Politique/Lois sur les partis politiques : Et si le législateur avait raté sa cible ?

Par Faïssoili Abdou

Palais du peuple à Moroni, siège de l’Assemblée nationale

« Anti constitutionnelle et liberticide », « inutile », « prématurée », décidément la loi sur les partis politiques aux Comores, promulguée en 2014 et entrée en application en janvier 2017, n’engrange pas les suffrages au sein de l’opinion.

Décriée par les uns, saluée par les autres, celle-ci vise, en effet, à limiter les partis politiques dans l’archipel en se basant sur des critères de représentativité parmi lesquelles le fait disposer au moins 5% à l’une des élections du Président de l’Union, des Conseils des îles, des Conseils communaux. « Elle est contraire au principe de la liberté d’association posé par le préambule de la Constitution. Elle est donc anticonstitutionnelle et liberticide », nous confiait récemment, Mohamed Abdouloihabi, l’ancien Président de l’île de Ngazidja. « Le parti politique est une association comme une autre dont la création est garantie par la Constitution et notre adhésion à la Charte des Nations Unies. Réguler le jeu politique, mettre du sérieux dans le combat électoral se fait partout sans que la libre création de partis politiques ne soit mise en cause », enchaine un observateur de la vie politique nationale.

« Je pense que cette décision est prématurée en ce sens que la démocratie ne se décrète pas. Il faut d’abord une vraie définition du parti politique. Le seul critère d’avoir un élu ou pas, ne peut pas faire barrage à des partis dont l’existence dépasse une trentaine d’années, d’autant plus qu’aux Comores les gens changent de parti à chaque changement de régime », estime l’ancienne ministre Sittou Raghadat Mohamed. « Je ne pense pas qu’une telle loi soit utile pour la simple raison que l’Etat ne finance en rien les partis », tranche pour sa part Youssouf Aboulhouda, Consultant basé au Canada.

Autre son de cloche ou presque,  du côté de l’ancien premier ministre Saïd Ali Mohamed qui estime que « limiter les partis politiques est une bonne chose » car, on ne peut tolérer « une sorte d’anarchie » dans le pays. « Ce serait une irresponsabilité de la part de nos dirigeants politiques s’ils laissaient perdurer une telle situation.  Mais, il ne faut pas aussi que cela se traduise par une malice c’est-à-dire que cela ne doit pas servir de prétexte pour gommer certaines formations politiques bien ciblées », ajoute-t-il. Lire la suite

Institutions/ Jeu de M’raha à Dar Soifa

Par Faïssoili Abdou

Le Conseil de l’île de Ndzouani

Dar-Soifa, le  Conseil de l’île de Ndzouani  est au cœur d’une bataille de chiffonniers entre le pouvoir insulaire (Juwa) et l’opposition (Updc). Tous les coups semblent permis dans cette foire d’empoigne où l’enjeu reste le contrôle de ce deuxième centre de décision de l’île après Dar Nadjah (le Gouvernorat). Contrôler le Conseil de l’île pour espérer contrôler l’île entière après? Tel semble être le pari des forces en présence. Les combines mises en œuvre par les uns et les autres dans cette lutte sans merci rappellent curieusement celles d’un jeu dont raffolent les Comoriens : le M’raha wa ntso. Ici, les graines ne sont autres que les élus de cette chambre insulaire dont les représentants de certains intérêts qui dépassent ceux de l’île sont en train de manier à leur guise. Car, évidemment, si l’épicentre  de ces  querelles de borne-fontaine se situe à Dar Soifa et parfois à Hamramba, ceux qui tirent les ficelles sont ailleurs…Leurs intérêts sont autres que ceux de cette île et de ses pauvres  habitants.

« M’raha tahiliba ! Comprenez par là : Le  jeu est une suite de feintes !», la réplique est sortie par le joueur dont on reproche d’avoir trompé l’adversaire pour gagner une partie du jeu. Elle est implacable, mais c’est ainsi.  Cela fait parti du jeu. « L’une des caractéristiques du M’raha wa tso est que la situation sur le tablier peut se renverser complètement d’un coup à l’autre. Il est souvent difficile de prédire quel joueur a l’avantage à la simple position des graines sur le tablier. Il est également difficile pour les joueurs de planifier une stratégie de jeu à long terme », décrit Rastami Spelo, professeur de Shimaoré[1]. Une description qui colle parfaitement à la situation qui prévaut au Conseil de l’île de Ndzouani où le parti Juwa de l’ancien président Sambi qui dispose, pourtant, de la majorité  est entrain de perdre pied dans cette institution qui, mine de rien, devient un vrai foutoir. Lire la suite

Djaanfar Salim Allaoui, SG et porte-parole de GNEC Rénové : « La Constitution de 2001 amendée en 2009 et les instruments de Fomboni n’ont même pas été expérimentés de par la mauvaise foi de ceux qui étaient fondés l’appliquer ! »

Djaanfari Salim Allaoui, ancien ministre, secrétaire générale et porte parole du Gnec Renové

Il est connu pour son franc-parler et son sens de la critique. Pour Comoressentiel, Djaanfar Salim Allaoui, ancien ministre de l’intérieur  et proche de Mohamed Bacar  a accepté de s’exprimer sur des sujets d’actualité nationale mais aussi de revenir sur l’épisode du débarquement militaire de 2008 qui a délogé le régime jugé « illégal » de l’ancien homme fort de Ndzouani et plus largement sur les critiques sur ce gouvernement dont il a appartenu. Qu’il s’agisse du projet de révision constitutionnelle en discussion actuellement dans les cercles du pouvoir en place à Moroni et dans l’opposition, du bilan de la première année de l’exécutif de Ndzouani ou encore celui  du gouvernement central, l’actuel secrétaire général et porte parole du Gnec Rénové se prononce sans détours et avec le ton qui est le sien. Il évoque également la vie de son parti et sa récente alliance avec le Radhi. Interview…

Vous vous trouvez en France où vous êtes venu prendre part à la réunion constitutive d’une association de la diaspora anjouanaise. Quel est le sens de ce rassemblement quand on sait qu’une structure similaire dénommée « Union des comoriens anjouanais de la diaspora (UCAD) » est déjà en place et que cette diaspora ne daigne pas s’y engager ?

Merci Faissoili de me faire réagir sur autant de sujets variés que diversifiés au travers de votre interview. En effet, rien n’interdit à une communauté de vues et de destin installée à l’extérieur de nos frontières de se réunir, d’échanger des bons procédés voire de chercher à se restructurer pour un meilleur vivre-ensemble.

Au-delà de nos clivages, il s’agit là d’une initiative salvatrice qu’il convient d’encourager et même de promouvoir pour préserver l’espoir, enfin de voir les anjouanais se rapprocher et se réconcilier. J’ai été personnellement convié à cet évènement fédérateur et pour rien au monde je ne pouvais m’y dérober.

Par ailleurs et pour répondre à l’autre volet de votre question sur l’UCAD, je n’ai pas, pour ma part connaissance de cette structure, mais il m’a semblé comprendre que tous les anjouanais de quelque bord que ce soit, ont été invités y compris les structures organisées déjà en place, l’UCAD, bien entendu. C’était là pour moi la meilleure des tribunes pour débattre de tous les sujets de discorde et amorcer les conditions d’un nouveau départ de la diaspora anjouanaise de France.

J’ai considéré à juste titre, ma présence à ces retrouvailles très utile, pour insuffler un nouvel élan et susciter des convoitises auprès des communautés de N’gazidja et de Mohéli afin de nous organiser à l’instar de notre modèle institutionnel issu de la Constitution de l’Union des Comores de 2001 en une grande fédération de la Diaspora comorienne de France. Cette démarche revêt un trait de représentativité, de lisibilité et de légitimité.

Dans un autre registre, on parle beaucoup d’une volonté du Pouvoir en place aux Comores de vouloir amender la Constitution de 2001 révisée en 2009. La rumeur dit que la présidence tournante serait parmi les points visés par cette réforme. Quel est votre avis par rapport à ce projet ?

L’Accord-Cadre de Fomboni du 17 février 2001 a prévu dans ses dispositions particulières, des mécanismes d’évaluation et de consolidation des institutions, en l’occurrence, la Constitution de l’Union, les lois fondamentales des îles autonomes et la présidence tournante.

Le comité de suivi né de cet accord, et composé des parties comoriennes et de la communauté internationale, est tenu de convoquer des assises pour dresser le bilan de Fomboni 1, le cas échéant, relever les imperfections, et nourrir les institutions de Fomboni par des amendements communément admis par les parties signataires de l’accord dès parachèvement de la tournante présidentielle mohélienne. Telle est la lecture linéaire de l’esprit et de la lettre de l’accord de Fomboni. Depuis, les choses se sont passées autrement, en 2009, avec la réforme de la Constitution de l’Union qui a fait dépouiller de sa substance l’autonomie des îles. Lire la suite

Projets d’infrastructures/ Et les Comoriens dans tout ça ?

Par Kamal’Eddine Saindou

Kamal’Eddine SAINDOU, journaliste

Les annonces des futures réalisations donnent le vertige. Hôpitaux gratte-ciel, hôtels, casernes, autoroute du soleil reliant Moroni à l’aéroport de Hahaya par Itsoundzou, cité administrative sur la grille….Telles des prémices, la succession des coups de pioche, annonce le cap donné au pays, peu importe le nom.

Un président promettant à son peuple de semer des « arbres à argent », aux fruits de billets de banque. Un autre miroitant des éléphants blancs. Ceci, comme cela, financé par des générosités extérieures dont on ne sait pas s’il s’agisse d’aumônes ou de prêts. Tout aussi flou que sont les montants. Ce qui est moins mystérieux dans ces transactions, ce sont les sociétés étrangères qui se précipitent pour réaliser ces chantiers. Et pendant ce temps, les opérateurs économiques comoriens se disputent les sigles de leurs associations et se disputent le marché des ailes de poulet.

Bien sûr que l’on prétextera que nos patrons bons pour les photos de famille – à l’exception de certains visiteurs du soir-, n’ont pas les moyens de garantir ces chantiers colossaux. Peut-être, sont-ils moins riches que le nom qu’on leur colle: « Ye ma tadjiri wa hentsi« . Encore faut-il les tester dans les compétitions des appels d’offre publics. Compétition par ailleurs en voie de disparition. Que l’agora du business comorien ne soit pas en mesure de construire un hôpital de 4 étages, peut se concevoir. Encore que. Mais qu’ils ne soient pas capables de se mettre ensemble sur un projet d’extension d’un hôtel, présagerait plutôt d’une émergence-mirage. Car cela voudrait dire, que les Comoriens sont voués au rang de spectateurs de la construction de leur propre pays; que l’on va bâtir sans nos entreprises, sans nos ouvriers, que nos écoles techniques auraient du spécialiser. Hacha, tsi djawu! Lire la suite

Interview/Mohamed Abdouloihabi, ancien président de Ngazidja : « Si l’on se sent le courage politique de défendre les grandes valeurs d’unité nationale, notre Constitution mérite une révision en profondeur ».

Mohamed Abdouloihabi, ancien président de Ngazidja (Image d’archives)

Débat sur l’éventualité d’une révision constitutionnelle aux, loi sur les partis politiques, bilan de la première année de mandat du Président Azali…Mohamed Abdouloihabi, homme de loi et ancien président de l’île de Ngazidja, s’est confié à Comoressentiel pour aborder toutes ces questions en toute franchise.

Quel est l’avis de l’homme politique et ancien président de l’île de Ngazidja que vous êtes par rapport aux  velléités  de révision Constitutionnelle  qui s’expriment avec insistance ces  derniers temps ?

D’aucuns prêtent au président Azali l’intention de réviser la Constitution et ce sont des hommes politiques qui se déclarent séduits par son ambition de mener les Comores  vers l’émergence qui lancent le débat.En ma qualité d’ancien président de Ngazidja, j’ai pratiqué les institutions nées de la Constitution de 2001 et subi sa révision de 2009 qui, selon les dires des uns et des autres visait en partie à  m’affaiblir dans ma détermination à faire respecter la Constitution dans l’attribution des compétences aux îles.

Ce vécu m’a permis de me rendre compte qu’une constitution n’est fondamentalement mauvaise que si ceux qui l’appliquent font preuve de mauvaise volonté dans leur pratique des institutions. Cette mauvaise volonté émanait particulièrement des autorités de l’Union qui avaient du mal à intégrer la nouvelle donne en cédant un peu de leur pouvoir.

Cependant l’opinion générale admet que notre Constitution a rempli sa mission de réconciliation et que désormais il  faut privilégier l’unification. Je pense donc que notre Constitution, n’étant pas un texte sacré peut être révisée,  mais elle doit l’être dans la concertation avec les forces vives de la nation, pour l’intérêt général et dans le respect de la procédure prévue à cet effet.

Si révision constitutionnelle il  devait y avoir, quels sont, selon vous, les points qui mériteraient d’être modifiés ?

Le 21 novembre 2011, mon parti, l’Alliance Politique pour la Sauvegarde des Institutions (APSI) a organisé au club des amis un colloque avec pour thème : »Après la tournante  mohélienne, quel devenir pour nos institutions ? » Y étaient conviés tous les partis politiques, les institutions nationales et nos partenaires internationaux. L’absence des institutionnels n’avait rien enlevé au sérieux de l’événement.

Notre objectif était de faire prendre conscience aux acteurs politiques de la nécessité de réviser notre Constitution dans ses fondamentaux et d’emmener le gouvernement à convoquer des assises nationales aux termes desquelles sortirait un document, fruit d’une concertation sereinement conduite, en dehors de toute précipitation.

L’APSI a sa vision des institutions qu’il faut à notre pays, des institutions qui assurent plus d’unité à notre Nation tout en donnant aux collectivités de base une grande liberté d’action pour leur développement. Mais elle croit en la vertu de la concertation. C’est pour cela qu’elle en appelle à des assises nationales où elle pourra apporter sa contribution. Lire la suite

Mort d’Ali Soilih, un assassinat aux multiples implications étrangères…

Par Faïssoili Abdou

Ali Soilih, ancien président des Comores

Il y a 39 ans, Ali Soilih tombait sous les balles des mercenaires. Renversé le 13 mai 1978 après seulement 28 mois de pouvoir, le Mongozi  fut froidement et lâchement assassiné le 29 mai suivant par ses geôliers.

« Ali Soilih, exhibé quelques jours auparavant, menottes aux poignets, pour la télévision française, est abattu « lors d’une tentative d’évasion », puis enterré en catimini à Chouani », écrivent Hervé Chagnoux et  Ali Haribou dans leur livre Les Comores.[1] Lors de son procès, en 1999, Denard apportera un éclairage sur cette « tentative d’évasion » du Président destitué. « Un soir, je lui ait dit que s’il se faisait juger il serait dilapidé. Nous nous estimions.  J’ai laissé la porte ouverte en lui disant : tu peux jouer ta chance. A peine étais-je sorti, j’ai entendu la rafale de kalachnikov », expliquait le mercenaire cité par Pierre Caminade[2].  Et lui d’indiquer qu’en fait, le barbouze avait placé l’un de ses hommes dans le couloir pour exécuter le sale boulot.

Bob Denard auteurs de plusieurs coups d’Etat aux Comores est décrit par Philippe Leymarie[3] comme étant « une belle fripouille dont la France officielle, du temps De Gaulle et de Giscard d’Estaing, n’a jamais condamné  les hauts faits et que ses services spéciaux manipulent pour retourner les causes désespérées ». Une description on ne peut plus explicite. D’ailleurs, selon Francois-Xavier Verschave[4], l’opération visant le président marxiste «  était commanditée par Paris et Pretoria. Le régime d’apartheid cherchait à déstabiliser les pays voisins, en particulier le Mozambique où il entretint, comme en Angola, une terrible guerre civile. Les Comores devinrent une base idéale pour les raids anti-mozambicains. » (France-Afrique P.322) Lire la suite

Télécommunications: Comores Telecom et Telco SA sur la même ligne…

Par Faissoili Abdou

Les clients de Comores Telecom et de Telco SA pourront désormais communiquer entre eux. Le long bras de fer qui opposait, jusqu’ici, l’opérateur national des télécoms et Telco SA a, enfin, trouvé une issue ce 22 mai 2017 par la signature d’une convention d’interconnexion des réseaux des deux opérateurs. « Enfin, un ouf de soulagement pour les usagers du mobile. La concurrence devient réelle avec l’interconnexion des deux opérateurs! Que le meilleur gagne! », a réagit Hamidou Mhoma, président de l’association des consommateurs des Tics aux Comores, sur sa page facebook. « Il était temps, c’est quand même une bonne nouvelle. Je crains toutefois un nivellement des prix vers le haut», confiera-t-il plus tard à Comoressentiel.

Une hausse qui pourrait provenir notamment par l’encadrement des tarifs imposé par l’Anrtic. Soulignons que l’accord d’échange de trafic entre les deux opérateurs s’est fait sur la base de deux décisions (l’une du 4 février 2017 et l’autre du 18 mai 2017) de l’Anrtic, l’autorité de régulation des Tics aux Comores, qui encadrent les tarifs des terminaisons nationales d’appels fixes, mobiles et Sms de Comores Telecom et Telco SA ainsi que les tarifs internationaux sortant de l’Union des Comores.

Les deux opérateurs se sont ainsi engagés à fixer leurs nouveaux tarifs internationaux en même temps que la mise en œuvre effective de cette interconnexion intervenue ce lundi peu avant minuit. L’interconnexion réclamée depuis des mois par Telco SA et ses clients tardaient à venir à cause de deux points essentiel : les tarifs des télécommunications pratiqués par Telco SA et la convention d’établissement signé entre l’Etat comorien et ce nouvel opérateur qui a démarré ses activités en 2016 dans l’archipel des Comores. « Pour Comores Télécom, les tarifs de Telco SA, surtout à l’international, étaient anormalement voire abusivement bas. Pour ce qui est de la Convention d’établissement les deux parties sont d’accord pour la renégocier », confie Hamidou Mhoma qui indique que celle-ci « mettait Comores Telecom en difficultés dans le sens où les avantages octroyés à Telma créaient une concurrence déloyale ».

Opinion/Ma modeste contribution citoyenne afin d’éviter des errances stratégiques imminentes en matière de politique de santé

Par Docteur Abdou Ada Musbahou, Chirurgien (France)

Une vue de l’hôpital de Bambao Mtsanga

Au moment où le gouvernement cherche les voies et moyens pour améliorer la qualité des soins dans notre pays par son engagement en faveur de l’ouverture de l’hôpital de Bambao La Mtsanga (Ndzouani) et de la construction d’un grand hôpital de référence à Moroni, il appartient à tout un chacun en dehors de toute considération politique  d’apporter son soutien citoyen pour la réussite de cette salvatrice démarche. C’est pourquoi en ma qualité de professionnel de santé, je me permets d’attirer l’attention des autorités sur certains écueils qui risqueraient de compromettre l’objectif des autorités en faveur de la création d’hôpitaux de référence.

1/Concernant la construction d’un grand hôpital de référence sur le site de l’hôpital El-Maarouf

L’idée  de construire un hôpital de référence est en soi, compte tenu de la situation géographique de ce site, mais aussi il est grand temps que disparaissent ces anciens bâtiments  dont leur état de vétusté ne répond à aucune règle d’hygiène et de sécurité pour les patients. Le seul bémol, c’est qu’on ne peut pas assurer une médecine ou une chirurgie de pointe dans un établissement qui reçoit toutes les pathologies, pour des raisons financières et  techniques liées à l’hygiène et au mode de fonctionnement d’un service très spécialisé. Lire la suite

Grève dans l’Education/ Le secrétaire général de l’intersyndical arrêté

Par Faïssoili Abdou

Ici, Moussa Mfoungounlie, au milieu, entouré de ses camarades (images d’archives. Source: Alwatwan)

Le gouvernement comorien visiblement  à bout des nerfs serait-il tenté d’adopter la manière forte pour mettre un terme à la grève illimitée qui secoue les écoles publiques depuis bientôt un mois?

Et soudain la manière forte. Un nouveau palier vient d’être franchi dans le bras de fer qui oppose depuis près d’un mois le gouvernement et l’intersyndical des enseignants du public aux Comores. Moussa Mfoungoulié, SG de l’intersyndical de l’Education a été arrêté ce mercredi soir suite à des propos tenus lors d’un point de presse au lycée de Moroni. Le chef syndicaliste se trouvait encore ce jeudi après midi dans les locaux de la gendarmerie de Moroni où  ses camarades s’étaient réunis pour lui apporter leur soutien. « On l’accuse d’avoir dit que des enseignants ont été corrompus par des autorités pour casser le mouvement. Pour eux, il s’agit d’un outrage à des autorités publiques. En réalité, ce qu’ils cherchent c’est casser la grève », a témoigné Chabane Mohamed, secrétaire national à l’organisation au niveau de la Confédération des travailleurs comoriens (CTC).

Alors  que le dialogue entre les deux parties s’éternise, sans grand succès pour le moment, le gouvernement serait-il tenté d’adopter la manière forte pour essayer de mettre fin à la grève qui paralyse l’école publique depuis le 24 avril dernier ?   « En tout cas les enseignants sont inflexibles, le mouvement est intact. Cette arrestation va durcir le mouvement. Au niveau de la Confédération des travailleurs (CTC), nous pensons même demander à l’intersyndical de ne répondre à aucune sollicitation du gouvernement pour revenir à la table des négociations, tant que Moussa ne sera pas libéré », répond notre interlocuteur. Lire la suite

Vie de parti/ Le président du Radhi quitte le bateau avec perte et fracas

Par Faïssoili Abdou

Ici,Abidhar Abdallah (au milieu) entouré des ténors du Radhi dont Houmed Msaidie, Sg du parti (photo prise par un membre du parti)

Alors qu’on croyait que  la brouille au sein du Radhi  était aplanie avec la récente réconciliation entre les deux tendances qui s’écharpaient ces derniers mois, voilà que le président de cette formation politique crée en 2014 a décidé soudainement, ce mercredi,  de claquer la porte. Une défection  qui intervient à quelques jours seulement du Congrès  du parti qui doit se tenir avant la fin de ce mois de mai.

« J’ai décidé de vous présenter par la présente ma démission à la fois de la présidence et de membre du parti ». C’est ainsi qu’Abidhar Abdallah, président du Radhi depuis sa création, a conclu sa lettre de démission, datée du 16 mai, qu’il a adressé au secrétaire général du parti. « Il s’est passé ces derniers mois beaucoup de choses au sein du parti Radhi : divergences sur la position à adopter face au pouvoir en place, tentative de rapprochement avec le parti du chef de l’Etat, divisons internes, tentatives de réconciliation entre les tendances, fusion inavouée avec le Gnec rénové », a-t-il commencé à inventorier avant de se plaindre d’avoir « été toujours écarté sans aucune raison valable » de toutes ces initiatives. Une version dont Houmed Msaidie, secrétaire général du parti, interrogé par Comoressentiel, n’approuve pas. « Comment Radhi aurait pu ignorer la stature de son président ? En tout cas, je faisais part de tout au président pour toutes les questions politiques et il était toujours partie à la décision », a assuré cet ancien ministre. Lire la suite

Secteur bancaire/ le Député Abdallah Ahamadi veut assainir les mécanismes de recouvrement des créances

Par Faïssoili Abdou

Palais du peuple, siège de l’Assemblée de l’Union des Comores à Moroni

Une proposition de loi qui tombe à pic. Le député Abdallah Ahamadi ambitionne de mettre de l’ordre dans la procédure des financements bancaires et le recouvrement des créances. Le parlementaire vient de déposer, le 5 mai dernier, au bureau de l’Assemblée de l’Union, une proposition de loi allant dans ce sens. Une proposition qu’il souhaite faire adopter suivant « la procédure législative d’urgence ».

Intitulée « proposition de loi modifiant et complétant certaines dispositions portant sur les saisies et attributions aux Comores », celle-ci vise, selon son auteur, « à protéger les créances des banques en accélérant les procédures de leur recouvrement ».

Dans l’exposé des motifs, l’élu relève, en effet, « le climat pas tout à fait cordial qui prédomine les rapports qu’entretiennent les institutions bancaires et judiciaire en Union des Comores au sujet des créances ». Et lui d’insister sur le fait qu’« il ne faut pas que la justice soit utilisée pour enrichir une entreprise privée au détriment de la Banque ». Le contraire est aussi valable d’un côté comme de l’autre. En plein conflit opposant la Banque de développement des Comores (Bdc) et un de ses clients, la société Nicom de l’homme d’affaires Shemir Kamoula concernant justement une convention hypothécaire entre les deux entités, cette proposition de loi ne pourrait tomber mieux. Le pays gagnera toujours mieux en éclaircissement ses lois et en veillant à l’application des règles établies.

Le député Abdallah Ahamadi estime que pour venir à bout des « conflits ouverts » entre l’appareil judiciaire et les banques, il faut « des propositions législatives de nature à rassurer et à favoriser le financement bancaire et améliorer les climats des affaires dans le pays en proposant la protection des dépôts de la clientèle ». Car, croit-il, « à défaut d’une telle protection et d’une capitalisation conséquente, les établissements bancaires courent des risques de liquidation avec comme conséquence, le remboursement des déposants et l’affaiblissement du secteur bancaire ». La balle est maintenant dans le camps des députés qui devront débattre de l’opportunité ou non d’une telle proposition de loi.

Liquidation de l’agence FADC : la Banque mondiale met en garde..

Par Kamal Ali Yahoudha

Ici, des travaux de construction d’une place publique à Tsinimoichongo sur financement du FADC et de la communauté locale

L’Agence nationale de conception et d’exécutions des projets (ANCEP) créée récemment par décret présidentiel pour remplacer le FADC passe mal au niveau de la Banque mondiale. Et l’institution l’a fait savoir, dans une missive, aux autorités comoriennes.

Dans un courrier adressé au Ministre des Finances et du Budget par la représentante pays de la BM, Coralie Gevers, le 25 avril dont Comoressentiel a eu copie,  la Banque mondiale invite « les parties prenantes (dont le gouvernement comorien) à faire attention à tout facteur qui pourrait faire obstacle à la bonne exécution du projet(FSS). »

Ce projet « Filets Sociaux de Sécurité (FSS) » est l’une des composantes phares de l’agence FADC financé par la Banque Mondiale depuis sa création en 1993 et qui s’étend sur 3 ans. Il a le mérite d’évaluer les nouvelles orientations de la Banque Mondiale qui passe d’une « perspective de court terme à une perspective de plus longue terme et de développement » lit-on dans ce courrier.

La Banque Mondiale à travers son agence FADC, dans sa composante FSS comptait mettre en œuvre « une approche plus directe à la réduction de la pauvreté en fournissant un soutien de revenu aux plus pauvres grâce à des filets de sécurité productifs qui augmentent leurs revenus tout en renforçant leurs bases d’actifs productifs et en développant des activités de nutrition communautaire. »

Faut-il rappeler que l’exécution de ce projet comme le mentionne la lettre au Ministre, est confiée à l’agence FADC« compte tenu de sa longue expérience et de son bilan satisfaisant en matière de mise en œuvre. »

L’abandon de ce projet aura des conséquences directes sur les couches les plus vulnérables ciblées par le FSS. Sans oublier les différents emplois que notre pays risque de perdre par cet arrêt brusque des activités de la FADC (20 emplois directs dans l’administration, 4000 emplois directs sur les sites et 20000 autres emplois indirects). Cet arrêt, pourrait aussi compromettre les engagements de collaboration de 3 ans avec les communautés cibles. Ce projet est déjà « planifié pour être effectué dans cette durée». D’où cette mise en garde à peine voilée de la Banque Mondiale contre toute interférence sur les missions du FADC.

Le gouvernement reviendra-t-il sur sa décision qui a mis fin, il y a quelques semaines, aux activités de l’agence FADC en le remplaçant par une superstructure présidentielle?  Car s’il y a une partie prenante qui n’a pas fait attention à un facteur « qui pourrait faire obstacle à la bonne exécution du projet (FSS)… » C’est bien le partenaire et bénéficiaire à savoir le gouvernement de l’Union des Comores.

Crise au Parlement/ Les requérants devant la Cour Constitutionnelle ce mardi

Par Faïssoili Abdou

Cour Constitutionnelle des Comores

Après les empoignades, place maintenant aux plaidoiries. La Cour constitutionnelle doit bientôt  se prononcer sur la crise à l’Assemblée de l’Union qui a vu, début avril dernier, des élus s’empoigner  dans l’hémicycle à l’ouverture de la session parlementaire. Une audition des protagonistes est prévue ce mardi 16 avril au prétoire de la Haute juridiction.

Les images de cette fâcheuse scène montrant des élus s’échanger coups de poing et de pied  au sein de  l’hémicycle restent encore vives dans les mémoires. (Lire ici http://wp.me/p4Q22P-by) Cet esclandre a indigné nombre de nos concitoyens. Beaucoup ont déploré cette attitude des élus qui a ternie l’image d’un Parlement qui devrait, pourtant, donné le bon exemple aux citoyens. Les deux parties en conflit ont, par la suite, introduit des  requêtes à  la Cour constitutionnelle afin que celle-ci  tranche sur ce différend qui déchire les Conseillers de l’île de Ndzouani (pouvoir et opposition) et qui s’est prolongé  à l’Assemblée de l’Union. Ce mardi 16 avril, les requérants seront, donc, auditionnés par les sages de la Cour. Une occasion pour eux et leurs avocats de dérouler leurs arguments afin de tenter de donner beaucoup d’épaisseur à leurs prétentions consignés dans les requêtes qu’ils ont introduits devant la Haute juridiction et ainsi aider les Sages de la Cour à voir un peu plus clair avant de prendre sa décision. Les groupes parlementaires Juwa(pouvoir) et Ouvoimoja (Updc-opposition) vont croiser le fer à coup d’articles de la Constitution et du règlement intérieur de l’Assemblée insulaire lors de ce rendez important pour leurs défenses. Lire la suite

Politique/Maître Larifou, par l’émergence alléché,

Said Larifou et le Président Azali Assoumani à Beit-Salam

Émergence. C’est par ce mot magique que l’avocat et homme politique Saïd Larifou semble vouloir s’appuyer pour ouvrir les portes du pouvoir Azali. Le président du parti Ridja est tellement séduit par ce concept qui, soulignons-le n’est qu’un slogan comme d’autres pour le moment, qu’il en est même devenu un  des défenseurs zélés. Un soutien pas totalement désintéressé.

Reçu au mois de Mars dernier à Beit-Salam, le candidat malheureux aux dernières élections présidentielles (il est arrivé en 5 ème position) a affiché son enthousiasme au chef de l’Etat et déclaré sa « disponibilité à participer pleinement à l’émergence du pays ». Il a ajouté « nous avons parlé de la situation politique du pays et qu’une convergence de vue a été trouvé entre nous sur la nécessité de ressembler les forces vives du pays pour le développement économique des Comores ». Qu’il semble loin, ce jour du mois de mars 2016 où le candidat Larifou accusait publiquement Azali  Assoumani de vouloir le « corrompre » et menaçait, même, de le traîner en justice pour tentative de corruption. « Je vous confirme qu’il a voulu me corrompre. Il a même avancé le montant de 20 millions. J’ai été énervé. J’ai immédiatement quitté les discussions car j’ai estimé que c’était de l’insolence », avait-il, alors, déclaré aux médias. C’était lors du deuxième round des élections présidentielles. Une éternité sur l’échelle de la politique. En septembre 2016, le leader du Ridja en remettait encore une couche en ces termes : « Je pensais naïvement qu’avec son équipe, au demeurant jeune, il allait donner un message clair et fort de rupture avec les pesanteurs qui sont la cause des crises socio-économiques et institutionnelles qui maintiennent notre pays dans une situation de dépendance avec l’extérieur. Mais non ! Le président se renferme dans une théorie digne d’un régime qui se meurt : se faire nommer lors de son discours d’investiture Al Imam Azali au lieu de prononcer un discours de fondateur et une vision pour les Comores ». Lire la suite

Le Conseiller Antoy Abdou révoqué de la Cour Constitutionnelle

Par Faïssoili Abdou

Antoy Abdou, Conseiller à la Cour Constitutionnelle

En publiant, il y a quelques semaines son livre, « La Cour Constitutionnelle, à réformer de toute d’urgence », en réalité un assemblage des rapports qu’il a eu à produire durant les six ans de son mandat à la Cour Constitutionnelle, le Conseiller Antoy Abdou, croyait faire oeuvre utile. Mal lui en a pris. Ses collègues ont décidé de l’évincé de la Haute Juridiction.

Il aurait touché au « fruit défendu » ou plutôt au « livre défendu ». En publiant, il y a quelques semaines, son livre d’une cinquantaine de pages intitulé « La Cour Constitutionnelle, à réformer de toute d’urgence », Antoy Abdou, Conseiller à la Cour Constitutionnelle depuis six ans aurait franchi le Rubicon. C’est en tout cas, ce qu’on peut comprendre à travers la décision de la Cour publié ce vendredi 5 mai à Moroni.  « Monsieur Antoy Abdou ayant méconnu ses obligations  est révoqué et perd sa qualité de Conseiller de la  Cour Constitutionnelle », lit-on dans le procès verbal établi à l’issue d’un Conseil de discipline spécialement organisé pour traiter le cas du Conseiller.  Les Sages reprochent, en effet, à Antoy Abdou d’avoir « publié un livre dont la couverture porte la photo du Conseiller revêtu d’une toge et avoir commenté des arrêts de la Cour dans ce livre incriminé » et enfin, « d’avoir reconnu que depuis 6 mois, « il n’a pas mis les pieds à la Cour ».

Pas perturbé pour un sou, le Conseiller Antoy Abdou qualifie cette décision de « ridicule ». Pour sa défense, il rappelle son habitude administrative consistant à rédiger des rapports d’activités dans l’exercice de toutes les fonctions qu’il a eu à occuper depuis son entrée à la Fonction Publique des Comores. Et, ce livre incriminé n’est, donc, pas une exception. Ce fascicule d’une cinquantaine de pages est en réalité la somme de rapports d’activités que le Conseiller à la Cour Constitutionnelle a produit dans le cadre de sa mission au sein de cette institution. Autrement dit, les sages de la Cour comme d’autres responsables politiques de l’archipel devaient avoir déjà lu ces réflexions depuis belle lurette… Lire la suite

Assemblée de l’Union/Le député Dhoihir Dhoulkamal part à l’assaut de la loi sur la citoyenneté économique

Par Faïssoili  Abdou

Le député Dhoihir Dhoulkamal, photo d’archives ( source: La Gazette des Comores)

Près de neuf ans après son adoption controversée en novembre 2008, la loi sur la citoyenneté économique, tel un boomerang, revient sous les feux de la rampe. Dans sa livraison du 17 mars dernier, sous le titre « La Cour Suprème rouvre la boite de Pandore »,  Alwatwan Eco, le supplément économique du journal gouvernemental Alwatwan nous informait que la section des comptes de la Cour suprême a décidé d’enclencher « des enquêtes sur les personnes impliquées dans la gestion du programme de la citoyenneté économique sur la période allant de 2008 à 2015 ». Et, aujourd’hui, Comoressentiel, apprend que le député Dhoihir Dhoulkamal plaide, de son côté, pour l’abrogation pure et simple de cette loi…

Le député indépendant vient de déposer une proposition de loi visant à abroger « la loi n°08-014 AU du 27 novembre relative à la citoyenneté économique » du nom de ce programme lancé sous le pouvoir du président Ahmed Abdallah Sambi destiné à vendre des passeports comoriens à des apatrides (Bidouns) des pays du Golfe (Emirats Arabes Unis et Koweit) . Il souhaite qu’après adoption de cette proposition de loi, la loi n°08-014AU soit « abrogée avec effet immédiat » et que les détenteurs des passeports de la citoyenneté économique ne puisse « en faire usage ». « Il y a urgence aujourd’hui de mettre fin à cette volonté de ternir l’image des Comores », souligne le parlementaire dans l’exposé des motifs de cette proposition de loi estimant par la même occasion que « les promoteurs de cette loi controversée ont trahi la confiance de la Nation ». Lire la suite

Fête du travail : La CTC revendique « l’émergence du travail décent » à l’horizon 2019

Par Faïssoili Abdou

En plein préparatifs de la célébration de la fête du travail le 1er mai prochain, la Confédération des travailleurs et travailleuses des Comores (CTC) a publié un communiqué ce samedi, pour faire le point sur la situation des travailleurs au pays et dérouler ses revendications.

Une manifestation de la CTC à Moroni, Image d’archive

« Cette année, le 1er mai aux Comores sera fêté dans un contexte marqué par des licenciements massifs (près de 8000 licenciements et ce n’est pas fini), le non respect des textes régissant le travail en Union des Comores et des accords signés entre les syndicats et les employeurs », égrène d’emblée la CTC dans son communiqué. Une manière pour l’organisation syndicale de dénoncer, un peu tardivement, les licenciements opérés en juillet dernier au sein de Comores Telecom par le pouvoir Azali. Alors que les nouvelles autorités comoriennes ambitionnent de mettre l’économie nationale dans la voie de l’émergence à l’horizon 2030, la CTC revendique, elle, « l’émergence d’un travail décent » dans les plus brefs délais. « Notre horizon c’est 2019, pas 2030 », annoncent les travailleurs.

« Bonne gouvernance de l’emploi, meilleure employabilité des jeunes, protection sociale pour tous et respect des normes internationales du travail », tels sont les principales revendications formulées par la CTC à l’occasion de la journée internationale du travail qui sera célébré le 1er mai prochain. L’organisation syndicale dépeint un  tableau sombre de la situation des travailleurs dans l’archipel des Comores. « Les travailleurs comoriens subissent par ailleurs les affres d’une protection sociale au rabais. Les textes qui régissent la Caisse de retraite des Comores sont obsolètes et sont responsables des inégalités entre hommes et femmes en matière de retraite », ajoute le communiqué. Lire la suite

Retro/ Abdou Zanatany, une victime oubliée de la violence policière

Par Faïssoili Abdou

Hier, en fouillant dans mes archives, je suis tombé sur un article que j’ai publié il y a huit ans dans La-Gazette Des-Comores. Il raconte l’histoire d’un jeune homme victime de la violence policière. Soudain me vient les images de ce jeune homme assoupi sur son matelas que j’avais rencontré en juillet 2009 à Moroni (au quartier Sahara) et je décide alors de me renseigner, prendre de ses nouvelles. La magie des réseaux sociaux aidant, je contacte rapidement un ami, habitant du même quartier que la victime, pour savoir où en est l’état de santé de ce jeune. Mon ami m’apprend quelques minutes plus tard que ce jeune homme est mort, il y a environ trois ans.Il est mort en fin 2014, parait-il. Qu’Allah l’accueille au Paradis! Amin…Bouleversé par la perte de ce jeune, j’ai donc décidé de partager avec vous ce papier qui date de 2009. Qui sait ? Cela peut, peut-être aider à réfléchir sur certaines méthodes ayant cours chez nos forces de l’ordre.  Cette histoire s’est déroulée en 2005, sous Azali Assoumani I.  Je me rappelle également que dernièrement un jeune lycéen a été victime d’une violence similaire au lycée Said Mohamed Cheikh de Moroni….

Moroni, jeudi 16 juillet 2009 (HZK-Presse) – Dans le quartier Sahara, au nord-est de Moroni où il vit, tout le monde connaît l’histoire d’Abdou Zanatany. Il s’appelle ainsi en référence aux origines malgaches de sa mère. « Celui à qui on avait tiré ? » nous a demandé le Monsieur qui nous a conduit dans sa cabane, une case en tôles au mobilier très sommaire : un matelas placé à même le sol, un poste de téléviseur placé au milieu de la pièce, une chaise roulante, celle-ci lui aurait été offert lors des présidentielles de l’île de Ngazidja en 2007, et quelques effets personnels. Lire la suite

Vie de parti/ Au Juwa, le linge sale se lave en public…

Par Faïssoili Abdou

Sounhadj Attoumane, secrétaire général du Juwa..

Le parti de l’ancien président Sambi qui se démène depuis quelques jours pour faire valoir la légitimité de ses élus nouvellement désignés au sein de l’Assemblée de l’Union doit, en même temps, faire face à des divergences entre ses membres. Un nouveau front qui risque de l’affaiblir encore davantage. La très brutale sortie médiatique de Sounhadj Attoumane secrétaire général adjoint du Juwa, ce vendredi, se présente comme le symptôme du profond malaise interne chez les Sambistes.

Le parti Juwa est mal-en-point. Le diagnostic est du Docteur Sounhadj Attoumane, cardiologue de son état et accessoirement secrétaire général adjoint du Juwa, le parti de l’ancien président Sambi. « Depuis les dernières élections présidentielles, le Juwa ne se porte pas bien », a-t-il déclaré dans une interview accordée au quotidien Al-fajr paru ce vendredi 14 avril. Dans ce long entretien aux allures d’un règlement de comptes, le Docteur Sounhadj, tel un sniper, tire à boulets rouges sur tout ce qui bouge au sein du Juwa. Il s’attaque plus particulièrement à Ibrahim Mohamed Soule, le secrétaire général du parti et à Mahamoud Mohamed Elarif, le coordinateur au niveau de Ndzouani et encore au ministre Fahmi Said Ibrahim. Trois ténors du Juwa qui, visiblement, ne trouvent pas grâce à ses yeux.

« Le secrétaire général actuel est discrédité par son incapacité, à l’époque, de gérer la période électorale et ses prises de décisions qui l’ont isolé. Ce qui amène les militants à le qualifier, à tort ou à raison, de traitre », a-t-il balancé d’entrée de jeu. Alors que le Juwa peine à organiser son congrès national prévu depuis des mois, le secrétaire adjoint du parti reproche ouvertement au Coordinateur du Juwa à Anjouan d’être à l’origine de ce « dysfonctionnement ». « Le Coordinateur élu d’Anjouan se comporte en prince. Il veut dicter ses lois tout en brandissant le fait qu’Anjouan ne participera pas au congrès national tant que ce qu’il veut ne soit pas accepté », accuse Sounhadj Attoumane. Dans cette même lancée, il ajoute : « au début, il voulait que le congrès se fasse à Anjouan, ce qui n’est pas acceptable pour un parti national comme le nôtre ». Un propos, un argument bizarre et difficile à saisir le sens exact. On se demande, en effet, pourquoi le Congrès d’un « parti national » comorien ne peut pas se tenir à Anjouan, une des îles de l’Union des Comores. Qu’est ce qui est « inacceptable » ou dégradant dans une telle démarche ? Lire la suite

Nation/ Le Président de l’Assemblée favorable à une révision de la Constitution…

Par Faïssoili Abdou

Abdou Ousseni, Président de l’Assemblée de l’Union des Comores

La révision Constitutionnelle, la fermeture de Labaraka Fm et le déguerpissement des marchands ambulants dans les rues de Moroni sont, entre autres, les points évoqués par le président de l’Assemblée dans son discours d’ouverture de la session parlementaire…

Une révision Constitutionnelle en vue? Le discours prononcé ce vendredi 7 avril par le président de l’Assemblée de l’Union à l’occasion de l’ouverture de la première session parlementaire 2017, semble avoir été noyé dans les flots du tapage provoqué par l’altercation entre élus qui s’est déroulé dans l’hémicycle. Et pourtant, certains points de cette allocution mériteraient qu’on s’y attarde. Parmi celles-ci, on relèvera, l’éventualité d’une révision Constitutionnelle évoquée par le président de cette représentation nationale. Après avoir signalé les «relations conflictuelles » qui prévalent à Ngazidja et Ndzouani, entre les exécutifs des îles et les élus locaux, Abdou Ousseni a émis le souhait d’une révision de la loi fondamentale adoptée en 2001 et révisée en 2009. «Aujourd’hui, force est de constater que le comportement de défiance de la part de certaines autorités élues aux niveaux des îles autonomes m’amène en ma qualité de première législateur à partager avec vous cette démarche visant à libérer la réflexion », a-t-il justifié soulignant que ce sujet n’est pas « tabou ». Lire la suite

Comores/Rififi à l’Assemblée de l’Union, les clés pour comprendre…

Par Faïssoili Abdou

image de l’altercation

Une vive altercation entre élus, ce vendredi 7 avril, à l’hémicycle. La séance d’ouverture de la session ordinaire d’avril à l’Assemblée de l’Union des Comores a tourné au pugilat. Les corps se sont entrechoqués, cognés. Les mots ont claqués. Les maux se sont installés. Il va falloir les soigner. Il reste à savoir celui qui va s’atteler à cette tâche. Pour le moment, ce qu’on sait avec certitude, c’est que cette scène a, encore une fois, terni l’image de cette représentation nationale beaucoup plus habilitée à abriter les débats, la confrontation démocratique des idées, que l’affrontement physique entre élus. Ce qui s’est passé ce vendredi laissera certainement des traces. Certains des protagonistes risquent de perdre des plumes… Ce week-end, sur les réseaux sociaux, beaucoup de Comoriens se sont indignés, avec raison, du comportement de nos élus. Pourtant, tout cela était prévisible. Tout cela pouvait être évité. Mais personne parmi les autorités compétentes n’a rien fait pour l’éviter. Lire la suite

Conseil de l’île de Ndzouani/ Une séance sous haute tension

Le Conseil de l’île de Ndzouani

Par Faïssoili Abdou

Comme on pouvait s’y attendre, la session extraordinaire ouverte  mercredi au Conseil de l’île de Ndzouani en vue de la désignation des trois représentants de cette chambre insulaire au sein de l’Assemblée de l’Union s’est déroulée dans une ambiance survoltée et même cacophonique. « La situation était intenable et le président a fini par appeler les forces de l’ordre. Ce n’est qu’après qu’on a pu procéder au vote », décrit une source sur place. Le vote s’est ainsi déroulé dans la confusion. Les Conseillers de l’opposition se sont retirés de l’hémicycle et ce ne sont que les Conseillers Juwa qui étaient sur place pour choisir les trois représentants du Conseil de l’île qui doivent aller siéger à l’Assemblée de l’Union qui ouvre sa première session ordinaire  de l’année ce vendredi 7 avril.

A l’issue de ce vote ce sont les Conseillers Hatime Sairane, Loutfi Houmadi et Mohamed Abou El Magd, tous du parti Juwa, qui ont été officiellement cooptés par leurs pairs pour représenter la Chambre insulaire au niveau de l’Assemblée. Selon des informations  qui restent à vérifier, il semblerait qu’au même moment, les élus de l’opposition ont également choisi dans leur rang trois Conseillers à savoir Saindou Moussa Toumani, Zahara Ali et Ahmed Nassor pour le même objectif.  Ainsi, un bras de fer entre les deux camps se profile à l’horizon….On remarquera que cette session extraordinaire convoquée par le gouverneur Abdou Salami Abdou, avec comme seul point à l’ordre du jour,  la désignation des trois représentants de l’île au niveau de l’Assemblée de l’Union se clôt dans la confusion générale. Lire la suite

Affaire Makcom/Ahmed Keldi :«Cette affaire n’est pas personnelle, elle concerne tout le monde. Ce qui se passe est très grave»

Par Faïssoili Abdou

Ahmed Keldi, gérant de Makcom

Un nouveau rebondissement dans le feuilleton judiciaire qui oppose, depuis des années déjà, les associés de Makcom à savoir Ahmed Keldi et Mme Sitti Djaouharia épouse Chihabiddine. Ce lundi 3 Avril, la Cour d’appel de Moroni a infirmé l’ordonnance numéro 21 du 14 février 2017 relatif à la mise en exécution de l’arrêt 201/2016 de la Cour Commune de Justice et d’Arbitrage (CCJA) de l’Ohada prononçant la dissolution de cette société spécialisée dans l’achat et revente de logiciels et matériels informatiques. Retour à la case départ…

Cet arrêt Ahmed Keldi l’a toujours remis en cause. Il affirme que la sentence  de cette juridiction basée à Abidjan en Côte d’ivoire est « à la fois arbitraire et illégale ». « Aucune procédure ni loi n’a été respecté et c’est là que tout devient suspect », dénonce-t-il vigoureusement. « L’article 46 de CCJA dit que l’arrêt doit être authentifié par l’organe national avant exécution et l’article 505 de la procédure civile aux Comores dit que tout arrêt doit comporter la formule exécutoire », explique encore Ahmed Keldi à propos de l’arrêt de cette instance de l’organisation pour l’harmonisation en Afrique du droits des affaires (Ohada).  Une règle qui, selon lui, aurait été bafoué par la partie adverse. « Une copie de cet arrêt à été remis à l’huissier qui est venu me notifier au lieu que ça passe par le parquet… En plus,  le juge des référés dresse une ordonnance toujours sur la base de cette copie et ordonne la fermeture ainsi que la saisie des comptes de Makcom. Or, ça devrait être le juge des exécutions et non celui des référés », tonne Ahmed Keldi. Il embraye : « Grâce à des pièces falsifiées,  on ferme ma société et confisque le compte bancaire de celle-ci. L’arbitraire devient justice et la victime, accusé voire même acculé. Cette affaire MAKCOM n’est pas personnelle mais au contraire, concerne de loin comme de près tout le monde. Ce qui se passe est très grave ».

Cet arrêt de la  CCJA intervient à la suite d’un long bras de fer judiciaire qui oppose les deux associés de Makcom dans les prétoires de Moroni depuis 2011. La CCJA a été saisie à l’initiative de Mme Sitti Djaouharia « sans passer par la 1ere cour de cassation à savoir notre  Cour suprême », remarque Ahmed Keldi. Et lui de s’interroger : « comment cette affaire a pu parvenir à la CCJA sans que cette Cour n’ait pu obtenir l’ensemble du dossier Makcom ?  Comment expliquer qu’aucune trace de transfert ni de demande dossier n’existe entre la Côte d’ivoire et les Comores ?  Sauf si ceci a pu se passer à mon insu et là, le gouvernement comorien doit obtenir des explications… »

La brouille entre les deux associés, remonte en 2011. En effet, cette année là, après avoir découvert des anomalies dans la gestion de la société et après plusieurs tentatives vaines de s’expliquer avec son associée, Ahmed Keldi décide de porter  l’affaire devant le tribunal. A ce moment là, les faits portés aux juges sont explosifs. Ils décrivent en creux le flou qui entoure la gestion de cette société. « Pas de bilans,  des détournements,  abus de tous genres,  faux et usage de faux,  deux comptes bancaires ouvertes à mon insu… Des dégâts incroyables », détaille Ahmed Keldi relevant également «  plusieurs millions de francs » qui se seraient évaporés et ne laisseraient aucune trace.

Evidemment, le 30 avril 2012, « la justice de Moroni rend un jugement numéro 30/12 me donnant raison. Mon  associée est  déchue de sa fonction de gérante. Elle est reconnue responsable de malversations et détournements de 59 544 192 Kmf  qui manquent à la caisse, … Elle est reconnue responsable de la faute de gestion car n’a jamais établie le moindre bilan de 2007 à 2010 et ce au mépris de la législation comorienne (d’après jugement», poursuit Ahmed Keldi s’étonnant que des faits  aussi graves n’aient pas conduit les magistrats à  inquiéter son associée. « A noter que la loi comorienne est similaire à celle de la France à savoir : sans bilan,  la responsabilité pénale est engagée et automatiquement c’est de la prison plus des amendes… Alors pourquoi on la laisse libre ? », s’interroge notre interlocuteur. Il soutient « je porte plainte au pénal en me constituant partie civile en mai 2013 pour ces faits et la preuve des 45 pièces qu’elle a falsifiée… Et en novembre 2014, le juge d’instruction rend un non lieu sans jamais mener une enquête et encore moins organiser la moindre confrontation avec tous les témoins cités dans le dossier… En tant que partie civile,  jamais j’ai été entendu… Pourquoi ?  Je l’ignore ». De là à suspecter des accointances entre certains juges et son associée, il n’y a qu’un pas qu’Ahmed Keldi refuse de franchir pour le moment…

Depuis, cet ancien de la diaspora qui a jusque là vécu en France où il a toujours évolué dans le milieu des nouvelles technologies se démène à Moroni pour faire valoir ses droits.   Depuis, la publication de l’arrêt du CCJA, il a entamé une nouvelle offensive pour réclamer justice. Il promet d’« aller jusqu’au bout » pour faire valoir ses droits. « Ma détermination doit servir au plus grand nombre surtout ceux qui viennent de France ou ailleurs et qui ont l’amour de leur pays. Il est inadmissible voir intolérable de torpiller celles et ceux qui apportent un plus au pays », répète-t-il…

 

Vie de parti/ Mahmoud Ibrahime, ex- secrétaire fédéral du Radhi en France « Dans l’état actuel, je ne suis pas favorable à une entrée du Parti RADHI au gouvernement »

Ici, Mahmoud Ibrahime et Jaffar Abdellahi, ancien et nouveau secrétaire fédéral du Radhi France lors de la passation

Bilan de son action durant ses deux ans de mandat à la tête de la fédération du parti Radhi en France, les bisbilles entre les responsables du bureau national ou encore l’éventualité d’une entrée de cette formation politique de l’opposition dans un prochain gouvernement du président Azali, Mahmoud Ibrahime, qui a passé le flambeau à son successeur le 19 mars dernier, aborde tous ces sujets dans cet entretien exclusif accordé, il y a une semaine de cela, à Comoressentiel…

Le 26 février dernier, les membres de la fédération Radhi-France ont élu un nouveau secrétaire fédéral pour vous succéder. Dans quelle ambiance s’est déroulée cette procédure ?

L’élection du Secrétaire Fédéral RADHI-France s’est déroulée dans de très bonnes conditions. Il y a deux ans j’ai été élu par deux sections (Paris, Marseille), Jaffar a été élu par trois sections (Lyon en plus). En termes de résultats, l’élection de Jaffar a été encore plus nette que la mienne puisqu’il a obtenu 92% des suffrages. Je rappelle que l’élection anticipée du SF en France est consécutive à une décision d’une Assemblée Générale du Parti à Moroni, AG présidée par le président Abidhar et le Secrétaire Général Houmed Msaidié, en vue du Congrès qui doit se tenir les 21-22 mai prochain.

Quel bilan faites-vous des deux années que vous avez passées à la tête de la fédération du Radhi en France ?

Pendant les deux années qui se sont écoulées, le Bureau Fédéral que j’ai dirigé a essayé de concilier la structuration de la fédération et le soutien que nous devions apporter au parti aux Comores durant les élections législatives et municipales puis présidentielles.

En ce qui concerne la structuration, je peux dire que la Fédération-France est la fédération la mieux structurée du parti RADHI. La preuve en est que nous avons pu organiser des élections des secrétaires de sections (4 fois) et du secrétaire fédéral(3 fois) dans lesquelles chaque membre pouvait voter s’il remplissait les conditions et le souhaitait. Nous avons pu organiser des assemblées générales délibératives et prendre des décisions en respectant nos statuts et les normes démocratiques. Lire la suite

En librairie: « Trois contes des Comores » ou l’histoire du séparatisme racontée aux enfants

Par Faïssoili Abdou

Une petite piqûre de rappel. Quand un médecin prend la plume pour narrer  un pan de notre histoire sous forme de contes. Le livre « Trois contes des Comores » d’Ahmed Bacar Rezida Mohamed paru récemment aux éditions Cœlacanthe est une petite merveille. Très bien écrit, ce petit opuscule d’une quarantaine de pages se lit d’une traite avec délectation.  L’auteur nous présente trois merveilleux contes mettant en scène des animaux mais, en fait, ils se dévoilent être le récit des « blessures » de notre histoire. Il est question ici de ces divisions internes qui ont fendillé l’Histoire de notre archipel. Etant de la génération qui a vécu et senti au plus profond de sa chair les méfaits du séparatisme à Anjouan, le narrateur espère à travers ce petit bouquin toucher la jeunesse pour leur expliquer avec des mots simples ce qui s’est passé à cette époque. «Rien de mieux que de pouvoir l’imprimer dans la mémoire de nos petits frères et enfants à travers la littérature », nous explique ce médecin généraliste diplômé de l’Université d’ Antananarivo (Madagascar). Nous connaissons tous le rôle des contes dans l’éducation et la socialisation des plus jeunes dans les sociétés à traditions orales comme la nôtre notamment celle de leur inculquer les valeurs de la vie. Lire la suite

La 35ème circonscription de Ndzouani toujours en attente de son Conseiller

Par Faïssoili Abdou

Alors que l’ouverture fin avril prochain de la session ordinaire de l’Assemblée de l’Union approche à grand pas, les électeurs de la 35ème circonscription de Ndzouani doivent encore s’armer de patience avant de pouvoir élire leur nouveau Conseiller de l’île. Tout porte à croire que cette élection partielle recommandée début décembre par la Cour Constitutionnelle et qui devrait se tenir au plus tard début janvier dernier, se tiendra finalement au mois d’avril prochain en même temps que les élections de la commune de Mboinkou. Le budget  estimatif de ces deux scrutins est estimé à environ  60 millions Kmf. 

Le jour où Herdine Soula a perdu son siège de parlementaire. Depuis le 5 décembre 2016 dernier la circonscription d’Adda-Daoueni à Ndzouani n’a plus son  représentant au niveau du Conseil de l’île. Ce jour là,  après des semaines d’enquête, la Cour Constitutionnelle prononçait la « déchéance immédiate » de l’élu de cette localité du Nyumakele au Sud de Ndzouani.  Une première dans l’histoire de l’archipel.

Quelques semaines auparavant, la haute juridiction a été saisie par Ahamadi Issoufi, un des concurrents du Conseiller, qui l’accusait  d’avoir falsifié son extrait de naissance et sa carte d’identité nationale ou usurpé l’identité d’une autre personne au moment du dépôt de sa candidature auprès de la Commission électorale. Une accusation qui avait suscité ce commentaire visiblement embarrassé du secrétaire général et président du groupe parlementaire Juwa, parti dont est issu Herdine Soula, à l’Assemblée de l’Union. «Je sais qu’aujourd’hui au niveau de l’Assemblée où je me trouve en tant que député beaucoup d’entre nous, ne portent pas leurs noms réels. Certains ont changé leur identité après leur scolarité ou avant même et portent aujourd’hui le nom de famille de certains de leurs frères, d’autres portent le nom de leurs oncles pour des raisons d’état civil. Usurpation d’identité, ça c’est un sport qui est pratiqué par beaucoup de gens. Si ce député a fait ça, il n’est pas le seul dans ce cas. D’autres l’ont fait ou le font », a déclaré Ibrahim Mohamed Soulé dans une émission sur  Hayba Fm tout en se défendant de ne pas cautionner ce genre de pratiques. Lire la suite

Avoir 39 ans dans l’archipel des Comores

Par Faïssoili Abdou

Des jeunes militants devant la Cour Constitutionnelle à Moroni

Des jeunes militants devant la Cour Constitutionnelle à Moroni

Je suis né en 1978 dans la campagne anjouanaise. 39 ans à peine sonnés.

Chers enfants de 1978…. L’année qui nous a vu naître est une année tragique et en même temps, une année charnière de l’Histoire récente de notre archipel. Cette année marque la fin de révolution culturelle  initiée par Ali Soilihi et le début d’un pouvoir dictatorial, instauré avec l’appui des mercenaires français, qui va durer jusqu’en 1989.  En effet, c’est le 13 mai 1978 qu’Ali Soilihi Mtsachiwa, chef de l’Etat depuis le 2 janvier 1976 est renversé par un coup d’Etat mené par le mercenaire français Bob Denard. Celui qui se faisait appelé le Mongozi  (le guide) sera lâchement  assassiné quelques temps après, dans la nuit du 28 au 29 mai « lors d’une tentative d’évasion ».

Cet assassinat mettait ainsi, brutalement, fin à la révolution socialiste qu’Ali Soilihi  avait tenté de mettre en place aux Comores. Le coup d’Etat contre le Mongozi ouvrait également la voie à un  retour au pouvoir d’Ahmed Abdallah qui était destitué trois ans plutôt par le même Ali Soilihi. Dans le sillage de ce retour d’Abdallah aux affaires, des mercenaires français allaient s’établir dans l’archipel des Comores durant une décennie. En effet, « à partir de 1978, autour de Bob Denard, une partie des soldats de fortune s’installe aux Comores au sein de la Garde présidentielle (Gp). Ils se maintiennent aux côtés d’Ahmed Abdallah et sont associés à la direction des Comores (politiquement et économiquement) pendant dix ans ».  (Walter Bruyère-Ostells, Dans l’ombre de Bob Denard)

Et pourtant, trois ans plutôt, en 1975, les Comoriens écrivaient une des plus belles pages de leur Histoire récente en déclarant unilatéralement l’indépendance de l’archipel. L’enthousiasme né de cette initiative glorieuse sera de courte durée. Lire la suite

Comores: Notre armée est malade

Par Ahmed Abdallah Mgueni

Des éléments de l'armée comorienne défilent dans la rue à Moroni (Image d'archives)

Des éléments de l’armée comorienne défilent dans la rue à Moroni (Image d’archives)

« Des assises de l’armée comorienne s’imposent. L’institution doit impérativement et rapidement revoir sa politique de recrutement, étudier les moyens de revaloriser le métier et pourquoi pas organiser une campagne de « Vérité et Réconciliation » à l’image de ce qui s’est passé dans d’autres pays ». 

Pour comprendre la violence inouïe de la gendarmerie contre  des élèves au lycée de Moroni la semaine dernière, analysons un peu ce corps censé nous protéger mais  qui se retourne contre nous à chaque occasion. Qui sont ces militaires ? Comment sont-ils recrutés? Comment sont-ils formés? Et comment vivent-ils dans les casernes ?

D’abord, il n’est un secret pour personne que les recrutements dans l’armée sont des véritables camouflets. L’armée comme la police recrutent les jeunes délinquants qui étaient dans nos villes et villages. Les concours qui sont censés les sélectionner ne sont qu’un marché de dupes. La corruption passe toujours par là pour biaiser n’importe quel moyen de tri qui permettrait de se débarrasser des jeunes délinquants. Et même l’exigence d’avoir au minimum le BEPC pour intégrer l’armée est toujours détournée par les falsifications qui se font  au vu et au su de tous. Lire la suite

Projet immobilier/Advis Dijoux : « Nous avons encore des étapes à franchir et nous espérons que l’Etat et les Comoriens nous ferons confiance dans nos stratégies d’affaires ».

HAMADI Nassur et JEAN ADVIS Dijoux, co-gérants de Horizon Immobilier

HAMADI Nassur et JEAN ADVIS Dijoux, co-gérants de Horizon Immobilier

Trois ans après son lancement à Moroni, le projet Hamboda initié par Horizon Immobilier a procédé dernièrement à la livraison d’une dizaine de villas à ses clients. Un deuxième lot de ces résidences  flambant neuves devrait-être livré très prochainement. En attendant l’inauguration officielle de ce magnifique complexe résidentiel unique dans l’archipel des Comores, Advis Dijoux, promoteur immobilier et Président du Group Dijoux fait le point  avec Comoressentiel sur  cette première phase  du projet et évoque les perspectives d’avenir de son entreprise. Interview

Pour commencer, pouvez-vous nous présentez brièvement votre entreprise ?

Bien entendu. Donc, j’ai créé une société de droit comorienne en 2002 dénommée la Société Economique de Développement de l’Archipel des Comores « S.E.D.A.CO ». Cette entité avait plusieurs actionnaires étrangers et nous l’avons créée d’une part, pour répondre à un appel d’offre international et d’autre part, pour investir et partager notre savoir-faire aux Comores. Pour diverses raisons, le marché ne s’est  pas exécuté et en quelques-mois mes associés ont préféré se retirer de la société et des Comores d’une manière générale.

Quant à moi, je suis resté et j’ai mis fin à mes activités à la Réunion en 2004 où notamment, nous étions à l’époque en plein épisode judiciaire pour nous faire payer nos prestations/réalisations avec les bailleurs sociaux puisque pendant les 11 dernières années à la Réunion, nous étions spécialisées dans le logement social avec une moyenne de 500 logements par an. Alors pour revenir, à S.E.D.A.CO, nous intervenons dans tous les secteurs du bâtiment, génie civil, VRD, concassage, réalisation de terrain foot, etc…Nous soufflons cette année nos 16 ans de présence aux Comores ; à notre actif grands nombres d’opérations, de consultations, de réalisations et définitivement d’aventures humaines. Depuis 2013, nous avons pris un gros risque en consacrant quasiment tous nos activités sur le projet HAMBODA, qui d’ailleurs, occupait partiellement nos équipes depuis 2003 puisque nous avons dû procéder aux études, créer l’urbanisme …

Enfin, 2016 représente pour notre société et pour moi une phase importante puisque nous avons voulu marquer notre renouvellement et notre attachement aux Comores.

Ces étapes sont marquées par la création d’une entité dénommée DIJOUX Group qui a pour objet l’investissement, la diversification et la spécialisation dans des domaines liés principalement au bâtiment et au génie civil. Ainsi, nous allons prochainement reprendre l’intégralité de nos activités et proposer une palette de service basé sur notre savoir-faire mais aussi sur les transferts de compétences issues de nos différents réseaux professionnels.

Votre entreprise compte combien d’employés ?

Une de notre fierté a été de pouvoir employer plus de 200 personnes sur HAMBODA. Toutefois, la conjoncture, l’environnement et le manque de volonté politique à l’époque, nous a conduit malheureusement à réduire nos effectifs au nombre de 50 personnes. Néanmoins, nous avons réussi à maintenir un ratio de 98% de masse salariale comorienne et de 2% de masse salariale étrangère. Enfin, nous espérons à terme pouvoir réemployer entre 200 à 400 emplois directs dans nos activités et pouvoir donner une place plus significative à la Femme dans nos sociétés. Lire la suite

Comores Telecom : Oumara Mgomri, pris les doigts dans le pot de confiture

Par Faïssoili Abdou

Oumara Mgomri, Directeur Général de Comores Télécom

Oumara Mgomri, Directeur Général de Comores Télécom

L’affaire fait grand bruit sur les réseaux sociaux. Depuis mardi, les internautes comoriens, scandalisés crient leur colère après la découverte d’un acte de vente d’un véhicule passé entre la société Comores Télécom et son Directeur général, Oumara Mgomri. Certains réclament qu’il soit immédiatement démis de ses fonctions. Le document est signé, le 28 janvier 2017, par un certain Oumara Mgomri  (le  vendeur) et  le Directeur financier et de la prévision de la société (acquéreur pour Comores Télécom). Il est indiqué que ce véhicule d’occasion (mise en circulation en janvier en  2016) a été vendu pour la coquette somme de 12 millions Kmf (24000 euros).  Un prix jugé trop élevé par rapport à ceux pratiqués sur le marché. C’est sans doute dans une pareille  circonstance qu’on peut dire qu’on a eu «  le beurre et l’argent du beurre ».

Copie de l'acte de vente

Copie de l’acte de vente

Le moins que l’on puisse dire est que le Directeur de Comores Télécom a le sens des affaires. Il sait fructifier ses propres investissements…  Mais au  delà du prix qu’aurait coûté le véhicule, ce qui heurte le plus  dans cette affaire c’est le conflit d’intérêt manifeste  que révèlent de telles pratiques. Aussi, plusieurs interrogations surgissent notamment celles de savoir si l’acquisition du véhicule par Comores Telecom était justifiée ? Et si, c’était le cas, pourquoi il n’y a pas eu d’appels d’offres ? Cette opération  a-t-elle été validée par le Conseil d’administration ? Pourquoi donc, la société a-t-il jugé bénéfique de s’acheter un véhicule d’occasion plutôt qu’une voiture neuve ?  Des questions sans réponses pour le moment. Ce qui est évident à ce stade de l’affaire c’est que le Directeur général de Comores Telecom  a fait montre d’un déconcertant mépris des bons usages. Une indélicatesse qu’on ne doit pas passer sous silence et qui doit interpeller les hautes autorités du pays. Ils auraient tort de traiter cette question par le mépris.

Il suffit de parcourir la toile pour constater le niveau de mécontentement de nos compatriotes. « Quelle honte ! », crient les uns.  « Marre de toutes ces magouilles et de ces voleurs.  Je suis en rogne », lance un internaute. « Il n’a rien d’autre qu’à démissionner », enchaîne cet autre internaute. « Sous d’autres cieux, il serait immédiatement débarqué », indique un autre. Et, on ne peut que leur donner raison. Car, ailleurs, on a vu des responsables démissionner pour moins que cela. Nous  avons,  par exemple, en mémoire  qu’en 1995 une ministre suédoise fut poussée à la démission pour avoir régler quelques courses, dont une barre chocolatée, avec sa carte de crédit de fonction.

Pour prendre la mesure du scandale de cette affaire de Comores Telecom, revenons un peu en arrière. Nous sommes au mois de juillet 2016, quelques semaines après la nomination en juin  de M. Oumara Mgomri, 57 ans, à la tête de Comores Telecom. Celui-ci entreprend une série de mesures dont le motif, indique-t-il à ce moment là, est de réduire la voilure de la société. Il s’agit précisément d’équilibrer les comptes de l’entreprise d’Etat et garantir une bonne gestion des ressources. Ainsi, 1080 jeunes agents de l’opérateur téléphonique se sont retrouvés sur le carreau. Dans la même foulée, le nouveau Directeur décide également de réduire les quotas des forfaits téléphoniques attribués aux membres du conseil d’administration de Comores Telecom et les hautes personnalités du pays. Dans une conférence de presse à Moroni, au mois de novembre dernier, il assurait ainsi avoir  ramené la « masse salariale mensuelle de la société de 800 millions à 500 millions Kmf ». Ceux qui nourrissaient alors le fol espoir que toutes ces mesures étaient prises pour permettre à la société de souffler en sont, aujourd’hui, pour leurs frais.

Au cours de cette même conférence, Oumara Mgomri, qui fut Directeur de Comores Télécom sous le premier mandat du Président Azali (1999-2006), se flattait des « acquis de croissance de 20% annuel » que la société avait enregistrés sous sa direction. Il a regretté ensuite que ses successeurs aient abaissé cette croissance. Très en verve ce jour là, le Directeur de Comores Telecom, se posant « en vrai patriote », selon ces mots, avait garanti qu’il était là pour « défendre les intérêts de la société et ceux du pays »… Avec cette nouvelle révélation on peut ajouter, tout en oubliant pas au passage de mettre du beurre dans ses épinards.

« Il faut qu’on arrête cette habitude de nommer n’importe qui à la tête de nos sociétés d’Etat pour des raisons politiques, car, il y a ceux qui sont soucieux de redresser nos sociétés et d’autres qui ne pensent qu’à les détruire », prêchait-il ce jour là. Il ne croyait pas si bien dire… La balle est maintenant dans le camp du président Azali Assoumani qui, clame-t-il, ambitionne de mettre le pays dans la voie de l’émergence économique à l’horizon 2030. Une telle ambition doit d’abord passer par un assainissement et une réforme de notre manière de gouverner. Le chef de l’Etat va-t-il trancher dans le vif et sonner la fin de la récréation en écartant le Directeur Général de Comores Télécom ? Attendons et voir….Soulignons que les pratiques comme celles du Directeur de Comores Télécom ne feront que brouiller le message du Chef de l’Etat.

Comores: Nouvelle centrale électrique/ La lumière ne doit pas faire de l’ombre à la démocratie

Par Eddine Mlipvoindro

Le président Azali Assoumani lance le nouveau centrale de Voidjou( Gde-Comore)-Source: page facebook de Beit-Salam

Le président Azali Assoumani lance le nouveau centrale de Voidjou( Gde-Comore)-Source: page facebook de Beit-Salam

Tout le pays se félicite de la promesse d’un retour à la normale dans le secteur de l’énergie. Mais il revient de si loin, qu’il perd un peu la tête. Mais applaudir sans réfléchir, refuser que l’on pose les questions restées dans l’ombre est aussi une autre manière de maintenir le peuple dans les ténèbres.

Une fois n’est pas coutume, la semaine débute sur deux bonnes nouvelles. La première est que la LUMIÈRE EST. Avec une nouvelle centrale de « 18 mégawatts », la Mamwe a non seulement retrouvé sa capacité maximale de production (14 mégawatts), mais dispose d’une réserve de 4 mégawatts supplémentaires sans compter les anciens groupes qui vont pouvoir pallier à d’éventuelles pannes. En attendant l’allumage des groupes d’Anjouan et de Mohéli, rien ne devrait plus dorénavant justifier que l’île de Ngazidja ne soit pas éclairée « 24h/24 » et 7 jours/7.  A croire les mots du chef de l’Etat ce dimanche, la Grande-Comore pour commencer, devrait rompre définitivement avec les coupures d’électricité et le régime de délestages qui a pendant deux décennies (1996-2016), privé une génération entière d’électricité, mis à terre le tissu économique et appauvri définitivement des milliers de ménages dont la seule source de revenu dépendait d’activité qui avaient besoin d’énergie.

La problématique de l’énergie dans notre pays dépasse la seule dimension des machines

Il est donc légitime qu’après ces longues années de ténèbres, le pays jubile. Mais au risque de décevoir ceux qui estiment qu’une telle réalisation n’autorise aucune réticence, aucune fausse note, il faut baliser rapidement les limites de cet enthousiasme. Parce que ce n’est pas la première fois que l’Etat a volé au secours de cette société, une véritable réflexion publique doit accompagner cette nouvelle séquence. La problématique de l’énergie dans notre pays dépasse la seule dimension des machines. Elle interroge les choix stratégiques de l’entreprise qui en a la charge, ses missions, son organisation, son mode de fonctionnement, son  statut et bien sûr les choix politiques alternatifs. Un travail d’expertise donc.

Les groupes électrogènes de la nouvelle centrale de Voidjou. Source: Beit-Salam

Les groupes électrogènes de la nouvelle centrale de Voidjou. Source: Beit-Salam

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Mayotte/ Suspendu de son parti pour avoir rencontré Azali

Par Faïssoili Abdou

Mnemoi Midladji et le Président Azali lors de leur rencontre à Moroni

Mnemoi Midladji et le Président Azali lors de leur rencontre à Moroni

Dans certains cercles politiques à  Mayotte, cette île comorienne sous administration française, afficher une quelconque sympathie avec une autorité comorienne peut vous coûter cher. Mnemoi Midladji, le jeune secrétaire général du Mouvement pour le développement de Mayotte (Mdm) l’a appris à ses dépens. Il a été suspendu de son poste de secrétaire général de ce parti départementaliste pour, en autres, avoir rencontré le chef de l’Etat comorien et tenu publiquement des propos bienveillants à son égard…

Recalé, le 22 janvier dernier, lors des investitures au sein de son parti pour les candidatures aux élections sénatoriales de 2017, ce jeune chef d’entreprise a été, quelques jours plus tard, mis au ban par les dirigeants de sa formation politique. « Le comité directeur du Mdm s’est réuni lundi pour prononcer la suspension de son secrétaire général, jusqu’à nouvelle ordre », a déclaré Aynoudine Salime, président du Mdm, au journal de Kwezi Tv du mercredi 1 février.

En cause : des propos « injurieux » que le secrétaire général du parti et candidat malheureux à la candidature pour les sénatoriales a tenu à l’encontre de ses camarades sur les réseaux sociaux après les investitures et surtout sa rencontre avec Azali Assoumani, président de l’Union des Comores. « Si le MDM, dans un communiqué, comprend la nécessité d’engager un dialogue dans un esprit de codéveloppement, il explique que son SG n’en avait pas mandat », explique le site d’informations en ligne lejournaldemayotte.com Lire la suite

Comores-Infrastructures/ Une aide de 20, 4 millions de dollar de la Bad pour la réhabilitation du réseau routier à Ngazidja et Ndzouani…

Par Faïssoili Abdou

route-comores

La Banque africaine de développement (Bad) a annoncé ce jeudi 26 janvier qu’elle va « appuyer le gouvernement de l’Union des Comores dans ses objectifs de diversification de l’économie, en finançant un projet de réhabilitation du réseau routier sur les iles de la Grande Comores et d’Anjouan, qui regroupent plus de 94% de la population du pays ». Cette subvention d’un montant de 20, 4 millions de dollar devrait aider à « améliorer les conditions de circulation sur deux importants axes routiers, la route national – 2 (RN2) et la route nationale – 23 (RN23), contribuant ainsi à l’accélération des échanges commerciaux et à la croissance dans les zones traversées, tout en facilitant l’accès aux services de bases pour les populations riveraines », explique le communiqué de  cette institution financière continentale.

La RN2 est une route côtière reliant Moroni à Foumbouni et parcourant plusieurs agglomérations importantes, notamment : Ikoni, Vouvouni, Mitsoudjé, Singani, Dzahadjou, Ifoundihé , Itsoundzou, Chindini , Ourovéni , Malé, Foumbouni.  La RN23, sur Ndzouani, relie Sima à Moya. Elle traverse les villes de Sima (capitale régionale de l’ouest d’Anjouan), Maraharé, Vassi, Vouani, Dar Salam Pomoni et Moya. Elle est l’unique voie d’accès aux agglomérations de Dzindri et Lingoni.

En tout, le projet concerne la réhabilitation de 47 km de route (20,5 km sur la RN2 et 26,5 Km sur la RN23). Il prévoit également « des mesures de lutte contre l’érosion côtière et un programme de renforcement des capacités institutionnelles de l’administration comorienne, en particulier par la mise à disposition de spécialistes en réformes institutionnelles et en passation de marché ». Selon la Bad, « La réhabilitation de la RN2 et de la RN23 contribuera en particulier à développer les activités touristiques, ainsi que la commercialisation des produits de la pêche ».

Ce projet, qui devrait s’achever en 2020, est en ligne avec la Stratégie de développement des Comores, en particulier la Stratégie nationale de développement des transports à l’horizon 2030, et la Stratégie d’intervention de Banque aux Comores pour la période 2016-2020. Le coût total de cet ambitieux projet est estimé à 36,5 millions de dollar EU. Il sera cofinancé par la BAD et l’Union Européenne.

Vie politique/Conflit larvé au sein du Radhi

Par Faïssoili Abdou

Houmed Msaidie et Abidhar Abdallah, président et secrétaire général du Radhi (source: La Gazette des Comores)

Houmed Msaidie et Abidhar Abdallah, président et secrétaire général du Radhi (source: La Gazette des Comores)

Sur la corde raide. Jusqu’où ira la brouille au sein du Rassemblement pour une alternative de développement harmonieux et intégré (Radhi)? La jeune formation politique de l’ancien ministre Houmed Msaidie est aujourd’hui divisée entre partisans d’un rapprochement immédiat avec le pouvoir du président Azali Assoumani et ceux qui souhaitent rester dans l’opposition. Un face à face tendu qui risque de lui être fatal, tant les positionnements des deux tendances semblent inflexibles.

Fervent défenseur de la tendance qui prône le rapprochement avec le colonel Azali, l’ancien ministre Aboudou Soefo joue des pieds et des mains pour imposer  sa ligne. Ces derniers mois, cet ancien baron de la Crc (parti actuellement au pouvoir) qu’il a décidé, il y a trois ans, de quitter en même temps que l’ancien ministre Msaidié pour créer le parti Radhi, s’est longuement épanché dans la presse locale pour évoquer tout le bien qu’il pense du président Azali Assoumani, un ancien « compagnon de combat » dit-il, tout en égratignant au passage les responsables actuels du parti Radhi. Il accuse ces derniers de faire « peu de cas des militants et vouloir trancher à leur place ».

« Il y a ceux qui voulaient ramener le Radhi dans la coalition de l’opposition et ceux  qui estimaient que le meilleur développement du parti se trouvait dans le sillage du pouvoir actuel », a-t-il confié dernièrement à nos confrères du journal Alwatwan pour expliquer l’origine de la division qui ravage cette formation de l’opposition. « L’autre tendance a voulu confisquer l’appareil, et bloquer son expression, craignant certainement que la majorité du Radhi ne s’exprime en faveur du pouvoir actuel », a-t-il encore soutenu. Lire la suite

Point d’ancrage (3ème et dernière partie)/ « Qui a le courage de travailler 6 mois sans salaire »

Par Houmi Ahamed-Mikidache-(Juillet 2011)

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image d’archive

«  En une dizaine d’année de travail en France, je n’ai vu  qu’un enfant mourir. Il était polymalformé.  Lorsque je  suis arrivée chez moi, aux Comores,  presque tous les jours, il y avait des enfants de 0 à  5 ans surtout  qui  mouraient. Ça me donnait envie de donner tout ce que je possédais en moi pour essayer de les sauver. J’admirais les infirmières. Elles travaillaient avec les moyens du bord. Il n’y avait rien, » explique Zahara Toyb, ancienne cadre de santé  aux Comores et membre fondatrice du Réseau Femme et Développement.

Rentrée, aux Comores en 1989, Zahara Toyb, 57 ans,  ancienne puéricultrice à Bordeaux, est à l’origine  de la création du  syndicat de la santé aux Comores et du premier service de Néonatologie à l’hôpital publique El Maarouf, l’hôpital de référence du pays. Conçu pendant la période coloniale, cet hôpital est un des plus pauvres au monde. Pour Mme  Toyb, la politique nationale du pays concernant la santé fait défaut, parce que le personnel  soignant n’est pas payé. « Qui a le courage  de travailler 6 mois sans salaire ? La santé c’est quelque chose de très sensible. Il y a des horaires à respecter. Comment voulez-vous qu’une personne s’investisse sans avoir de quoi se nourrir ? », interroge-t-elle. D’après le rapport de l’OCDE, la santé ne fait effectivement pas partie des principales  priorités du gouvernement comorien et cela entraine  des incidences sur le développement. « Les Comores dépensent davantage pour l’éducation que pour la santé, ce qui s’explique par la création récente de l’université des Comores. Le taux brut de scolarisation est estimé à 100.2 % contre  100.0% en 2009(…) La qualité des infrastructures sanitaires souffre d’une pénurie d’investissements, ce qui empêche de remplacer les équipements défaillants. » Lire la suite

Point d’Ancrage (2ème partie) – L’homme face à ses traditions

Par Houmi Ahamed-Mikidache (Juillet 2011)

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Porté vers la représentation extérieure, dès son plus jeune âge à la Grande Comore, le jeune est formé par  un  procédé de classe d’âge, le « hirimu »,  emprunté aux rites africains. Le Hirimu  détermine la  place du garçon puis de l’homme au sein de son village, mais aussi  de sa région. Il passe de Mnamdji (enfant du village) ou Mnakofia (petite toque) à Mdroumdzima (homme accompli), lorsqu’il fait son Grand Mariage, le mariage coutumier appelé communément « Anda ». Après avoir effectué le  « Anda », le « Mdroumdzima » doit se référer aux anciens. « Obtenir la considération des autres, plus particulièrement celle des aînés est une véritable hantise qui donne lieu à une manière d’être et de penser, des actes à faire et à ne pas faire, un ethos. La recherche de la considération des autres est l’élément principal du contrôle social. Les droits et les devoirs qui structurent l’individu sont fonction de cette même considération. » (Houssein Zakaria, Famille Comorienne Face Aux Collège- Entre Ecole et Tradition)

Importance du Grand Mariage

Dans les autres îles, notamment à Anjouan, le principe de regroupement d’âge n’existe pas, mais les pratiques coutumières liées au mariage sont bien présentes 16 ans après la publication du livre de Sultan Chouzour, « le Pouvoir de l’honneur » sur le Grand Mariage. « Le Grand Mariage est aux Comores, particulièrement à la Grande Comore et dans une moindre mesure à Anjouan, une fête traditionnelle et une institution sociale. Il permet aux hommes d’accéder au rang de notables en leur conférant une reconnaissance dans la société, qu’ils partagent avec leurs femmes…En terme économiques, le coût d’une telle opération est très élevé, en moyenne autour de 30 millions FC, et peut aller dans certains cas, jusqu’à 80 millions FC ; la tendance à des dépenses de plus en plus somptueuses étant une caractéristique de ces dernières années. » Lire la suite

Rapport sur le développement humain/ Point d’ancrage (Partie 1)

Par Houmi Ahamed-Mikidache- Juillet 2011

Le Président Azali Assoumani, lors du lancement du rapport sur le développement humain en Afrique 2016, en décembre dernier

Le Président Azali Assoumani, lors du lancement du rapport sur le développement humain en Afrique 2016, en décembre dernier

Alors que les Comores viennent de procéder, le 19 décembre 2016 dernier, au lancement du rapport national sur le développement humain en Afrique 2016 intitulé « Accélérer l’égalité des genres et l’autonomisation des femmes  en Afrique », Comores Essentiel revient sur les défis de l’Union, présentés quelques mois après l’élection du président Ikililou Dhoinine. Le constat est là: cinq années après les mêmes problématiques subsistent encore dans l’archipel. Nous vous proposons ci-dessous une analyse en trois parties rédigée en 2011 et vous verrez, nous sommes encore loin entre les paroles et les actes .  1ère partie…

Plus de 10 ans après la déclaration des 192 Etats membres de l’Onu sur les Objectifs du Millénaire pour le Développement ( OMD), les Comores pourrait atteindre  une partie  des OMD d’ici  2015. La  réduction de l’extrême pauvreté et de la faim, l’éducation pour tous,  la réduction de la mortalité infantile et l’amélioration de la santé maternelle sont  potentiellement  atteignables. Mais, l’environnement et la prévalence de la malnutrition chez les enfants restent difficile à déterminée. La Femme comorienne, socle de l’organisation sociale pourrait impulser le développement de cet archipel.

Un état des Lieux

Dans le cadre de son  rapport sur les perspectives économiques de l’Afrique, l’Organisation de Coopération et de Développement Economique (OCDE) a publié récemment une analyse sur la situation économique des trois îles Comores. Mayotte revendiquée par l’Etat Comorien  (comme faisant partie de son giron) et département d’Outre Mer dorénavant n’a pas fait l’objet de cette évaluation. Située dans l’Océan Indien, l’Union des Comores demeure parmi les Pays les Moins Avancés au Monde (PMA). Les différentes crises politiques chroniques de l’Union depuis ces dernières  années  expliquent son manque de  performances économiques. En 2009, le Produit Intérieur Brut (PIB) par tête était de 870 dollars US. D’après le dernier recensement effectué en 2010, la population est évaluée à  684 000 habitants. Les Comores sont « dotées d’une économie peu diversifiée et pauvre en ressources naturelles. »  Lire la suite

Discours à la Nation/ Azali II au secours d’Azali I

Par Faïssoili Abdou

Le président Azali Assoumani  à Beit-Salam lors de son discours (Source: page facebook Beit-Salam)

Le président Azali Assoumani à Beit-Salam lors de son discours (Source: page facebook Beit-Salam)

Azali II tente maladroitement de racheter le bilan calamiteux d’Azali I. C’est l’impression que j’ai eu en lisant l’adresse à la Nation du  chef de l’Etat Azali Assoumani à l’occasion du nouvel an. En effet, au cours de son discours, le Président Azali qui a fait son retour à Beit-Salam en mai 2016 après un premier mandat chaotique (1999-2006), s’est employé tant bien que mal à vouloir enjoliver le bilan de son premier passage au pouvoir tout en s’attaquant violemment aux bilans de ses successeurs/ prédécesseurs (Sambi 2006-2011 et Ikililou 2011-2016). A l’entendre ces derniers ne seraient que des piètres gestionnaires.

Dès l’entame de son discours, l’actuel locataire de Beit-Salam qui, visiblement, tente de circonscrire les critiques qui se font de plus en plus acerbes au sujet de ses premières mesures prises ces derniers mois, a essayé de justifier la lassitude de ses concitoyens  par la gestion  du pouvoir de ses deux derniers successeurs/prédécesseurs. « Le désespoir était palpable ces dix dernières années », a-t-il tenté de justifier feignant d’oublier la situation désastreuse dans laquelle il avait lui même laissé le pays en 2006. Circulez y a rien à voir. C’est connu de tous, la faute c’est toujours les autres…

Manifestement très en verve, Azali a ensuite appelé ses compatriotes à faire « la différence entre l’inaction et l’immobilisme du passé et notre volonté affirmée de changer ce pays et de le mettre, comme nous l’avons dit, sur les rails d’un pays émergent ». Des actions Monsieur le président, le peuple veut des actions… Lire la suite

Agwoi est libre, mais la presse reste menacée

Par Kamal’Eddine SAINDOU

Kamal'Eddine SAINDOU, journaliste

Kamal’Eddine SAINDOU, journaliste

Rarement une affaire n’a soulevé autant d’indignations contre une procédure judiciaire, de soutiens à l’endroit d’un prévenu, de polémiques aussi autour des droits et devoirs des journalistes, que l’interpellation et la détention d’Abdallah Agwoi.

Normal alors que l’annonce de sa libération soit reçue avec soulagement. Une preuve que lorsqu’elle se mobilise (sur le terrain et sur les réseaux sociaux), l’opinion peut peser sur le cours de la justice. Mais il ne faudrait pas que ce dénouement fasse diversion. Agwoi n’a pas été libéré par la justice. Celle-ci l’a condamné à 5 jours d’emprisonnement ferme et à 9 mois de sursis, après que le procureur de la République ait requis en première audience, 9 mois d’emprisonnement ferme et 3 mois avec sursis. Nous devons le dire haut et fort que Agwoi est sorti libre de prison après avoir purgé sa peine ramenée à 5 jours (correspondant à sa détention provisoire). Il est dehors mais en sursis pour 9 mois. Le flou persiste en revanche sur le chef d’inculpation qui a conduit les juges comoriens à condamner le journaliste-animateur, comme l’affirme un de ses avocats Me Abdoulbastoi Moudjahid (Lire son interview ici https://comoressentiel.wordpress.com/2016/12/31/affaire-abdallah-agwoi-toutes-les-garanties-mises-en-place-par-le-legislateur-pour-proteger-la-liberte-de-presse-ont-ete-violees-dans-cette-procedure/) qui par ailleurs, a indiqué que la défense n’a pas eu accès au fond du dossier et ne pouvait donc se prononcer sur la faute qui a conduit leur client devant les tribunaux. La décision judiciaire de démanteler la « Baraka FM » est un pas de plus dans ce qui semble être un musellement des médias. Lire la suite

Affaire Abdallah Agwoi : « Toutes les garanties mises en place par le législateur pour protéger la liberté de presse ont été violées dans cette procédure »

Me Abdoulbastoi Moudjahid

Me Abdoulbastoi Moudjahid

Son interpellation a tenu en haleine la presse locale et provoqué un torrent de commentaires indignés sur les réseaux sociaux. Abdallah Agwoi, animateur principal et responsable de la radio privée Labaraka Fm, arrêté le 25 décembre dernier a passé 5 jours de détention provisoire. Ce samedi 31 décembre le juge Ahamada Hamidou en charge de son dossier lui a signifié sa libération. Il écopera quand même de 9 mois de prison dont 5 jours ferme. Une peine largement inférieure à celle qu’avait requise, il y a  quatre jours, le procureur de la République qui demandait 12 mois de prison (9 mois ferme et 3 mois de sursis) à l’encontre du journaliste et l’interdiction d’exercer.  On apprend aussi qu’à l’issue de l’audience de ce samedi, la gendarmerie serait partie confisquer le matériel de La Baraka Fm. Affaire à suivre… A la veille de cette audience, Comoressentiel s’est entretenu avec Abdoulbastoi Moudjahid, avocat au barreau de Moroni qui devrait être parmi la douzaine d’avocats qui défendaient Abdallah Agwa. Il nous en dit un peu plus sur les ressorts de cette affaire. Entretien… Lire la suite

Abdallah Agwa : Faut-il le défendre ?

Par Kamal SAINDOU

L'animateur Abdallah Agwa, entouré de policiers (Source: La Gazette des Comores)

L’animateur Abdallah Agwa, entouré de policiers (Source photo : La Gazette des Comores)

Par Kamal SAINDOU

La réponse est absolument oui. Je n’apprécie pourtant guère sa conception de l’information et sa capacité à changer de râtelier. Mais l’idée même que le pouvoir politique s’arroge la liberté de juger ce qui est bon à dire ou pas, m’horripile. De même que je désespère devant l’insensibilité intellectuelle des nôtres devant des sujets comme celui de la relation entre politique et coutumes que pose en fait l’animateur de Baraka FM, à travers le « Mharuma » d’Azali ».

Ne confondons pas tout. La presse doit rester libre et respecter la loi qui fixe cette liberté, celle qui protège les droits individuels contre l’injure et la diffamation, celle qui protège les enfants. La presse doit respecter son rôle d’informer. Les journalistes doivent se conformer,aux règles d’autorégulation qu’ils se fixent et à l’intérieur desquelles, ils ont le devoir individuellement ou à travers leurs organisations, d’interpeller leurs collègues lorsqu’ils dérogent à ces règles communes. C’est cela l’éthique professionnelle. Nous avons donc le droit de critiquer Agwa ou tout autre média si nous jugeons qu’il fait de la désinformation ou commet un délit de presse. J’ai longtemps reproché Cheik Ali Bacar Kassim[i] d’avoir parfois en son temps, instrumentalisé Tropic FM au service de l’opposition. Ce qui ne m’a pas empêché de travailler dans cette première radio libre pour défendre la liberté d’expression contre l’hégémonie du seul média public. Lorsqu’il a fallu défendre le jeune journaliste IBN contre la pression qu’exerçaient sur lui les responsables de l’ORTC, seuls quelques voix rebelles se sont faites entendre alors qu’il avait besoin du soutien de la profession pour exercer librement son métier. Sur les antennes de l’Ortc, j’ai défendu Agwa lorsque la bande à KIKI avait fait une intrusion musclée dans les locaux de la radio de Me Larifou. Le Cnpa s’est opposé au cours de la dernière campagne présidentielle, à la tentation du gouvernement Ikililou de fermer la Baraka FM. Ce qui n’a pas empêché l’instance de régulation de rester ferme sur le respect par la même station des règles qui régissent la période électorale. Le CNPA a obtenu récemment de Hayba Fm, la suspension provisoire d’un animateur pour faute professionnelle grave. Une mesure interne mais qui permet au média de veiller au contenu qu’il diffuse. Ce qui n’est pas de la censure, mais de la responsabilité, puisqu’il a reconnu qu’il y a eu faute. Lire la suite

Le jour où vous allez mourir dans un avion de ligne

 

Par Ali Moindjie, journaliste et membre de la Commission nationale de la presse et de l’audiovisuel

Le journaliste Ali Moindjie

Le journaliste Ali Moindjie

Les Comoriens peuvent-ils se permettre de compter indéfiniment sur les hôpitaux d’autres pays pour se soigner de tout ? Le propre de l’accident et de la maladie étant de ne pas prévenir, ne prenons-nous pas, avec cette politique du renoncement, un risque mortel pour chacun de nous et nos familles ? Il est à craindre, de toute manière, que si on ne met pas fin à cette situation, vous risquez, lecteurs vous ou quelqu’un des vôtres, de devoir mourir dans un avion de ligne à 1000 mètres d’altitude ou dans un aéroport étranger au milieu d’inconnus ne connaissant ni la fatha, ni la toilette ni la prière du mort. Et encore si vous appartenez à l’élite aisée.

Entrée de l'hôpital El-Maarouf à Moroni

Entrée de l’hôpital El-Maarouf à Moroni

Mais si vous êtes de la cohorte des pauvres bougres aux poches trouées, votre vie s’achèvera probablement au mouroir national El-Maarouf dans des conditions globalement indignes pour autant qu’un membre de votre famille soit assez généreux pour payer de sa poche : transport du malade, visite, médicaments ; analyses médicales, scanners, aiguilles, sérum, pansements, chambres, moustiquaires, bidons d’eau, pot en plastique pour uriner (il n y a pas de toilettes dans les chambres communes) …. Il faudra, en plus, que ce parent soit disponible 24 h sur 24 pour faire les courses quotidiennes, vous faire la cuisine, vous faire manger, vous retourner, vous laver, faire votre linge, vous changer et aller souvent chercher le médecin chez lui. Lire la suite

En librairie /Abdou Bakari Boina une figure emblématique du Molinaco*: Le récit du parcours d’un homme qui a « su semer la graine de l’indépendance sans recourir au fusil et sans fracas..»

Couverture du livre

Couverture du livre

Par Faïssoili Abdou

C’est un livre très intéressant à plus d’un titre. Il vient combler un vide historique sur une page importante de notre Histoire récente. Il devrait-être lu par tous ceux qui s’intéressent à l’Histoire de l’archipel des Comores, une ancienne colonie française qui a célébré cette année ses 41 ans d’indépendance.

Quatre ans après la sortie en avril 2012 de son ouvrage intitulé « l’Association des stagiaires et étudiants comoriens (Asec) : rêves et illusions d’une génération », l’Universitaire Ahmed Ouledi, continue d’explorer l’Histoire de l’archipel des Comores notamment la période de la marche vers l’indépendance. En effet, bien qu’elle constitue l’un des pages les plus glorieuses de notre Histoire récente, cette période est encore moins connue du public. L’ancien doyen de la faculté des Sciences et techniques de l’Université des Comores a donc repris sa plume, cette fois-ci, pour faire une réflexion sur les ressorts de ce que fut le Mouvement de libération nationale des Comores (Molinaco).

Dans son Essai, Abdou Bakari Boina, une figure emblématique du Molinaco, publié au mois de mai dernier aux éditions Komedit (le même éditeur qu’avec le premier livre) Ahmed Ouledi nous amène à découvrir les coulisses de ce mouvement qui fut à l’origine de la revendication indépendantiste de l’archipel des Comores au début des années 60. « Il faut faire une introspection de notre passé et notre présent pour espérer changer les choses », martèle Ouledi pour expliquer sa démarche. L’auteur fait une analyse du combat mené à partir de Dar-es-Salam par le Molinaco vers le front intérieur (Les Comores) et sur le plan international (notamment  les instances internationales et les pays du tiers monde etc.…) de 1962 à 1975. Lire la suite

Patronat comorien/ Modec, le clap de fin ?

Par Faïssoili Abdou

Ici, des membres de l'ancien bureau exécutif du Modec (photo d'archives)

Ici, des membres de l’ancien bureau exécutif du Modec (photo d’archives)

Grand chambardement dans le secteur privé comorien. Un nouveau palier a été franchi cette semaine dans la crise qui  mine depuis plusieurs mois le Mouvement des entreprises comoriennes (Modec). Une dizaine de membres a décidé « collectivement » de claquer la porte de cette organisation  pour protester, disent-ils, contre l’élection à la tête du Modec « d’un jeune entrepreneur dont le projet est en gestation ».  Autant dire un novice dans le secteur privé local. Un acte qui, selon eux, « discrédite » cette plateforme créée voici trois ans.  « La fonction de président du patronat qui rime avec activité d’envergure et de maturité économique a été galvaudé », ont soutenu ces chefs d’entreprises  dans leur lettre de démission. Et d’ajouter : « dans un souci d’éviter un dialogue de sourds, nous avons jugé utile de vous laisser l’organisation que nous avons construite pour porter très haut le secteur privé comorien ». Ambiance…

Ces entrepreneurs envisagent de créer prochainement une nouvelle organisation. De son côté, Mohamed Abdallah Irchadidine, l’actuel président du Modec, se dit « serein » face à cette vague de protestation. « En tant que président, je prend acte de la démission de moins d’une dizaine d’entreprises dans un mouvement qui compte soixante dix adhérents. Je suis plus que jamais motivé et déterminé à défendre les intérêts du principal mouvement patronal comorien », a-t-il confié à nos confrères du Quotidien Alwatwan. Lire la suite

Jean-Marc Heintz maître des airs et de la justice

Jean-Marc Heintz, Directeur de l'Anacm

Jean-Marc Heintz, Directeur de l’Anacm

Nommé, il y a trois mois de cela, directeur de l’agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (Anacm), Jean-Marc Heintz serait entrain de prendre la grosse tête. Il veut faire la pluie et le beau temps. Un comportement qui lui pousserait à empiéter sur les prérogatives des autres services exerçant dans le secteur aéroportuaire comorien. Des professionnels s’alarment sur ces méthodes singulières qui risquent de plomber la bonne marche des activités aéroportuaires.

Pourquoi le directeur de l’Anacm passe outre non seulement aux compétences du directeur de l’AIMPSI (aéroport de Hahaya), des services de l’immigration mais aussi de la justice ? L’homme qui doit des millions à l’Etat s’est juré de fermer la porte du salon VIP qui donne sur les parkings des avions. Pourquoi ? Selon lui pour des questions de sécurité. Or cette porte est ouverte et fermée par les services de l’immigration.  M.Heintz, qui n’a aucune prérogative sur la gestion quotidienne des équipements de l’AIMPSI, a fait cadenasser la porte obligeant les clients du VI P des ministres à revenir dans la salle d’embarquement pour accéder aux avions. La gestionnaire du salon a saisi le tribunal qui a ordonné l’ouverture de la porte. M. Heintz a alors fait appel mais sans attendre la fin de la réponse du tribunal, il est revenu cadenasser la porte. Il refuse d’obtempérer aux ordres du procureur général qui demande que la porte soit ouverte. Le directeur de l’Anacm qui ne connait rien du droit, ni la législation aérienne donne des ordres a tout le monde sous prétexte de lutter contre le terrorisme. Mais pourquoi spécialement le salon VIP ? Est ce vrai que M. Heintz qui doit beaucoup d’argent a des visées sur le salon qui serait alors donné à un proche ? La Rédaction

Comores/ Poursuites contre l’ancien Sg du ministère de la production, la justice serait-elle sous pression?

Par Faïssoili Abdou

Palais de justice de Moroni

Palais de justice de Moroni

L’étau s’est subitement resserré autour de Said Mohamed Youssouf alias Mao qui est placé en mandat dépôt à la maison d’arrêt de Moroni depuis samedi dernier, indique ce lundi  La Gazette des Comores. Cet ancien secrétaire général du ministère de la production et ancien membre de la commission anti-corruption serait poursuivi pour « détournement de biens publics » nous apprenait, le 5 août dernier,  le site internet du journal Alwatwan.

Selon le journal gouvernemental, ce proche de la famille de l’ancien président Ikililou  serait soupçonné d’avoir subtilisé  un don composé d’ « équipements et du matériels destinés aux agriculteurs pour la protection de l’environnement écologique ». En effet, un lot de matériel informatique, des groupes électrogènes, des motocyclettes,  stockés dans un entrepôt du ministère de la production se seraient mystérieusement volatilisés. Le pot aux roses a été découvert récemment lors de la passation de service entre l’ancien et le nouveau secrétaire général du ministère, ce qui a conduit à l’ouverture d’une information judiciaire et l’interpellation de  l’ancien secrétaire général du ministère ainsi que le responsable de l’entrepôt où était stocké ce matériel.

Initialement placé sous contrôle judiciaire assorti d’une interdiction de quitter le territoire national, Said Mohamed Youssouf a été subitement mis aux arrêts et placé en mandat dépôt à la maison centrale de Moroni où il est allé « retrouver le responsable de l’entrepôt »,précise La Gazette. « Un tournant dans l’enquête judiciaire », constate ce journal indépendant. Un changement soudain  qui ne manque pas d’intriguer cet observateur de la vie politique nationale qui soupçonne des pratiques douteuses dans la procédure judiciaire en cours.

Selon cette source qui a préféré rester anonyme, le secrétaire général actuel du gouvernement qui était jusqu’ici le numéro 3 du ministère de la production jouerait un rôle trouble dans cette affaire. Les deux hommes ne s’entendraient pas bien et il semble que le secrétaire général du gouvernement userait de son poste actuel pour influer sur la décision des juges. « Le secrétaire général du gouvernement est personnellement intervenu pour changer la procédure et l’impliquer sous d’autres charges pour pouvoir le placer en détention préventive. Le parquet s’y est opposé dans un premier temps mais a fini par céder sous la pression », avance notre interlocuteur qui souligne qu’il ne « défend pas le prévenu, mais les droits du justiciable ».

Meurtre d’un présumé tueur à Anjouan: Un acte horrible

Par Faïssoili Abdou

Une des voitures brûlées dans le parking du palais de justice de Mutsamudu

Une des voitures brûlées dans le parking du palais de justice de Mutsamudu

Horrible. Les images font froid au dos. Depuis 48 heures la ville de Mutsamudu à Anjouan vit dans la terreur.  Tout a commencé ce dimanche soir lorsque la ville apprend avec effarement la mort violente d’une femme d’une quarantaine d’années. La victime, Nema Ahmed Abdou, la quarantaine et mère de cinq enfant aurait été violée et assassinée. Rapidement la machine s’est mise en branle et  les enquêteurs n’ont pas tardé à  mettre la main sur le présumé tueur. Mohamed Abdou alias Branda, le meurtrier, est un ancien policier présenté comme étant un déséquilibré mental. L’homme qui aurait été suivi à l’hôpital régional de Hombo serait à son deuxième homicide. Cette terrible affaire a remis sur le tapis la question sur le traitement des malades mentaux dans cet archipel sans asile psychiatrique. Où on voit des fous circuler en toute quiétude dans les rues s’ils ne sont pas enfermés dans des caves par leurs familles. Lire la suite

Les députés comoriens dénoncent les déplacements forcés des populations de Mayotte vers les autres Iles

Assemblée Union

Dans une résolution adoptée ce lundi à Moroni, l’Assemblée de l’Union des Comores dénonce  « avec fermeté tout déplacement forcé des populations de l’île comorienne de Mayotte vers les autres Iles de l’Union des Comores« . Les parlementaires qui ont appelé le gouvernement comorien à « prendre toutes les dispositions idoines pour la sécurisation effective de nos frontières » ont également exhorté les autorités « à demander au Gouvernement français la suppression sans condition du Visa Balladur qui a occasionné des dizaines de milliers de mort dans le bras de mer entre Anjouan et Mayotte devenu le grand cimetière marin du monde« . Lire la suite

Opinion/La première classe politique comorienne, ces initiateurs de l’unité du pays..

Par Saïd Ali Mohamed-SABA (Ancien premier des Comores)

L'ancien Premier ministre Said Ali Mohamed

L’ancien Premier ministre Said Ali Mohamed

Contrairement aux premiers politiciens comoriens qui ont œuvré pour maintenir coûte que coûte l’unité du pays, leurs héritiers « n’ont pas su accomplir la tâche qui leur revenait »,c’est à dire « faire avancer avec lucidité tout un peuple vers le progrès, en cohérence avec son Histoire. Chaque génération devant apporter sa pierre et monter sa marche mais cette responsabilité n’a pas été honorée », estime l’ancien premier ministre Said Ali Mohamed dans une réflexion adressée à Comoressentiel.   Mais, cet homme politique et observateur averti de la vie politique nationale pense toutefois qu’une « autre voie est encore possible »…

Dr Saïd Mohamed Cheikh, Prince Saïd Ibrahim, Mohamed Ahmed et Ahmed Abdallah, forment la première classe politique du pays et je ne peux pas oublier leurs frères, dans la lutte politique qu’ils ont menée ensemble, pour l’unité du pays, tout en défendant avec ardeur les intérêts supérieurs de leur territoire uni, face aux exactions atroces de la colonisation.

Les frères dont je parle plus haut, sont des anciens Ministres sous l’autonomie Interne. Il s’agit de Mrs Mohamed Dahalani, Salim Ben Ali, Anfane Mohamed, Ahmed Dahalane, Daniel Salim, Saïd Mohamed Jaffar, Saïd Mohamed Djohar, Abdou Bacar Nomane, l’un des anciens Ministre de l’autonomie Interne, souvent oublié, dans les archives officielles du pays.

Et les deux anciens gouverneurs de Mohéli Mrs Matoir et Harib Chébane, sans oublier les lieutenants mahorais tels que Mrs Ibrahim Ramadan, Ali Baco, Ahmed Soilih, Abdou Raquib et Youssouf Sabili avec son fidèle du combat nationaliste comorien Saïd Toumbou. Lire la suite

Opinion/Mayotte : fracture culturelle

Par Ali Moindjie (Journaliste)

Ali Moindjié

On peut critiquer les motivations de la domination des esprits mais on ne peut nier la redoutable efficacité dont elle a fait preuve à Mayotte en seulement quarante ans.
Je viens de lire un article dont l’auteur s’inquiète sincèrement du hold up dont se serait rendu coupable la chanteuse Nawal. Il reproche à la «Grande-comorienne’» de voler le debaa, présenté comme un patrimoine exclusif de Mayotte.
L’auteur ne se souvient pas un instant, que pendant des siècles, bien avant le triste visa Balladur, les hommes et leurs productions artistiques passaient d’une île à l’autre à bord de leurs boutres, s’installaient où leurs embarcations les emmenaient et chantaient ce que bon leur semblait sans se soucier de copyright.
Comment savoir que des chansons centenaires d’inspiration religieuse n’appartiendraient qu’à Mayotte ?
Cela me rappelle un fait vécu à Paris pendant mes jeunes années. Je me suis retrouvé, un jour, dans une exposition à la Cité des Sciences où on présentait le vala ( banga) comme une exclusivité mahoraise. J’ai eu alors la surprise de voir un spécialiste expliquer comment son île avait inventé le vala. Moi-même, Je venais de passer plusieurs années de ma vie dans un vala chez moi !
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