd’hui, je n’ai pas le sourire/ Comme celle qui célèbre le grand mariage de sa fille », déclame la jeune Slameuse. Comment serait-elle joyeuse quand elle constate combien les jeunes sont malmenés par les autorités et les pouvoirs publics ?

Alors que certains ont perdu leur travail suite à des licenciements massifs, d’autres ne vont pas à l’école à cause des grèves incessantes dans l’éducation nationale. Les forces de l’ordre ne se gênent pas de tirer sur les jeunes lycéens qui revendiquent pacifiquement leurs droits et des petites enfants, comme ce fut le cas de Zoubeda, il y a 5 jours, meurent dans nos viles et villages faute de soins. Tout cela dans l’indifférence générale. Et, s’il y a quelque chose qui chagrine beaucoup notre jeune Slameuse, c’est la fatalité de son peuple. Ce peuple qui subit sans broncher. Le Comorien  ne râle pas, ne proteste pas, il subit. Comme tétanisé, il se réfugie dans la fatalité. « Sha pvanu nge mtrwana/ Ngutso ruwa no hamba ziwumbwa/ Ngutso dza no hamba/ Ngwadjo nilipva pvo bangweni kiyama= Mais là, il est comme un esclave/ il se tait en disant que c’est le destin/ il se tait en disant/ ils vont me le payer le jour du jugement dernier »…

 

Hitswa

Hitswa shi djaya madjongoma

Na ma firida

Ankili yirendreha  ya gondzi

Tsi fikira za udjushiliya ye malalo

Kodjo hamba yodunga ndziya

Yaudjuwa urema kotsi

Fikira za mswalata

Fikira za udjandji

Fikira za ubaghili

Ndeza tso djaliliya

Matso yabaziha

Marongo yafubiya

Itso za udjihupviya

Pvo mapvosho yalo hama yafuha

Katsu ziwona

Mashishio yadjaya trende

Ko za haki ziyishiyao

Eka tsi wushonga neza riba

Hanywa yidjaya

Kahutsi eka tsi marapviha

 

Maravu ngaya yishiyao baya

Yazimbi no zimba

Ha mbeye yahanculiwao

Utungu nguono

Sha pvanu ye hama nge dja bafuta

Ngutso holelwa nkudi naye yeruwa

Mbuwa ngu wolo habuhuo

Mavushe mayi  yamheleyao

Sha pvanu nge hama mtrwana

Ngutso ruwa no hamba zinu ziwumbwa

Ngutso daza no hamba

Ngwadjo nilipva pvo bangweni kiyama

 

Uhuru ?

Leo ntsi wa sakara

Leo ntsi wau djicererea

Dje ulozo ye mwana he anda

Leo ngami wazililo

Leo ngami wayi idumbio

Leo ngami wa ncemeza

Pvo maravu na mbuwa

Watso ulamha

Wafunga fundo

Wona nkarada na mhono

Madjongoma na marongo wayatoowa

Ntrende na marapviha wazitra

Uhuru ?

Leo ntsi wa udjidjipvilia

Pvo dja zoubeida walawao

Pvo dja assad ibrahim wawulwawao

Pvo dja zainaba msomo wapuziwao

Pvo dja mhoma hazi wapvohwao

Pvo dja mi tanbu nizo nao

Leo ntsi wa Uhuru

Leo tsi hundrwa

ZamZam Elhad, Slameuse (dernier livre publié : Tsandza, Halima Mohamed, éditions Coelacanthe 2016), un autre livre de la slameuse est dans les tuyaux et sortira l’année prochaine. Elle a également pleins d’autres projets.

 

Opinions/ Djaanfar Salim Allaoui: « Nous invitons nos frères et sœurs du mouvement du 11 Août à élargir le Débat et le format dans les autres îles »

Par Djaanfar Salim Allaoui,  Ancien Vice-Premier Ministre des Comores(2002)

Ancien Ministre de L’Intérieur de L’Ile Autonome d’Anjouan (2002-2008)                                 Secrétaire Général et Porte-parole de G.N.E.C Rénové

Djaanfari Salim Allaoui, ancien ministre, secrétaire générale et porte parole du Gnec Renové

Le poids des mœurs et des coutumes n’ont jamais fait émerger ou épanouir une Nation à priori, sauf si ce génie d’un peuple devient un symbole fédérateur et communiant de tout un pays. Cela est loin d’être le cas des Comores du moins pour le moment étant entendu que l’organisation  sociétale de Ngazidja et des autres îles diffère de fond en comble avec celle de leurs sœurs Anjouan, Mohéli, et Mayotte. La Notabilité à Ngazidja s’incruste dans toute la sphère politico-socio-économique de l’Etat comorien, le mode vestimentaire, le sens de l’honneur, la conception du Grand mariage…, sont autant d’événements spécifiques de Ngazidja et qui rythment  la vie sociale dans cette île, pourtant les anthropologues Comoriens n’ont pas cessé de mener des études sur la situation dans les autres îles de notre pays. Rendons  un vibrant hommage à Son Excellence Feu Président Saïd Mohamed Cheikh qui avait pris la mesure de ces problèmes et n’a jamais caché son  désir de reformer le système pour le rendre compatible avec le développement d’un monde moderne.

A l’heure où l’on parle d’émergence, il n’y doit pas y avoir de sujet tabou, tout doit être mis sur table afin d’éviter  des écueils pour notre pays fragilisé par des décennies d’instabilité politique. C’est pourquoi nous osons dire que ce mécénat constitue un obstacle au développement de notre pays et instaure une oligarchie des notables au détriment des actions démocratiques. Je ne comprends pas qu’aucun frère de Ngazidja autre que notre vaillant dirigeant Saïd Mohamed Cheikh, n’ose soulever cette question au risque de subir l’affront ou le rejet de la société de Ngazidja, par un bannissement à l’instar de la Fatwa en Iran, certes notre pays doit rester uni malgré nos différences, car ce qui nous réunit est fort que ce qui nous divise  mais les Anjouanais, les Mohéliens, profondément comoriens, ne cessent de s’interroger sur cette force de la notabilité de l’île  sœur, capable d’influencer le monde politique et lui  dicter une ligne de conduite.

La jeunesse de Ngazidja  est consciente de ces difficultés et souhaite un changement radical des mœurs malgré les aspects positifs de cette coutume que sont, la promotion d’une culture de solidarité. Dans toute action politique, le débat doit être ouvert à tous sans esprit dominateur évitant les armes de déstabilisation, accusant les uns et les autres de ne pas aimer leur pays parce qu’ils ont une autre conception du vivre- ensemble. C’est pourquoi nous  invitons nos frères et sœurs du mouvement du 11 Août à élargir le Débat et le format dans les autres îles pour ne pas apparaître comme mouvement n’ayant pas une envergure nationale.

Mutsamudu le 06 Juillet 2017

Loi sur la promotion du genre/Mme Sittou Raghadat Mohamed : « La société peut déconstruire toutes les pratiques injustes et discriminatoires  qui nuisent au développement d’un pays »

Madame Sittou Raghadat Mohamed, faisant le grand V de la victoire quelques minutes après l’adoption de la loi par les députés

Une loi adoptée le 22 juin dernier par l’Assemblée de l’Union vise à mettre en place « des mesures pour promouvoir le genre dans l’accès aux fonctions nominatives et électives ».  En effet, initiée par la députée Hadjira Oumouri, celle-ci, prône que les nominations dans le pouvoir de l’Union comme ceux des îles respectent la « proportion de 30% du genre » mais aussi qu’aux élections de représentants de la Nation et des Conseillers des îles, les candidatures présentées par les partis et mouvements politiques  ne soient « recevables » que si elles représentent « 30% du genre ».

Comores Essentiel, s’est approché de Madame Sittou Raghadat Mohamed pour recueillir ses impressions à propos de cette loi. Cette première femme députée de l’archipel, ancienne ministre  et infatigable militante des droits des femmes aux Comores exprime ici son enthousiasme après l’adoption de la loi et sa confiance quant à la promulgation et l’application réelle des mesures recommandées par cette loi. Il faut rappeler que la plupart du temps des lois, pourtant adoptées par l’Assemblée, sont rangées au placard par les hautes autorités. Entretien…

Quel commentaire faites-vous de la loi sur la promotion du genre dans l’accès aux fonctions nominatives  et électives adoptée le 22 juin dernier à l’assemblée de l’union ?

C’est une activité qui figure dans le plan d’action de la plateforme des femmes en politique Océan indien Comores (PFPOI COM) que je préside. Notre députée  l’honorable Hadjira Oumouri, membre de la PFPOI COM s’est investie personnellement  et nous a soumis la proposition de loi. Les membres présents à la réunion ont approuvé  le texte. Après  réflexion et études   et avec l’encadrement de son conseiller juridique nous avons adopté la version finale. La Commissaire au genre et la PFPOI COM furent invitées par la commission des lois. Le débat fut houleux mais le climat a été convivial et nous nous sommes mis d’accord sur plusieurs points.

Le commentaire que je fais c’est surtout un constat : L’appropriation de la loi par les autres plateformes et l’enthousiasme exprimé par les femmes comoriennes ainsi qu’une majorité d’hommes épris de justice sociale. Nous vous remercions de tout cœur.

Etes-vous confiante quant à la promulgation et l’application de cette loi ?

Etre confiante ? Je l’ai toujours été, je le suis et le serai toujours. Je suis de nature très optimiste et je suis de ceux qui croient que tout se gagne à travers le combat sous ses multiformes : Le militantisme, la persuasion, le plaidoyer, la sensibilisation, la diplomatie, la stratégie et le savoir-faire. La vie est une lutte perpétuelle. Lire la suite

Darchari Mikidache:« On va continuer à déresponsabiliser les pouvoirs publics et les élus pendant combien de temps ? »

Suite à la publication la semaine dernière de l’interview dont Saïd Soilihi, Président de l’association AFA2E, a accordée à Comoressentiel nous avons reçu le Commentaire suivant  de Darchari MIKIDACHE, acteur politique et président du think-tank « Cercles des économistes et des experts comoriens » (CEEC)

Darchari Mikidache, acteur politique et président du Cercle des Économistes et experts comoriens.

« Très bonne initiative. L’initiative est à l’honneur de l’association et de son président. Néanmoins, il nous appartient tous au contraire de contraindre l’Etat et le pouvoir à agir réellement sur le terrain par des actions globales en assumant ses responsabilités.

En effet, le projet de l’association domonienne est très bien mais il ne s’inscrit pas dans un programme global pour toutes les communes comoriennes. On va continuer à déresponsabiliser les pouvoirs publics et les élus pendant combien de temps alors que ces mêmes élus se remplissent les poches en se pavanant alors qu’ils sont censés s’occuper du quotidien des citoyens et de l’avenir de la jeunesse ? Notre pays n’est pas pauvre car l’argent dort dans les banques et une grosse partie des recettes publiques sont détournées sans oublier les aides internationales et les fonds de la diaspora. Changeons de mentalité et de dirigeants. Bien entendu, chaque citoyen doit apporter sa contribution pour soulager son prochain et nos communes mais nous ne devons pas et ne pouvons pas nous substituer à l’Etat.

Choisissons les meilleurs dirigeants capables de respecter leurs engagements politiques et électoraux avec un esprit d’équité et de justice. Nous ne devons pas laisser tranquille les élus qui doivent rendre des comptes au peuple. Adoptons une culture de résultats et de l’efficacité de l’Action publique au lieu de vouloir tout faire nous même alors que nous ne pourrons pas le faire pour tous ceux qui en ont besoin.

Aussi, je ne partage pas la citation de l’article car ce serait déresponsabiliser les Autorités publiques et perpétuer la culture de l’assistanat et de la mendicité alors que nous avons la capacité et les potentialités pour faire décoller notre pays en élevant le niveau de vie de nos concitoyens. Une révolution des mentalités est essentielle. L’exigence de la culture de résultats des hommes politiques et de la mobilisation des ressources financières, humaines et naturelles internes est primordiale. Aidons-nous nous-mêmes à devenir autonomes et maîtres de nous-mêmes avec le choix de dirigeants capables, crédibles, justes et efficaces. Inchallah nous y arriverons un jour, j’en suis persuadé. Il convient de commencer par changer déjà nos mentalités. »

Fin de la première session parlementaire de l’année: « Un volume de travail limité…mais d’une portée importante »

Par Faissoili Abdou

Abdou Ousseni, Président l’Assemblée de l’Union
source: Alwatwan

Le parlement a clôturé, le 22 juin dernier, les travaux de la première session de l’année 2017 ouverte début avril. « Au terme de cette session les députés ont adopté onze textes dont cinq déposés par le gouvernement et six relevant d’initiatives des élus », a indiqué Abdou Ousseni,  le président de l’Assemblée de l’Union dans son discours. Parmi les lois adoptées, on citera celle du code de la nationalité, celle relative à  la promotion du genre dans l’accès aux fonctions nominatives et électives ou encore celle portant transfert des activités de la centrale d’achat des médicaments de l’Union des Comores (CAMUC), à un nouvel établissement public appelé Office Comorien des Produits Pharmaceutiques (OCOPHARMA).

L’Accord cadre de coopération entre le gouvernement de l’Union des Comores et le gouvernement de la République de Maurice a été aussi adopté au cours de cette session. « A l’actif de la session, il y a aussi l’adoption de la Résolution portant création d’une Commission d’enquête parlementaire sur la loi relative à la citoyenneté économique adoptée en novembre 2008 dans des conditions pour le moins douteuses. Les retombées de ladite loi au plan financier, diplomatique et sécuritaire font aujourd’hui l’objet de nombreuses interrogations qui ont motivé l’initiative ainsi prise par la Représentation nationale », a souligné le président de l’Assemblée. « Le volume de travail ainsi accompli pendant cette session, peut paraître à certains comme étant finalement limité. Mais il est vrai aussi que sa portée est importante », a-t-il tenu à rappeler.

Le moins que l’on puisse dire c’est que cette 1ère session de l’année 2017 a connu un début très mouvementé. Le président de l’Assemblée est d’ailleurs revenu sur les incidents survenus début avril dans l’hémicycle et qui ont sérieusement écorné l’image de cette institution. Il a ainsi  regretté « une atmosphère inhabituelle d’affrontements physiques entre des membres de notre institution parlementaires » indiquant que ce « climat de défiance qui règne de façon quasi permanente au sein de l’Assemblée est dû en grande partie au fait que l’on voudrait régler les problèmes sans considération des textes règlementaires et des règles de bienséance qui régissent notre Institution ».

Du haut de son perchoir, le chef de Hamramba a ainsi tenu à « réaffirmer » son « attachement au dialogue et à la cohésion interne, au sein de notre Institution dans le respect de la réglementation en vigueur ». Dans ce même registre, Abdou Ousseni, a relevé « la crise politique et institutionnelle qui sévit au Conseil de l’île autonome d’Anjouan et dont on ne voit pas encore l’issu » précisant que « cette situation est le résultat de manquements répétés au nécessaire dialogue entre les différents acteurs politiques concernés et au respect des textes fondamentaux qui régissent l’Institution ». Espérons que les mauvais plaisantins, tapis dans l’ombre, qui nous oblige à assister à ce mauvais film décideront enfin de couper  le tournage…

Bureau géologique des Comores : Naoildine Houmadi part avec le « sentiment et une fierté du travail accompli »

Par Faissoili Abdou

Naoidline Houmadi, ancien Directeur du bureau géologique des Comores (BGC)

Naoildine Houmadi, le désormais ex-directeur du bureau géologique des Comores (BGC) a passé la main à son successeur le 23 juin dernier.  Il a saisi cette occasion pour adresser ses « remerciements » à  toutes  les autorités politiques qui se sont succédé  durant toute  la période qu’il a eu à diriger le BGC, à ses collègues et en fin à « féliciter » le nouveau directeur.  

Ce fut également l’occasion pour  ce géophyisicien d’établir un bref bilan de son action à la tête de cette institution en charge de la supervision du secteur des ressources géologiques (ressources en hydrocarbures, énergétiques (géothermie) et minérales aux Comores. L’ancien directeur a parlé des projets en cours dans le secteur pétrolier, de la géothermie et des ressources minérales.  « Je pars avec le sentiment et une fierté du travail accompli », a-t-il déclaré  indiquant qu’il a «  d’autres projets en tête et l’Université peut en faire partie mais, elle n’est pas la seule, car je suis plus praticien que théoricien. J’aime mettre la théorie en pratique ».

A en croire un document de presse remis aux journalistes  ce jour là,  le travail réalisé a permis « d’enregistrer des avancées importantes dans la connaissance et la compréhension de l’histoire et la nature géologique de la zone économique exclusive des Comores ». Les prospections réalisées sur les différents  sites étudiés ont révélé l’existence d’un « système pétrolier » dans l’archipel, selon ce document qui évoque notamment la présence d’une roche réservoir,  d’une roche de couverture et enfin d’une roche mère. Des éléments favorables au processus de maturation sont également mis en évidence.  « Des résultats très encourageants », assure-t-on au BGC qui indique aussi  que le cadre légal  pour la gestion du secteur pétrolier aux Comores est établi. Il s’agit précisément de la loi n°12-19/AU du 27 décembre 2012 portant code pétrolier et le décret d’application n°13-30/PR du 7 mars 2013. « Un cadre clair, transparent et attractif qui permet de piloter les activités », vante-ce document qui parle de trois contrats en cours (un contrat de prospection et deux contrats de partage de production).

Sur le plan de la prospection « un 1er contrat conclu avec ION/GXT en 2007 a permis l’acquisition de 9991 km de données sismiques destinées aux compagnies pétrolières. Un autre contrat en cours de finalisation avec CGG (compagnie générale de géophysique) permettra d’acquérir de nouvelles données qui vont enrichir la base de données géoscientifiques en vue d’une meilleure appréciation du potentiel en ressources du sous sol », indique ce document.

« Deux contrats de partage sont en vigueur depuis 2014 avec Bahari Ressources/Discover Exploration sur les blocs 35, 36,37 et Safari Petroleum/Western  Energy sur les blocs 38, 39,40 tandis qu’un 3ème contrat signé en 2015 avec Rhino Ressources sur les blocs 17 et 24 est en attente d’approbation par l’Assemblée de l’Union », poursuit le BGC dans son communiqué.

Pour ce qui est de la géothermie, le BGC, a indiqué que des  études d’exploitation menées en 2014-2015 sur le Karthala  grâce à des accords de partenariat signés entre le gouvernement de Nouvelle Zélande et le Pnud d’une part et avec la commission aux infrastructures  et à l’énergie de l’Union africaine ont permis de mettre en évidence la présence d’un gisement de chaleur exploitable pour la production d’électricité d’une capacité de 40 Mw. « Le programme entre dans une phase de forages exploratoires. Ces derniers devront permettre de confirmer la ressource et tester sa capacité avant la troisième phase dédiée à la construction de la centrale pour l’exploitation », révèle le BGC. Les travaux de forages sont estimés à un coût total d’environ 45 millions de dollars. 18 millions de dollars ont été déjà mobilisés.

 

Le Parc Marin de Moheli, un modèle de gestion participative des ressources

Par Faïssoili Abdou

Plage Itsamia, une des lieux de ponte de la tortue verte, l’espèce phare du parc marin de Mwali. (source: Ulangananyamba.com)

Un petit coin de paradis ! Une zone protégée de 404 km2 au sein de laquelle évolue en total symbiose une riche biodiversité terrestre et marine. Bienvenue au parc marin national de Mwali. La mer bleue, la variété  des espèces marines (divers espèces de poissons, crustacés, étoiles de mer, tortue verte…),  les récifs coralliens et les splendides paysages de ce coin qui se trouve au rive sud de Mwali valent un détour.

Ce site crée en 2001 a permis, en quelques années, de réduire la pression de la présence humaine sur la vie marine mais aussi de développer l’écotourisme de la région. Qu’ils soient des simples touristes, des chercheurs ou des flâneurs, des centaines de gens   viennent ici chaque année à la découverte des tortues vertes qui viennent pondre aux alentours de la plage d’Itsamia. L’argent recueillis à travers cette activité est investi pour améliorer les conditions de vie des villageois de cette zone qui recouvre une douzaine de localités. Il en est ainsi du récent projet d’équipement en panneaux solaires des habitations de la zone, et de l’ouverture d’un dispensaire etc… Lire la suite

Initiatives locales/ Said Soilih, le président d’AFA2E : « Là où le pouvoir ne peut pas ou ne veut pas faire, il faut que d’autres fassent »  

Saïd Soilihi, président de l’ AFA2E

Dans l’interview qui suit le président de l’AFA2E (une association franco-comorienne et cosmopolite) nous parle du projet de construction de dix salles de classes à l’école primaire de Chiroundrani dans la ville de Domoni.

1-Depuis quatre années déjà, votre association organise régulièrement des journées culturelles et pique-nique, pour le projet de construction/ rénovation d’une école publique à Domoni. Comment vous est venue cette idée ?

Très exactement, notre 1er événement s’est déroulé le 6 juillet 2013. La baisse du niveau scolaire des enfants. La dégradation des salles de classes. La non implication des pouvoirs publics dans l’éducation. La non implication des associations Comorienne dans le bien être des enfants à l’école … etc. sont les déclencheurs de la mobilisation d’un petit groupe conscient du drame que cela entraîne. Groupe qui s’est énormément agrandi!

2-Pouvez vous nous présentez brièvement ces travaux et le coût global ?

Nous construisons actuellement 10 salles de classes et un bureau, à l’école primaire de Chiroundrani à Domoini,Anjouan. Le coût des travaux s’élève sans l’équipement à 95000€ soit 46. 645.000fc

3-Où en est le projet actuellement ? 

L’ensemble des murs est monté.Nous entamons d’ici mi-juillet la construction du toit. Nous espérons finir ces travaux à la fin de cette année. Si bien entendu nous arrivons à mobiliser les fonds.

4-Comment votre projet a été accueilli sur place ? 

Un très bel accueil et même de beaux encouragements de la part de la population et aussi des autorités locales.

5-Ça y est, les pouvoirs publics se désengagent dans la construction des infrastructures de nos villes et régions. C’est maintenant au tour des citoyens  de prendre la relève ?

Chaque citoyen peut à tout moment devenir membre du pouvoir. Donc nous devrions tous nous sentir concernés. Cela étant dit, dans un pays sans règles, sans fiscalités, sans taxes, il est difficile de compter sur le pouvoir. Donc, il reste les Associations et la solidarité entre ceux qui ont un peu de moyens et ceux qui peuvent offrir de leur temps. Donc Oui, là où le pouvoir ne peut pas ou ne veut pas faire, il faut que d’autres fassent.

6-Quelles sont les leçons que vous avez tirées de votre expérience ? (mobilisation des ressources humaines et financières)

– Nous avons constaté que nous avons un fort potentiel pour développer ensemble le pays. Mais nous remarquons que nous, Comoriens, nous, nous sous-estimons et avons du mal à nous faire confiance pour ne pas dire que certains ont du mal à voir faire. Disons que certains ne voudraient jamais que des choses se réalisent! Pourquoi? Je n’ai pas la réponse. Financièrement, ce sont les non-comoriens qui sont les plus généreux. Cependant, les originaires des Comores sont ceux qui viennent en nombre aux événements que nous organisons. Je parle bien des 3 îles et Mayotte. Donc l’un dans l’autre, nous avons réussi à déjà dépenser plus de 44.000€, soit 21 604 000fc, dans les travaux engagés!  Près de la moitié du budget. Nous sommes donc très positifs sur la suite et la mobilisation dans les mois à venir. D’autant que AFA2E est reconnu d’intérêt général par l’administration fiscale française depuis ce mois de mai

Propos recueillis par Faissoili Abdou

∗Rendez le 8 juillet prochain à partir de 12h00  pour la 5ème édition du pique-nique de l’association AFA2E à l’île de Loisirs de Cergy Pontoise. Adresse : Rue des Étangs 95000 Pontoise.  

 

Initiatives locales/ Muo-Ouani Verte déclare la guerre aux ordures qui jonchent sur la ville  

Faissoili Abdou

Les bénévoles du Muo-Ouani verte en plein action sur le littoral..

La problématique de la gestion des ordures se pose avec acuité aux Comores où les grandes villes croulent sous les ordures. Face à l’inertie des pouvoirs publics, qui semblent dépassées par le phénomène, les initiatives locales devraient suppléer  cette absence d’actions des autorités.  C’est ce qui se passe  à Ouani où  une structure associative se bat pour la propreté de la ville et envisage même de mettre en place un site de traitement des déchets…

« Garantir le nettoyage et l’assainissement de la ville de Ouani ». Voilà l’objectif que s’est fixé l’association Muo(Maendreleyo Urahafu Ouani)-Ouani verte qui a initié des opérations de nettoyage de grande envergure  dans cette deuxième cité de l’ile de Ndzouani. Les premières actions de cette structure associative  qui aspire aujourd’hui à mettre en place un projet ambitieux de valorisation de déchets non biodégradables dans cette ville-aéroport, remonte en 2015. Il s’agissait alors de « nettoyer la route principale qui va de « tournejou » à l’aéroport d’Ouani mais aussi les artères principales de la ville. On a ensuite planté des fleurs tout le long de ces artères », nous explique Nidhoir Daoud, l’un des portes paroles de l’association.

Vue d’une des artères de la ville après le passage des bénévoles de Muo-Ouani verte (source: page facebook de l’association)

Jusque là, la ville, comme c’est le cas dans d’autres grandes localités de l’archipel, croulait sous les ordures. Les immondices étaient partout. « Des jeunes ayant constaté que la ville était insalubre, se sont, alors,  dit qu’il fallait faire quelque chose ne serait-ce que nettoyer les artères principales », poursuit  Nidhoir Daoud. Ils ont ensuite sensibilisé la population pour un nettoyage hebdomadaire des quartiers.  Chaque vendredi les riverains doivent nettoyer leurs secteurs. Un travail de sensibilisation se mène parallèlement sur les réseaux sociaux où les responsables de l’association échangent avec les membres de la diaspora.

Cette année, les actions  de Muo-Ouani verte se sont étendues sur les bords de rivière et le littoral sur un périmètre allant de l’aéroport jusqu’à l’autre extrémité de la ville. Ici, l’association s’est assigné la mission de débarrasser tous les ordures qui jonchaient sur ses lieux de vie. Des montagnes de déchets ont été amassées en un rien de temps. Toutes ces opérations se réalisent grâce notamment à la jonction des efforts  des bénévoles locales et le soutien de la diaspora. « Les jeunes de la diaspora se sont dit, si eux, ils font ça, nous nous devons les soutenir. On a  acheté des équipements (gants, pelles et brouettes..) pour aider  les bénévoles », assure notre interlocuteur.  A partir de ces actions décidées  spontanément par des volontaires de Ouani , naîtra l’idée de mieux structurer l’association et réfléchir ensuite sur un  projet  plus ambitieux : la mise en place d’un site de traitements de déchets non biodégradables (plastique, verre et le fer).

Un dépôt sauvage d’ordures

A travers cette plateforme, l’association envisage de construire des bassins de tri sélectifs, de collecte de déchets domestiques  et la transformation et valorisation de ces détritus. Une initiative largement soutenue par la commune de la ville. Le projet dont le coût total est estimé à 54.045 euros (près de 27 millions Kmf) recherche ses bailleurs. A terme, les initiateurs prévoient d’embaucher une quinzaine de jeunes des quartiers défavorisés de la commune sur ce site. Une manière, selon les responsables, d’éviter à ces jeunes désorientés de plonger dans la délinquance. Une opération de crowdfunding est maintenant lancée sur la toile pour essayer de grappiller une partie de cette somme prévue.  « Ouani est  une ville vitrine, c’est l’aéroport. Tout étranger qui vient à Anjouan, passe d’abord à Ouani. Cette ville connue aux Comores comme étant une ville d’intellectuels et aussi, une ville où les gens ont une conscience sur les enjeux écologiques et environnementaux », conclut Nidhoir Daoud comme pour justifier cette engagement citoyenne. Un exemple qui devrait inspirer d’autres initiatives dans d’autres localités…

Pour participer à l’opération de crowdfunding lancé par l’association Muo-Ouani verte c’est par ici: https://www.generosity.com/community-fundraising/nettoyer-la-riviere-d-ouani-des-dechets-plastiques

Opinions: Article polémique du journaliste Nakidine Hassane: La réplique de l’ex-ministre Djaanfar Salim Allaoui et de l’association Cap jeunesse Anjouan 2000

Djaanfari Salim Allaoui, ancien ministre, secrétaire générale et porte parole du Gnec Renové

Comoressentiel vous publie ci-après deux communiqués signés, l’un par l’ancien ministre Djaanfar Salim Allaoui et l’autre par l’Association Cap Jeunesse Anjouan 2000. Ces deux réactions font suite à un article polémique et jugé « injurieux » à l’encontre de l’Ambassadeur de France aux Comores publié récemment dans le quotidien Al-Fajr sous la signature du journaliste Nakidine Hassane et relayé sur les blogs et les réseaux sociaux. Dans son article au vitriol le journaliste qui accuse l’Ambassadeur Robby Judes d’avoir fait campagne pour l’Ancien vice-Président Mamadou, lors des dernières présidentielles , évoque en effet,  « des réunions plutôt louches » que le diplomate français aurait tenues « tard dans la nuit » avec des jeunes à l’hôtel Al-amal « aux côtés, entre autres, de l’ancien ministre de Mohamed Bacar, Sarkozy ». Les intéressés tiennent ainsi à donner leur versions des faits et porter la réplique au journaliste…

 Communiqué de presse

« la médisance n’est pas  du ressort du journalisme qui incite et je pèse mes mots, le journaliste incriminé à imaginer  dans un coin de sa tête le contenu des échanges entre l’Association, Cap Jeunesse Anjouan 2000, avec l’Ambassadeur de France »∗

Le journalisme est un métier noble pour celles et ceux des serviteurs qui ont le privilège de l’exercer dans la vie d’une carrière professionnelle. Il est, par excellence, le quatrième pouvoir aux cotés des trois pouvoirs traditionnels connus de tout le monde, c’est dire l’impact dévastateur dans ses missions dégradantes mais aussi et heureusement d’ailleurs ses qualités surdimensionnées qu’il revêt pour orienter, encadrer et assurer une bonne éducation de masse de notre société.

Des deux axes de travail précédemment signalés à savoir celui du  devoir d’exemplarité , de bonne moralité et celui de la perversion, Monsieur Nakidine Hassane, du Service de la Rédaction d’Al-fajr, quotidien de propagande a résolument fait le choix de la dépravation des mœurs journalistiques.

Le droit de réserve n’autorise, en principe aucun média ni aucun organe de presse écrite, à s’en prendre avec une virulence de mots telle, et un trait irrespectueux aux Chancelleries et Consulats étrangers amis établis, sur le sol national.

Monsieur Robby Judes est un honnête homme, respectueux des valeurs humaines, digne représentant d’un pays ami, la France, liée aux Comores par l’histoire et la culture qui, à ce titre, condamnent les deux pays que sont les Comores et la France, à vivre ensemble malgré les vicissitudes des relations bilatérales entre les deux pays.

De même que la médisance n’est pas  du ressort du journalisme qui incite et je pèse mes mots, le journaliste incriminé à imaginer  dans un coin de sa tête le contenu des échanges entre l’Association, Cap Jeunesse Anjouan 2000, avec l’Ambassadeur de France, comme si  Monsieur Robby Judes n’a pas le droit  de prêter l’oreille  à la jeunesse comorienne en général et anjouanaise ou mohélienne en particulier, quand bien même l’on soit entre les deux tours d’une élection, à moins que Monsieur Nakidine Hassane veuille bien nous préciser le fond de sa pensée et les commanditaires potentiels de cette démarche loufoque d’une médiocrité absolue.

Ces effets d’emballements médiatiques et d’instrumentalisation sont déplorables dans notre pays venant surtout des Hommes aux plumes supposées être irréprochables.

Mutsamudu le 27 Juin 2017

Monsieur Djaanfar Salim Allaoui

Ancien Vice-Premier Ministre des Comores (2002)

Ancien Ministre de L’Intérieur de L’Ile Autonome d’Anjouan (2002-2008)

 Secrétaire Général et Porte-parole de G.N.E.C Rénové

Droit de réponse de l’Association Cap Jeunesse Anjouan 2000

« Nous sommes profondément navrés qu’un journaliste souhaitant faire sensation pour vendre son journal s’en prend à un diplomate d’un pays ami, proche dans les Actions de la Jeunesse et œuvrant pour la Promotion de la Culture comorienne« ∗

Nous avons été profondément indignés suite à l’article du journaliste du quotidien Al- fajr de nous mêler de politique et de participer à la propagande électorale suite  à l’entretien qu’a bien voulu nous accorder son Excellence Robby Judes, Ambassadeur de France aux Comores, à l’hôtel Al- Amal lors d’une visite à Anjouan.

En effet, notre association est apolitique, elle se nomme « Cap Jeunesse Anjouan 2000 » et mène des activités utiles pour notre pays dans le domaine de la Culture, de l’Alphabétisation et de l’Environnement.

Ce fût une heureuse occasion de rencontrer cette personnalité pour lui présenter nos projets et solliciter son concours. L’Ambassadeur n’a pas dit mot sur la politique comorienne ni nous demander de soutenir tel ou tel candidat .Il a apprécié le fait que des jeunes comoriens s’intéressent à des Actions de développement de leur pays.

Monsieur le journaliste, avant d’écrire votre article, vous auriez du vous renseigner sur les actions menées par notre Association au lieu de faire de fausses accusations à l’endroit de notre Association.

Nous sommes profondément navrés qu’un journaliste souhaitant faire sensation pour vendre son journal s’en prend à un diplomate d’un pays ami, proche dans les Actions de la Jeunesse et œuvrant pour la Promotion de la Culture comorienne.

Nous voulons saisir cette opportunité pour remercier son Excellence l’Ambassadeur auprès de l’Union des Comores, Monsieur Robby Judes pour son attachement aux actions au développement de notre pays et pour avoir prêté  une oreille attentive à la présentation, de nos projets et nous avoir prodigué de très bons conseils.

Fait à Mutsamudu, le 27 juin 2017

Bureau de Cap Jeunesse Anjouan 2000

Président :Nabil Ahamadali

Secrétaire Général :Moukaram Massoundi(alias Trapèze)

Trésorière :Toirfati Attoumane

Contrôleur :Samir Lejani

Animatrice :Nasmia Toilha

Chargé du suivi des Projets :Karim Mohamed Ahmed vintien

C’est nous qui soulignons ces passages.

 

Politique/Lois sur les partis politiques : Et si le législateur avait raté sa cible ?

Par Faïssoili Abdou

Palais du peuple à Moroni, siège de l’Assemblée nationale

« Anti constitutionnelle et liberticide », « inutile », « prématurée », décidément la loi sur les partis politiques aux Comores, promulguée en 2014 et entrée en application en janvier 2017, n’engrange pas les suffrages au sein de l’opinion.

Décriée par les uns, saluée par les autres, celle-ci vise, en effet, à limiter les partis politiques dans l’archipel en se basant sur des critères de représentativité parmi lesquelles le fait disposer au moins 5% à l’une des élections du Président de l’Union, des Conseils des îles, des Conseils communaux. « Elle est contraire au principe de la liberté d’association posé par le préambule de la Constitution. Elle est donc anticonstitutionnelle et liberticide », nous confiait récemment, Mohamed Abdouloihabi, l’ancien Président de l’île de Ngazidja. « Le parti politique est une association comme une autre dont la création est garantie par la Constitution et notre adhésion à la Charte des Nations Unies. Réguler le jeu politique, mettre du sérieux dans le combat électoral se fait partout sans que la libre création de partis politiques ne soit mise en cause », enchaine un observateur de la vie politique nationale.

« Je pense que cette décision est prématurée en ce sens que la démocratie ne se décrète pas. Il faut d’abord une vraie définition du parti politique. Le seul critère d’avoir un élu ou pas, ne peut pas faire barrage à des partis dont l’existence dépasse une trentaine d’années, d’autant plus qu’aux Comores les gens changent de parti à chaque changement de régime », estime l’ancienne ministre Sittou Raghadat Mohamed. « Je ne pense pas qu’une telle loi soit utile pour la simple raison que l’Etat ne finance en rien les partis », tranche pour sa part Youssouf Aboulhouda, Consultant basé au Canada.

Autre son de cloche ou presque,  du côté de l’ancien premier ministre Saïd Ali Mohamed qui estime que « limiter les partis politiques est une bonne chose » car, on ne peut tolérer « une sorte d’anarchie » dans le pays. « Ce serait une irresponsabilité de la part de nos dirigeants politiques s’ils laissaient perdurer une telle situation.  Mais, il ne faut pas aussi que cela se traduise par une malice c’est-à-dire que cela ne doit pas servir de prétexte pour gommer certaines formations politiques bien ciblées », ajoute-t-il. Lire la suite

Institutions/ Jeu de M’raha à Dar Soifa

Par Faïssoili Abdou

Le Conseil de l’île de Ndzouani

Dar-Soifa, le  Conseil de l’île de Ndzouani  est au cœur d’une bataille de chiffonniers entre le pouvoir insulaire (Juwa) et l’opposition (Updc). Tous les coups semblent permis dans cette foire d’empoigne où l’enjeu reste le contrôle de ce deuxième centre de décision de l’île après Dar Nadjah (le Gouvernorat). Contrôler le Conseil de l’île pour espérer contrôler l’île entière après? Tel semble être le pari des forces en présence. Les combines mises en œuvre par les uns et les autres dans cette lutte sans merci rappellent curieusement celles d’un jeu dont raffolent les Comoriens : le M’raha wa ntso. Ici, les graines ne sont autres que les élus de cette chambre insulaire dont les représentants de certains intérêts qui dépassent ceux de l’île sont en train de manier à leur guise. Car, évidemment, si l’épicentre  de ces  querelles de borne-fontaine se situe à Dar Soifa et parfois à Hamramba, ceux qui tirent les ficelles sont ailleurs…Leurs intérêts sont autres que ceux de cette île et de ses pauvres  habitants.

« M’raha tahiliba ! Comprenez par là : Le  jeu est une suite de feintes !», la réplique est sortie par le joueur dont on reproche d’avoir trompé l’adversaire pour gagner une partie du jeu. Elle est implacable, mais c’est ainsi.  Cela fait parti du jeu. « L’une des caractéristiques du M’raha wa tso est que la situation sur le tablier peut se renverser complètement d’un coup à l’autre. Il est souvent difficile de prédire quel joueur a l’avantage à la simple position des graines sur le tablier. Il est également difficile pour les joueurs de planifier une stratégie de jeu à long terme », décrit Rastami Spelo, professeur de Shimaoré[1]. Une description qui colle parfaitement à la situation qui prévaut au Conseil de l’île de Ndzouani où le parti Juwa de l’ancien président Sambi qui dispose, pourtant, de la majorité  est entrain de perdre pied dans cette institution qui, mine de rien, devient un vrai foutoir. Lire la suite

Djaanfar Salim Allaoui, SG et porte-parole de GNEC Rénové : « La Constitution de 2001 amendée en 2009 et les instruments de Fomboni n’ont même pas été expérimentés de par la mauvaise foi de ceux qui étaient fondés l’appliquer ! »

Djaanfari Salim Allaoui, ancien ministre, secrétaire générale et porte parole du Gnec Renové

Il est connu pour son franc-parler et son sens de la critique. Pour Comoressentiel, Djaanfar Salim Allaoui, ancien ministre de l’intérieur  et proche de Mohamed Bacar  a accepté de s’exprimer sur des sujets d’actualité nationale mais aussi de revenir sur l’épisode du débarquement militaire de 2008 qui a délogé le régime jugé « illégal » de l’ancien homme fort de Ndzouani et plus largement sur les critiques sur ce gouvernement dont il a appartenu. Qu’il s’agisse du projet de révision constitutionnelle en discussion actuellement dans les cercles du pouvoir en place à Moroni et dans l’opposition, du bilan de la première année de l’exécutif de Ndzouani ou encore celui  du gouvernement central, l’actuel secrétaire général et porte parole du Gnec Rénové se prononce sans détours et avec le ton qui est le sien. Il évoque également la vie de son parti et sa récente alliance avec le Radhi. Interview…

Vous vous trouvez en France où vous êtes venu prendre part à la réunion constitutive d’une association de la diaspora anjouanaise. Quel est le sens de ce rassemblement quand on sait qu’une structure similaire dénommée « Union des comoriens anjouanais de la diaspora (UCAD) » est déjà en place et que cette diaspora ne daigne pas s’y engager ?

Merci Faissoili de me faire réagir sur autant de sujets variés que diversifiés au travers de votre interview. En effet, rien n’interdit à une communauté de vues et de destin installée à l’extérieur de nos frontières de se réunir, d’échanger des bons procédés voire de chercher à se restructurer pour un meilleur vivre-ensemble.

Au-delà de nos clivages, il s’agit là d’une initiative salvatrice qu’il convient d’encourager et même de promouvoir pour préserver l’espoir, enfin de voir les anjouanais se rapprocher et se réconcilier. J’ai été personnellement convié à cet évènement fédérateur et pour rien au monde je ne pouvais m’y dérober.

Par ailleurs et pour répondre à l’autre volet de votre question sur l’UCAD, je n’ai pas, pour ma part connaissance de cette structure, mais il m’a semblé comprendre que tous les anjouanais de quelque bord que ce soit, ont été invités y compris les structures organisées déjà en place, l’UCAD, bien entendu. C’était là pour moi la meilleure des tribunes pour débattre de tous les sujets de discorde et amorcer les conditions d’un nouveau départ de la diaspora anjouanaise de France.

J’ai considéré à juste titre, ma présence à ces retrouvailles très utile, pour insuffler un nouvel élan et susciter des convoitises auprès des communautés de N’gazidja et de Mohéli afin de nous organiser à l’instar de notre modèle institutionnel issu de la Constitution de l’Union des Comores de 2001 en une grande fédération de la Diaspora comorienne de France. Cette démarche revêt un trait de représentativité, de lisibilité et de légitimité.

Dans un autre registre, on parle beaucoup d’une volonté du Pouvoir en place aux Comores de vouloir amender la Constitution de 2001 révisée en 2009. La rumeur dit que la présidence tournante serait parmi les points visés par cette réforme. Quel est votre avis par rapport à ce projet ?

L’Accord-Cadre de Fomboni du 17 février 2001 a prévu dans ses dispositions particulières, des mécanismes d’évaluation et de consolidation des institutions, en l’occurrence, la Constitution de l’Union, les lois fondamentales des îles autonomes et la présidence tournante.

Le comité de suivi né de cet accord, et composé des parties comoriennes et de la communauté internationale, est tenu de convoquer des assises pour dresser le bilan de Fomboni 1, le cas échéant, relever les imperfections, et nourrir les institutions de Fomboni par des amendements communément admis par les parties signataires de l’accord dès parachèvement de la tournante présidentielle mohélienne. Telle est la lecture linéaire de l’esprit et de la lettre de l’accord de Fomboni. Depuis, les choses se sont passées autrement, en 2009, avec la réforme de la Constitution de l’Union qui a fait dépouiller de sa substance l’autonomie des îles. Lire la suite

Projets d’infrastructures/ Et les Comoriens dans tout ça ?

Par Kamal’Eddine Saindou

Kamal’Eddine SAINDOU, journaliste

Les annonces des futures réalisations donnent le vertige. Hôpitaux gratte-ciel, hôtels, casernes, autoroute du soleil reliant Moroni à l’aéroport de Hahaya par Itsoundzou, cité administrative sur la grille….Telles des prémices, la succession des coups de pioche, annonce le cap donné au pays, peu importe le nom.

Un président promettant à son peuple de semer des « arbres à argent », aux fruits de billets de banque. Un autre miroitant des éléphants blancs. Ceci, comme cela, financé par des générosités extérieures dont on ne sait pas s’il s’agisse d’aumônes ou de prêts. Tout aussi flou que sont les montants. Ce qui est moins mystérieux dans ces transactions, ce sont les sociétés étrangères qui se précipitent pour réaliser ces chantiers. Et pendant ce temps, les opérateurs économiques comoriens se disputent les sigles de leurs associations et se disputent le marché des ailes de poulet.

Bien sûr que l’on prétextera que nos patrons bons pour les photos de famille – à l’exception de certains visiteurs du soir-, n’ont pas les moyens de garantir ces chantiers colossaux. Peut-être, sont-ils moins riches que le nom qu’on leur colle: « Ye ma tadjiri wa hentsi« . Encore faut-il les tester dans les compétitions des appels d’offre publics. Compétition par ailleurs en voie de disparition. Que l’agora du business comorien ne soit pas en mesure de construire un hôpital de 4 étages, peut se concevoir. Encore que. Mais qu’ils ne soient pas capables de se mettre ensemble sur un projet d’extension d’un hôtel, présagerait plutôt d’une émergence-mirage. Car cela voudrait dire, que les Comoriens sont voués au rang de spectateurs de la construction de leur propre pays; que l’on va bâtir sans nos entreprises, sans nos ouvriers, que nos écoles techniques auraient du spécialiser. Hacha, tsi djawu! Lire la suite

Interview/Mohamed Abdouloihabi, ancien président de Ngazidja : « Si l’on se sent le courage politique de défendre les grandes valeurs d’unité nationale, notre Constitution mérite une révision en profondeur ».

Mohamed Abdouloihabi, ancien président de Ngazidja (Image d’archives)

Débat sur l’éventualité d’une révision constitutionnelle aux, loi sur les partis politiques, bilan de la première année de mandat du Président Azali…Mohamed Abdouloihabi, homme de loi et ancien président de l’île de Ngazidja, s’est confié à Comoressentiel pour aborder toutes ces questions en toute franchise.

Quel est l’avis de l’homme politique et ancien président de l’île de Ngazidja que vous êtes par rapport aux  velléités  de révision Constitutionnelle  qui s’expriment avec insistance ces  derniers temps ?

D’aucuns prêtent au président Azali l’intention de réviser la Constitution et ce sont des hommes politiques qui se déclarent séduits par son ambition de mener les Comores  vers l’émergence qui lancent le débat.En ma qualité d’ancien président de Ngazidja, j’ai pratiqué les institutions nées de la Constitution de 2001 et subi sa révision de 2009 qui, selon les dires des uns et des autres visait en partie à  m’affaiblir dans ma détermination à faire respecter la Constitution dans l’attribution des compétences aux îles.

Ce vécu m’a permis de me rendre compte qu’une constitution n’est fondamentalement mauvaise que si ceux qui l’appliquent font preuve de mauvaise volonté dans leur pratique des institutions. Cette mauvaise volonté émanait particulièrement des autorités de l’Union qui avaient du mal à intégrer la nouvelle donne en cédant un peu de leur pouvoir.

Cependant l’opinion générale admet que notre Constitution a rempli sa mission de réconciliation et que désormais il  faut privilégier l’unification. Je pense donc que notre Constitution, n’étant pas un texte sacré peut être révisée,  mais elle doit l’être dans la concertation avec les forces vives de la nation, pour l’intérêt général et dans le respect de la procédure prévue à cet effet.

Si révision constitutionnelle il  devait y avoir, quels sont, selon vous, les points qui mériteraient d’être modifiés ?

Le 21 novembre 2011, mon parti, l’Alliance Politique pour la Sauvegarde des Institutions (APSI) a organisé au club des amis un colloque avec pour thème : »Après la tournante  mohélienne, quel devenir pour nos institutions ? » Y étaient conviés tous les partis politiques, les institutions nationales et nos partenaires internationaux. L’absence des institutionnels n’avait rien enlevé au sérieux de l’événement.

Notre objectif était de faire prendre conscience aux acteurs politiques de la nécessité de réviser notre Constitution dans ses fondamentaux et d’emmener le gouvernement à convoquer des assises nationales aux termes desquelles sortirait un document, fruit d’une concertation sereinement conduite, en dehors de toute précipitation.

L’APSI a sa vision des institutions qu’il faut à notre pays, des institutions qui assurent plus d’unité à notre Nation tout en donnant aux collectivités de base une grande liberté d’action pour leur développement. Mais elle croit en la vertu de la concertation. C’est pour cela qu’elle en appelle à des assises nationales où elle pourra apporter sa contribution. Lire la suite

Mort d’Ali Soilih, un assassinat aux multiples implications étrangères…

Par Faïssoili Abdou

Ali Soilih, ancien président des Comores

Il y a 39 ans, Ali Soilih tombait sous les balles des mercenaires. Renversé le 13 mai 1978 après seulement 28 mois de pouvoir, le Mongozi  fut froidement et lâchement assassiné le 29 mai suivant par ses geôliers.

« Ali Soilih, exhibé quelques jours auparavant, menottes aux poignets, pour la télévision française, est abattu « lors d’une tentative d’évasion », puis enterré en catimini à Chouani », écrivent Hervé Chagnoux et  Ali Haribou dans leur livre Les Comores.[1] Lors de son procès, en 1999, Denard apportera un éclairage sur cette « tentative d’évasion » du Président destitué. « Un soir, je lui ait dit que s’il se faisait juger il serait dilapidé. Nous nous estimions.  J’ai laissé la porte ouverte en lui disant : tu peux jouer ta chance. A peine étais-je sorti, j’ai entendu la rafale de kalachnikov », expliquait le mercenaire cité par Pierre Caminade[2].  Et lui d’indiquer qu’en fait, le barbouze avait placé l’un de ses hommes dans le couloir pour exécuter le sale boulot.

Bob Denard auteurs de plusieurs coups d’Etat aux Comores est décrit par Philippe Leymarie[3] comme étant « une belle fripouille dont la France officielle, du temps De Gaulle et de Giscard d’Estaing, n’a jamais condamné  les hauts faits et que ses services spéciaux manipulent pour retourner les causes désespérées ». Une description on ne peut plus explicite. D’ailleurs, selon Francois-Xavier Verschave[4], l’opération visant le président marxiste «  était commanditée par Paris et Pretoria. Le régime d’apartheid cherchait à déstabiliser les pays voisins, en particulier le Mozambique où il entretint, comme en Angola, une terrible guerre civile. Les Comores devinrent une base idéale pour les raids anti-mozambicains. » (France-Afrique P.322) Lire la suite

Télécommunications: Comores Telecom et Telco SA sur la même ligne…

Par Faissoili Abdou

Les clients de Comores Telecom et de Telco SA pourront désormais communiquer entre eux. Le long bras de fer qui opposait, jusqu’ici, l’opérateur national des télécoms et Telco SA a, enfin, trouvé une issue ce 22 mai 2017 par la signature d’une convention d’interconnexion des réseaux des deux opérateurs. « Enfin, un ouf de soulagement pour les usagers du mobile. La concurrence devient réelle avec l’interconnexion des deux opérateurs! Que le meilleur gagne! », a réagit Hamidou Mhoma, président de l’association des consommateurs des Tics aux Comores, sur sa page facebook. « Il était temps, c’est quand même une bonne nouvelle. Je crains toutefois un nivellement des prix vers le haut», confiera-t-il plus tard à Comoressentiel.

Une hausse qui pourrait provenir notamment par l’encadrement des tarifs imposé par l’Anrtic. Soulignons que l’accord d’échange de trafic entre les deux opérateurs s’est fait sur la base de deux décisions (l’une du 4 février 2017 et l’autre du 18 mai 2017) de l’Anrtic, l’autorité de régulation des Tics aux Comores, qui encadrent les tarifs des terminaisons nationales d’appels fixes, mobiles et Sms de Comores Telecom et Telco SA ainsi que les tarifs internationaux sortant de l’Union des Comores.

Les deux opérateurs se sont ainsi engagés à fixer leurs nouveaux tarifs internationaux en même temps que la mise en œuvre effective de cette interconnexion intervenue ce lundi peu avant minuit. L’interconnexion réclamée depuis des mois par Telco SA et ses clients tardaient à venir à cause de deux points essentiel : les tarifs des télécommunications pratiqués par Telco SA et la convention d’établissement signé entre l’Etat comorien et ce nouvel opérateur qui a démarré ses activités en 2016 dans l’archipel des Comores. « Pour Comores Télécom, les tarifs de Telco SA, surtout à l’international, étaient anormalement voire abusivement bas. Pour ce qui est de la Convention d’établissement les deux parties sont d’accord pour la renégocier », confie Hamidou Mhoma qui indique que celle-ci « mettait Comores Telecom en difficultés dans le sens où les avantages octroyés à Telma créaient une concurrence déloyale ».

Opinion/Ma modeste contribution citoyenne afin d’éviter des errances stratégiques imminentes en matière de politique de santé

Par Docteur Abdou Ada Musbahou, Chirurgien (France)

Une vue de l’hôpital de Bambao Mtsanga

Au moment où le gouvernement cherche les voies et moyens pour améliorer la qualité des soins dans notre pays par son engagement en faveur de l’ouverture de l’hôpital de Bambao La Mtsanga (Ndzouani) et de la construction d’un grand hôpital de référence à Moroni, il appartient à tout un chacun en dehors de toute considération politique  d’apporter son soutien citoyen pour la réussite de cette salvatrice démarche. C’est pourquoi en ma qualité de professionnel de santé, je me permets d’attirer l’attention des autorités sur certains écueils qui risqueraient de compromettre l’objectif des autorités en faveur de la création d’hôpitaux de référence.

1/Concernant la construction d’un grand hôpital de référence sur le site de l’hôpital El-Maarouf

L’idée  de construire un hôpital de référence est en soi, compte tenu de la situation géographique de ce site, mais aussi il est grand temps que disparaissent ces anciens bâtiments  dont leur état de vétusté ne répond à aucune règle d’hygiène et de sécurité pour les patients. Le seul bémol, c’est qu’on ne peut pas assurer une médecine ou une chirurgie de pointe dans un établissement qui reçoit toutes les pathologies, pour des raisons financières et  techniques liées à l’hygiène et au mode de fonctionnement d’un service très spécialisé. Lire la suite

Grève dans l’Education/ Le secrétaire général de l’intersyndical arrêté

Par Faïssoili Abdou

Ici, Moussa Mfoungounlie, au milieu, entouré de ses camarades (images d’archives. Source: Alwatwan)

Le gouvernement comorien visiblement  à bout des nerfs serait-il tenté d’adopter la manière forte pour mettre un terme à la grève illimitée qui secoue les écoles publiques depuis bientôt un mois?

Et soudain la manière forte. Un nouveau palier vient d’être franchi dans le bras de fer qui oppose depuis près d’un mois le gouvernement et l’intersyndical des enseignants du public aux Comores. Moussa Mfoungoulié, SG de l’intersyndical de l’Education a été arrêté ce mercredi soir suite à des propos tenus lors d’un point de presse au lycée de Moroni. Le chef syndicaliste se trouvait encore ce jeudi après midi dans les locaux de la gendarmerie de Moroni où  ses camarades s’étaient réunis pour lui apporter leur soutien. « On l’accuse d’avoir dit que des enseignants ont été corrompus par des autorités pour casser le mouvement. Pour eux, il s’agit d’un outrage à des autorités publiques. En réalité, ce qu’ils cherchent c’est casser la grève », a témoigné Chabane Mohamed, secrétaire national à l’organisation au niveau de la Confédération des travailleurs comoriens (CTC).

Alors  que le dialogue entre les deux parties s’éternise, sans grand succès pour le moment, le gouvernement serait-il tenté d’adopter la manière forte pour essayer de mettre fin à la grève qui paralyse l’école publique depuis le 24 avril dernier ?   « En tout cas les enseignants sont inflexibles, le mouvement est intact. Cette arrestation va durcir le mouvement. Au niveau de la Confédération des travailleurs (CTC), nous pensons même demander à l’intersyndical de ne répondre à aucune sollicitation du gouvernement pour revenir à la table des négociations, tant que Moussa ne sera pas libéré », répond notre interlocuteur. Lire la suite

Vie de parti/ Le président du Radhi quitte le bateau avec perte et fracas

Par Faïssoili Abdou

Ici,Abidhar Abdallah (au milieu) entouré des ténors du Radhi dont Houmed Msaidie, Sg du parti (photo prise par un membre du parti)

Alors qu’on croyait que  la brouille au sein du Radhi  était aplanie avec la récente réconciliation entre les deux tendances qui s’écharpaient ces derniers mois, voilà que le président de cette formation politique crée en 2014 a décidé soudainement, ce mercredi,  de claquer la porte. Une défection  qui intervient à quelques jours seulement du Congrès  du parti qui doit se tenir avant la fin de ce mois de mai.

« J’ai décidé de vous présenter par la présente ma démission à la fois de la présidence et de membre du parti ». C’est ainsi qu’Abidhar Abdallah, président du Radhi depuis sa création, a conclu sa lettre de démission, datée du 16 mai, qu’il a adressé au secrétaire général du parti. « Il s’est passé ces derniers mois beaucoup de choses au sein du parti Radhi : divergences sur la position à adopter face au pouvoir en place, tentative de rapprochement avec le parti du chef de l’Etat, divisons internes, tentatives de réconciliation entre les tendances, fusion inavouée avec le Gnec rénové », a-t-il commencé à inventorier avant de se plaindre d’avoir « été toujours écarté sans aucune raison valable » de toutes ces initiatives. Une version dont Houmed Msaidie, secrétaire général du parti, interrogé par Comoressentiel, n’approuve pas. « Comment Radhi aurait pu ignorer la stature de son président ? En tout cas, je faisais part de tout au président pour toutes les questions politiques et il était toujours partie à la décision », a assuré cet ancien ministre. Lire la suite

Secteur bancaire/ le Député Abdallah Ahamadi veut assainir les mécanismes de recouvrement des créances

Par Faïssoili Abdou

Palais du peuple, siège de l’Assemblée de l’Union des Comores à Moroni

Une proposition de loi qui tombe à pic. Le député Abdallah Ahamadi ambitionne de mettre de l’ordre dans la procédure des financements bancaires et le recouvrement des créances. Le parlementaire vient de déposer, le 5 mai dernier, au bureau de l’Assemblée de l’Union, une proposition de loi allant dans ce sens. Une proposition qu’il souhaite faire adopter suivant « la procédure législative d’urgence ».

Intitulée « proposition de loi modifiant et complétant certaines dispositions portant sur les saisies et attributions aux Comores », celle-ci vise, selon son auteur, « à protéger les créances des banques en accélérant les procédures de leur recouvrement ».

Dans l’exposé des motifs, l’élu relève, en effet, « le climat pas tout à fait cordial qui prédomine les rapports qu’entretiennent les institutions bancaires et judiciaire en Union des Comores au sujet des créances ». Et lui d’insister sur le fait qu’« il ne faut pas que la justice soit utilisée pour enrichir une entreprise privée au détriment de la Banque ». Le contraire est aussi valable d’un côté comme de l’autre. En plein conflit opposant la Banque de développement des Comores (Bdc) et un de ses clients, la société Nicom de l’homme d’affaires Shemir Kamoula concernant justement une convention hypothécaire entre les deux entités, cette proposition de loi ne pourrait tomber mieux. Le pays gagnera toujours mieux en éclaircissement ses lois et en veillant à l’application des règles établies.

Le député Abdallah Ahamadi estime que pour venir à bout des « conflits ouverts » entre l’appareil judiciaire et les banques, il faut « des propositions législatives de nature à rassurer et à favoriser le financement bancaire et améliorer les climats des affaires dans le pays en proposant la protection des dépôts de la clientèle ». Car, croit-il, « à défaut d’une telle protection et d’une capitalisation conséquente, les établissements bancaires courent des risques de liquidation avec comme conséquence, le remboursement des déposants et l’affaiblissement du secteur bancaire ». La balle est maintenant dans le camps des députés qui devront débattre de l’opportunité ou non d’une telle proposition de loi.

Liquidation de l’agence FADC : la Banque mondiale met en garde..

Par Kamal Ali Yahoudha

Ici, des travaux de construction d’une place publique à Tsinimoichongo sur financement du FADC et de la communauté locale

L’Agence nationale de conception et d’exécutions des projets (ANCEP) créée récemment par décret présidentiel pour remplacer le FADC passe mal au niveau de la Banque mondiale. Et l’institution l’a fait savoir, dans une missive, aux autorités comoriennes.

Dans un courrier adressé au Ministre des Finances et du Budget par la représentante pays de la BM, Coralie Gevers, le 25 avril dont Comoressentiel a eu copie,  la Banque mondiale invite « les parties prenantes (dont le gouvernement comorien) à faire attention à tout facteur qui pourrait faire obstacle à la bonne exécution du projet(FSS). »

Ce projet « Filets Sociaux de Sécurité (FSS) » est l’une des composantes phares de l’agence FADC financé par la Banque Mondiale depuis sa création en 1993 et qui s’étend sur 3 ans. Il a le mérite d’évaluer les nouvelles orientations de la Banque Mondiale qui passe d’une « perspective de court terme à une perspective de plus longue terme et de développement » lit-on dans ce courrier.

La Banque Mondiale à travers son agence FADC, dans sa composante FSS comptait mettre en œuvre « une approche plus directe à la réduction de la pauvreté en fournissant un soutien de revenu aux plus pauvres grâce à des filets de sécurité productifs qui augmentent leurs revenus tout en renforçant leurs bases d’actifs productifs et en développant des activités de nutrition communautaire. »

Faut-il rappeler que l’exécution de ce projet comme le mentionne la lettre au Ministre, est confiée à l’agence FADC« compte tenu de sa longue expérience et de son bilan satisfaisant en matière de mise en œuvre. »

L’abandon de ce projet aura des conséquences directes sur les couches les plus vulnérables ciblées par le FSS. Sans oublier les différents emplois que notre pays risque de perdre par cet arrêt brusque des activités de la FADC (20 emplois directs dans l’administration, 4000 emplois directs sur les sites et 20000 autres emplois indirects). Cet arrêt, pourrait aussi compromettre les engagements de collaboration de 3 ans avec les communautés cibles. Ce projet est déjà « planifié pour être effectué dans cette durée». D’où cette mise en garde à peine voilée de la Banque Mondiale contre toute interférence sur les missions du FADC.

Le gouvernement reviendra-t-il sur sa décision qui a mis fin, il y a quelques semaines, aux activités de l’agence FADC en le remplaçant par une superstructure présidentielle?  Car s’il y a une partie prenante qui n’a pas fait attention à un facteur « qui pourrait faire obstacle à la bonne exécution du projet (FSS)… » C’est bien le partenaire et bénéficiaire à savoir le gouvernement de l’Union des Comores.

Crise au Parlement/ Les requérants devant la Cour Constitutionnelle ce mardi

Par Faïssoili Abdou

Cour Constitutionnelle des Comores

Après les empoignades, place maintenant aux plaidoiries. La Cour constitutionnelle doit bientôt  se prononcer sur la crise à l’Assemblée de l’Union qui a vu, début avril dernier, des élus s’empoigner  dans l’hémicycle à l’ouverture de la session parlementaire. Une audition des protagonistes est prévue ce mardi 16 avril au prétoire de la Haute juridiction.

Les images de cette fâcheuse scène montrant des élus s’échanger coups de poing et de pied  au sein de  l’hémicycle restent encore vives dans les mémoires. (Lire ici http://wp.me/p4Q22P-by) Cet esclandre a indigné nombre de nos concitoyens. Beaucoup ont déploré cette attitude des élus qui a ternie l’image d’un Parlement qui devrait, pourtant, donné le bon exemple aux citoyens. Les deux parties en conflit ont, par la suite, introduit des  requêtes à  la Cour constitutionnelle afin que celle-ci  tranche sur ce différend qui déchire les Conseillers de l’île de Ndzouani (pouvoir et opposition) et qui s’est prolongé  à l’Assemblée de l’Union. Ce mardi 16 avril, les requérants seront, donc, auditionnés par les sages de la Cour. Une occasion pour eux et leurs avocats de dérouler leurs arguments afin de tenter de donner beaucoup d’épaisseur à leurs prétentions consignés dans les requêtes qu’ils ont introduits devant la Haute juridiction et ainsi aider les Sages de la Cour à voir un peu plus clair avant de prendre sa décision. Les groupes parlementaires Juwa(pouvoir) et Ouvoimoja (Updc-opposition) vont croiser le fer à coup d’articles de la Constitution et du règlement intérieur de l’Assemblée insulaire lors de ce rendez important pour leurs défenses. Lire la suite

Politique/Maître Larifou, par l’émergence alléché,

Said Larifou et le Président Azali Assoumani à Beit-Salam

Émergence. C’est par ce mot magique que l’avocat et homme politique Saïd Larifou semble vouloir s’appuyer pour ouvrir les portes du pouvoir Azali. Le président du parti Ridja est tellement séduit par ce concept qui, soulignons-le n’est qu’un slogan comme d’autres pour le moment, qu’il en est même devenu un  des défenseurs zélés. Un soutien pas totalement désintéressé.

Reçu au mois de Mars dernier à Beit-Salam, le candidat malheureux aux dernières élections présidentielles (il est arrivé en 5 ème position) a affiché son enthousiasme au chef de l’Etat et déclaré sa « disponibilité à participer pleinement à l’émergence du pays ». Il a ajouté « nous avons parlé de la situation politique du pays et qu’une convergence de vue a été trouvé entre nous sur la nécessité de ressembler les forces vives du pays pour le développement économique des Comores ». Qu’il semble loin, ce jour du mois de mars 2016 où le candidat Larifou accusait publiquement Azali  Assoumani de vouloir le « corrompre » et menaçait, même, de le traîner en justice pour tentative de corruption. « Je vous confirme qu’il a voulu me corrompre. Il a même avancé le montant de 20 millions. J’ai été énervé. J’ai immédiatement quitté les discussions car j’ai estimé que c’était de l’insolence », avait-il, alors, déclaré aux médias. C’était lors du deuxième round des élections présidentielles. Une éternité sur l’échelle de la politique. En septembre 2016, le leader du Ridja en remettait encore une couche en ces termes : « Je pensais naïvement qu’avec son équipe, au demeurant jeune, il allait donner un message clair et fort de rupture avec les pesanteurs qui sont la cause des crises socio-économiques et institutionnelles qui maintiennent notre pays dans une situation de dépendance avec l’extérieur. Mais non ! Le président se renferme dans une théorie digne d’un régime qui se meurt : se faire nommer lors de son discours d’investiture Al Imam Azali au lieu de prononcer un discours de fondateur et une vision pour les Comores ». Lire la suite

Le Conseiller Antoy Abdou révoqué de la Cour Constitutionnelle

Par Faïssoili Abdou

Antoy Abdou, Conseiller à la Cour Constitutionnelle

En publiant, il y a quelques semaines son livre, « La Cour Constitutionnelle, à réformer de toute d’urgence », en réalité un assemblage des rapports qu’il a eu à produire durant les six ans de son mandat à la Cour Constitutionnelle, le Conseiller Antoy Abdou, croyait faire oeuvre utile. Mal lui en a pris. Ses collègues ont décidé de l’évincé de la Haute Juridiction.

Il aurait touché au « fruit défendu » ou plutôt au « livre défendu ». En publiant, il y a quelques semaines, son livre d’une cinquantaine de pages intitulé « La Cour Constitutionnelle, à réformer de toute d’urgence », Antoy Abdou, Conseiller à la Cour Constitutionnelle depuis six ans aurait franchi le Rubicon. C’est en tout cas, ce qu’on peut comprendre à travers la décision de la Cour publié ce vendredi 5 mai à Moroni.  « Monsieur Antoy Abdou ayant méconnu ses obligations  est révoqué et perd sa qualité de Conseiller de la  Cour Constitutionnelle », lit-on dans le procès verbal établi à l’issue d’un Conseil de discipline spécialement organisé pour traiter le cas du Conseiller.  Les Sages reprochent, en effet, à Antoy Abdou d’avoir « publié un livre dont la couverture porte la photo du Conseiller revêtu d’une toge et avoir commenté des arrêts de la Cour dans ce livre incriminé » et enfin, « d’avoir reconnu que depuis 6 mois, « il n’a pas mis les pieds à la Cour ».

Pas perturbé pour un sou, le Conseiller Antoy Abdou qualifie cette décision de « ridicule ». Pour sa défense, il rappelle son habitude administrative consistant à rédiger des rapports d’activités dans l’exercice de toutes les fonctions qu’il a eu à occuper depuis son entrée à la Fonction Publique des Comores. Et, ce livre incriminé n’est, donc, pas une exception. Ce fascicule d’une cinquantaine de pages est en réalité la somme de rapports d’activités que le Conseiller à la Cour Constitutionnelle a produit dans le cadre de sa mission au sein de cette institution. Autrement dit, les sages de la Cour comme d’autres responsables politiques de l’archipel devaient avoir déjà lu ces réflexions depuis belle lurette… Lire la suite

Assemblée de l’Union/Le député Dhoihir Dhoulkamal part à l’assaut de la loi sur la citoyenneté économique

Par Faïssoili  Abdou

Le député Dhoihir Dhoulkamal, photo d’archives ( source: La Gazette des Comores)

Près de neuf ans après son adoption controversée en novembre 2008, la loi sur la citoyenneté économique, tel un boomerang, revient sous les feux de la rampe. Dans sa livraison du 17 mars dernier, sous le titre « La Cour Suprème rouvre la boite de Pandore »,  Alwatwan Eco, le supplément économique du journal gouvernemental Alwatwan nous informait que la section des comptes de la Cour suprême a décidé d’enclencher « des enquêtes sur les personnes impliquées dans la gestion du programme de la citoyenneté économique sur la période allant de 2008 à 2015 ». Et, aujourd’hui, Comoressentiel, apprend que le député Dhoihir Dhoulkamal plaide, de son côté, pour l’abrogation pure et simple de cette loi…

Le député indépendant vient de déposer une proposition de loi visant à abroger « la loi n°08-014 AU du 27 novembre relative à la citoyenneté économique » du nom de ce programme lancé sous le pouvoir du président Ahmed Abdallah Sambi destiné à vendre des passeports comoriens à des apatrides (Bidouns) des pays du Golfe (Emirats Arabes Unis et Koweit) . Il souhaite qu’après adoption de cette proposition de loi, la loi n°08-014AU soit « abrogée avec effet immédiat » et que les détenteurs des passeports de la citoyenneté économique ne puisse « en faire usage ». « Il y a urgence aujourd’hui de mettre fin à cette volonté de ternir l’image des Comores », souligne le parlementaire dans l’exposé des motifs de cette proposition de loi estimant par la même occasion que « les promoteurs de cette loi controversée ont trahi la confiance de la Nation ». Lire la suite

Fête du travail : La CTC revendique « l’émergence du travail décent » à l’horizon 2019

Par Faïssoili Abdou

En plein préparatifs de la célébration de la fête du travail le 1er mai prochain, la Confédération des travailleurs et travailleuses des Comores (CTC) a publié un communiqué ce samedi, pour faire le point sur la situation des travailleurs au pays et dérouler ses revendications.

Une manifestation de la CTC à Moroni, Image d’archive

« Cette année, le 1er mai aux Comores sera fêté dans un contexte marqué par des licenciements massifs (près de 8000 licenciements et ce n’est pas fini), le non respect des textes régissant le travail en Union des Comores et des accords signés entre les syndicats et les employeurs », égrène d’emblée la CTC dans son communiqué. Une manière pour l’organisation syndicale de dénoncer, un peu tardivement, les licenciements opérés en juillet dernier au sein de Comores Telecom par le pouvoir Azali. Alors que les nouvelles autorités comoriennes ambitionnent de mettre l’économie nationale dans la voie de l’émergence à l’horizon 2030, la CTC revendique, elle, « l’émergence d’un travail décent » dans les plus brefs délais. « Notre horizon c’est 2019, pas 2030 », annoncent les travailleurs.

« Bonne gouvernance de l’emploi, meilleure employabilité des jeunes, protection sociale pour tous et respect des normes internationales du travail », tels sont les principales revendications formulées par la CTC à l’occasion de la journée internationale du travail qui sera célébré le 1er mai prochain. L’organisation syndicale dépeint un  tableau sombre de la situation des travailleurs dans l’archipel des Comores. « Les travailleurs comoriens subissent par ailleurs les affres d’une protection sociale au rabais. Les textes qui régissent la Caisse de retraite des Comores sont obsolètes et sont responsables des inégalités entre hommes et femmes en matière de retraite », ajoute le communiqué. Lire la suite

Retro/ Abdou Zanatany, une victime oubliée de la violence policière

Par Faïssoili Abdou

Hier, en fouillant dans mes archives, je suis tombé sur un article que j’ai publié il y a huit ans dans La-Gazette Des-Comores. Il raconte l’histoire d’un jeune homme victime de la violence policière. Soudain me vient les images de ce jeune homme assoupi sur son matelas que j’avais rencontré en juillet 2009 à Moroni (au quartier Sahara) et je décide alors de me renseigner, prendre de ses nouvelles. La magie des réseaux sociaux aidant, je contacte rapidement un ami, habitant du même quartier que la victime, pour savoir où en est l’état de santé de ce jeune. Mon ami m’apprend quelques minutes plus tard que ce jeune homme est mort, il y a environ trois ans.Il est mort en fin 2014, parait-il. Qu’Allah l’accueille au Paradis! Amin…Bouleversé par la perte de ce jeune, j’ai donc décidé de partager avec vous ce papier qui date de 2009. Qui sait ? Cela peut, peut-être aider à réfléchir sur certaines méthodes ayant cours chez nos forces de l’ordre.  Cette histoire s’est déroulée en 2005, sous Azali Assoumani I.  Je me rappelle également que dernièrement un jeune lycéen a été victime d’une violence similaire au lycée Said Mohamed Cheikh de Moroni….

Moroni, jeudi 16 juillet 2009 (HZK-Presse) – Dans le quartier Sahara, au nord-est de Moroni où il vit, tout le monde connaît l’histoire d’Abdou Zanatany. Il s’appelle ainsi en référence aux origines malgaches de sa mère. « Celui à qui on avait tiré ? » nous a demandé le Monsieur qui nous a conduit dans sa cabane, une case en tôles au mobilier très sommaire : un matelas placé à même le sol, un poste de téléviseur placé au milieu de la pièce, une chaise roulante, celle-ci lui aurait été offert lors des présidentielles de l’île de Ngazidja en 2007, et quelques effets personnels. Lire la suite

Vie de parti/ Au Juwa, le linge sale se lave en public…

Par Faïssoili Abdou

Sounhadj Attoumane, secrétaire général du Juwa..

Le parti de l’ancien président Sambi qui se démène depuis quelques jours pour faire valoir la légitimité de ses élus nouvellement désignés au sein de l’Assemblée de l’Union doit, en même temps, faire face à des divergences entre ses membres. Un nouveau front qui risque de l’affaiblir encore davantage. La très brutale sortie médiatique de Sounhadj Attoumane secrétaire général adjoint du Juwa, ce vendredi, se présente comme le symptôme du profond malaise interne chez les Sambistes.

Le parti Juwa est mal-en-point. Le diagnostic est du Docteur Sounhadj Attoumane, cardiologue de son état et accessoirement secrétaire général adjoint du Juwa, le parti de l’ancien président Sambi. « Depuis les dernières élections présidentielles, le Juwa ne se porte pas bien », a-t-il déclaré dans une interview accordée au quotidien Al-fajr paru ce vendredi 14 avril. Dans ce long entretien aux allures d’un règlement de comptes, le Docteur Sounhadj, tel un sniper, tire à boulets rouges sur tout ce qui bouge au sein du Juwa. Il s’attaque plus particulièrement à Ibrahim Mohamed Soule, le secrétaire général du parti et à Mahamoud Mohamed Elarif, le coordinateur au niveau de Ndzouani et encore au ministre Fahmi Said Ibrahim. Trois ténors du Juwa qui, visiblement, ne trouvent pas grâce à ses yeux.

« Le secrétaire général actuel est discrédité par son incapacité, à l’époque, de gérer la période électorale et ses prises de décisions qui l’ont isolé. Ce qui amène les militants à le qualifier, à tort ou à raison, de traitre », a-t-il balancé d’entrée de jeu. Alors que le Juwa peine à organiser son congrès national prévu depuis des mois, le secrétaire adjoint du parti reproche ouvertement au Coordinateur du Juwa à Anjouan d’être à l’origine de ce « dysfonctionnement ». « Le Coordinateur élu d’Anjouan se comporte en prince. Il veut dicter ses lois tout en brandissant le fait qu’Anjouan ne participera pas au congrès national tant que ce qu’il veut ne soit pas accepté », accuse Sounhadj Attoumane. Dans cette même lancée, il ajoute : « au début, il voulait que le congrès se fasse à Anjouan, ce qui n’est pas acceptable pour un parti national comme le nôtre ». Un propos, un argument bizarre et difficile à saisir le sens exact. On se demande, en effet, pourquoi le Congrès d’un « parti national » comorien ne peut pas se tenir à Anjouan, une des îles de l’Union des Comores. Qu’est ce qui est « inacceptable » ou dégradant dans une telle démarche ? Lire la suite